Comme des frères : Du rire aux larmes

Un brin mélancolique et parfois tristoune, le premier film d’Hugo Gélin réussit à nous faire garder le sourire en nous offrant une belle histoire d’amitié. Comme des frères nous propose un film plein d’émotions, un poil prévisible mais plaisant.

Le pitch : Boris, Elie et Maxime sont amis, alors qu’ils n’ont rien en commun. L’un est un homme d’affaires installé, l’autre a la trentaine adolescente et le dernier est un étudiant. Rien en commun, si ce n’est Charlie, leur amie, soeur, confidente, le coeur de ce trio… jusqu’au jour où Charlie meurt. Endeuillés, ils décident alors de faire le voyage jusqu’en Corse, ce lieu si cher à Charlie où elle n’avait jamais réussi à les réunir tous les trois…

Le thème de l’amitié masculine a souvent été abordé au cinéma (Dépression et des potes, Le coeur des hommes ou encore La vérité si je mens) et rencontre souvent un grand succès. Peut-être parce que ce n’est jamais anodin de voir des hommes ouvrir leurs coeurs ? Toujours est-il que Comme des frères décide de miser sur l’originalité et d’aborder ce thème épineux d’une façon différente. Comme des frères a trois atouts majeurs : tout d’abord, le mélange de ces trois personnalités que tout oppose nous offre de beaux moments, entre complicité et franche rigolade. On évite du coup la sempiternelle bande d’amis d’enfance, et donc une lecture linéaire de l’histoire. Ici, à travers l’innocence de Maxime, la nonchalance d’Elie et le fatalisme de Boris, Comme des frères explore intelligemment son sujet, le rendant toujours plus crédible et accessible. Ensuite, il y a l’histoire, bien sûr, un peu inattendue dans ce genre de film, qui apporte une dose de mélancolie peut-être parfois un peu trop présente, mais qui saura toucher son public, le faisant passer du rire au larmes et vice-versa, tant ces trois gaillards en deuil sont touchants, presque comme des orphelins. Et enfin, l’omniprésence de Charlie, à travers de nombreux flash-backs qui ponctuent le film, une présence solaire mais fragile qui tente d’équilibrer le trop plein d’émotions qui rend ce film un tantinet bouleversant.

D’un autre coté, quelques ombres viennent ternir le tableau, notamment le fait que le film tombe parfois dans la facilité. Résultat, l’avenir de nos trois héros devient prévisible et l’idée du happy end n’est pas forcément la bienvenue quand on choisit de mettre en scène une tranche de vie. Ajoutons à cela le fait que Hugo Gélin force un peu trop sur le mélodrame et par moment l’ambiance du film s’alourdit dangereusement et frôle la morosité. Et pour finir, justement, la fin du film arrive de façon inattendue et peut laisser pantois, comme un goût d’inachevé.

Pour un premier film, Hugo Gélin retranscrit avec justesse les sentiments ressentis lorsque l’on perd un être cher et réussit à faire d’un thème aussi sombre un film plein de vie. A travers les souvenirs et les révélations des personnages, Comme des frères est une invitation à aller de l’avant et à apprécier les moments passés avec ceux que l’on a perdu, avec délicatesse, peu être un peu trop parfois. Oui, peut-être que c’est un peu trop romancé, un peu trop optimiste (paradoxalement à l’idée de mourir à 30 ans), mais il ne faut pas oublier qu’on est dans le registre de la comédie et non du drame. Globalement, Comme des frères s’en tire avec les honneurs et laisse le souvenir d’une comédie à la fois drôle et émouvante.

Coté acteurs : Dans ce trio masculin, on ne présente plus François-Xavier Demaison et Nicolas Duvauchelle. Si le premier nous a habitué à exceller dans ce registre, tantôt comique, tantôt sérieux ; Nicholas Duvauchelle quitte enfin ses sabots de bad boys ténébreux (enfin, pas tout à fait) et réussit à nous attendrir (même s’il devrait sérieusement prendre quelques courts de diction). A leurs cotés, on découvre le jeune Pierre Niney, membre de la Comédie Française et habitué des planches. Si d’ordinaire les comédiens ont tendance à surjouer face à la caméra, Pierre Niney est génial dans le rôle du gamin de la bande, devenant incontestablement le coup de coeur du film. Mélanie Thierry, quant à elle, bien que son personnage soit aussi central et chaleureux, je l’ai trouvée un peu effacée et absente. C’est paradoxal, mais sa mono-expression doit y être pour quelque chose.

En conclusion, Comme des frères n’est pas le film qui vous fera rire à n’en plus finir mais bien celui qui donne une autre dimension à la comédie française. Profond, touchant et souvent drôle, il est encore en salles et ce serait dommage de le rater.

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