Nous York : (To the) Touchant et sympa, mais globalement fouillis

Une comédie qui respire bon la joie de vivre, faite par une bande de potes. Chaleureuse et touchante, la fausse suite de Tout ce qui brille (2009) s’emballe et s’éparpille entre nostalgie bon enfant et “reality check” douloureux. Résultat, même si on passe un bon moment, Nous York se révèle finalement être un beau fouillis.

Le pitch : Michael, Nabil et Sylvain rendent une visite surprise à leurs amies Samia et Gabrielle qui vivent à New York. Grisés par leurs passages à la Grande Pomme, les trois amis décident de prolonger leur séjour…

Etant donné qu’il s’agit de la même équipe (ou presque) du film Tout ce qui brille, la comparaison était inévitable. Si j’avais apprécié le premier, c’était parce qu’il mettait un accent juste et réalistes sur ces deux jeunes femmes, issues d’un milieu modeste et qui rêvaient de la belle vie. Un thème inspirant auquel on pouvait facilement s’identifier, même si certains détails m’avaient fait grincer des dents (une Audrey Lamy poussive en mode wesh-wesh peu crédible), l’histoire restait accessible, intelligente et drôle.

Forcément, dans Nous York, je m’attendais à retrouver le même esprit. Le film reprend à peu près la même trame (des trentenaires amis depuis toujours, le milieu modeste opposé à la grande ville à la fois accessible et intouchable), mais en comparaison, Nous York manque sacrément de profondeur et finit par se perdre au milieu de tous les bouts d’intrigues lancés les uns après les autres. Si bien que pendant la première partie du film, on a l’impression de regarder le film de vacances d’une bande de potes.

Abordant leurs thèmes fétiches, l’amitié et la désillusion des trentenaires, le duo réalisateurs et scénaristes, Hervé Mirman et Géraldine Nakache, essayent de multiplier les exemples et de mettre en lumière chaque héros du film (et ses défauts). Passant de l’insouciance à la mélancolie, Nous York joue avec les apparences et les faux-semblants avant de faire éclater une vérité moins reluisante au grand jour, ce qui aurait pu fonctionner si les personnages avaient un peu plus de relief. En effet, une grande partie du film se concentre autour des pérégrinations amusantes des 3 amis en visite à New York, alors qu’on aimerait explorer les non-dits semés en cours de route. Alors oui, c’est marrant, entrecoupés de plusieurs gags au kilomètre mais ça dure un peu trop longtemps.

Au final, quand le film décide enfin de se pencher sur les drames personnels de nos héros, tout est survolé et bâclé. Du coup, on ne s’y intéressent pas vraiment vu qu’on ne les connait pas… Une minute où tout le monde s’aime, celle d’après ils ne s’aiment plus, puis ils se re-aiment, se fâchent et se réconcilient à tour de bras… Quel fouillis ! Les scènes se succèdent, les conflits se résolvent en un clin d’oeil, si bien qu’arrivé au milieu du film, on ne sait plus quel est le sujet du film. C’était quoi l’idée de départ ? Un vrai gâchis surtout, tant de bonnes idées intéressantes qui auraient pu être explorées mais qui sont finalement laissées en suspens.

Mais puisqu’apparemment Nous York ne compte pas s’attarder sur les intrigues annoncées pendant la première partie du film, alors on espère alors que la rigolade est au rendez-vous. Enfin les acteurs se marrent, beaucoup. Visiblement, ils se sont éclatés à faire ce film, mais de l’autre coté de l’écran, c’est souvent le calme plat. Ils auront beau se démener, les gags et situations cocasses ne feront pas toujours mouche et sont trop souvent (to the) répétitifs. Nous York présente beaucoup de faiblesses, entre une écriture peu convaincante et un problème de rythme évident, difficile d’accrocher aux personnages et à leurs déboires comme on a pu le faire dans le premier film du duo Nakache-Mirman. Au lieu de creuser, Nous York reste en surface et enveloppe son histoire dans un conte de fées où les problèmes se résolvent par magie. On est bien loin de la prise de conscience fracassante de Tout ce qui brille.

Heureusement, le film se rattrape de justesse dans la dernière partie du film, dévoilant enfin un brin de fragilité et d’émotion. Finalement, c’est au moment où le film se termine que j’aurai aimé qu’il commence…

Coté casting, c’est donc la même bande ou presque : Leila Bekthi et Géraldine Nakache sont plus éteintes que d’habitude ; Manu Payet fait son show et commande, sans qu’on sache trop pourquoi ; Nader Boussandel et Baptiste Lecaplain (qui remplace Audrey Lamy dans l’équipe) sont les pom-poms girls de Manu Payet. Difficile de juger leurs prestations, car ils ont assuré le spectacle, certes, mais aucun ne se distinguent particulièrement. La présence de Sienna Miller n’apporte absolument rien à l’histoire.

En résumé : après un premier film réussi, Nous York succombe à la facilité en tombant dans le piège des vraies fausses suites ratées qui pensaient que seule la présence d’un casting qui a déjà fait ses preuves suffirait. S’ils ont réussi à aller jusqu’à New York, le film ne me fait pas dépasser la première escale.

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