[Série US] The Walking Dead : le dimanche soir, c’est viande rouge à volonté !

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Adaptée des comic books créés par Robert Kirkman, la série The Walking Dead est diffusée sur le network américain AMC le dimanche soir depuis fin 2010. Alors que le dernier épisode de la saison 3, avant le break hivernal, vient d’être diffusé, retour sur une série-évènement et bientôt culte.

Entre les hectolitres de sang, la tonne de chairs putréfiées et la débauche de violence non contenue dans chaque épisode, The Walking Dead est LA série d’épouvante et décomplexée à ne pas manquer.

Le pitch : Rick Grimes, shérif dans une petite ville près d’Atlanta, se fait tirer dessus et sombre dans le coma. A son réveil, il découvre que le monde est infesté de zombies. Il décide alors de partir à la recherche de sa femme et de son fils. Rapidement, il découvre un groupe de survivants…

Habituellement, les histoires de zombies ne m’attirent pas, à l’exception de 28 jours plus tard de Danny Boyle. Les histoires sont toujours les mêmes, les personnages sont des clichés ambulants et ça se finit toujours en eau de boudin. Et si The Walking Dead démarre comme un de ces films, la série explose tous les clichés. En suivant le parcours de Rick, The Walking Dead nous fait découvrir un monde apocalyptique dénué d’espoir et sombrant de plus en plus dans le chaos. Rien ne nous est épargné et les âmes sensibles n’ont qu’à s’abstenir.

1. LA SERIE

La première saison, qui compte seulement six épisodes dont un épisode pilote d’une heure, est éprouvante, aussi effrayante que gore, tout en réussissant l’exploit de nous attacher au petit groupe de survivants qui ne tarde pas à se former. Voilà une chose que l’on voit rarement dans les films de zombie : de la profondeur et un développement continu. Les personnages défient les clichés (adieu la blonde idiote et le sportif faussement courageux) et s’étoffent d’épisodes en épisodes, révélant leurs véritables natures, chacun ayant un caractère bien distinct. Le ton est donné dès le début : on s’attache aux survivants, on frissonne devant chaque épisode et on a hâte de voir la suite…

Grâce au succès surprise de la première saison, Rick et son équipe rempile pour une seconde saison de treize épisodes. La première partie traîne un peu et prend le temps de donner plus de dimension aux différents personnages, révélant rivalités et jalousies habituellement contenues au sein du groupe et prenant le risque de perdre l’attrait n°1 de la série : le manque de sécurité des personnages. Mais heureusement, The Walking Dead se rattrape largement pendant la mi-saison, en déstabilisant à nouveau ses personnages. Car en effet, le danger est partout, peut surgir à tout moment. Il n’y a aucune règle : les gentils risquent autant de mourir que les méchants, The Walking Dead ne fait pas dans la justice ni dans la logique. D’ailleurs il n’est pas rare de découvrir le mauvais fond d’un personnage, souvent perverti ou exacerbé par la cruauté du monde qui l’entoure.

Enfin, pour cette 3ème saison de seize épisodes, The Walking Dead frappe fort dès le début, nous offrant à nouveau des épisodes à mi-chemin entre l’effroi et la fascination morbide, et en restant toujours autant addictif. Nos héros ont dû quitter le lieu où ils avaient trouver refuge dans la saison 2 et sont de nouveau sur la route, à la merci des zombies. Après des mois d’errance, ils sont bien mal en point, d’autant plus qu’un des membres du groupe attend un bébé. La chance leur sourit rapidement lorsqu’ils découvrent une prison abandonnée… et envahie de zombies…

En reprenant l’un des moments forts des comic books et en introduisant un des personnages les plus importants de la saga [SPOILER ALERT : Le Gouverneur], The Walking Dead donne une nouvelle dimension à la série et nous prouve qu’elle peut encore nous surprendre, notamment dans un épisode 4 totalement ahurissant. De nouveaux personnages font donc leur apparitions et donc, de nouvelles intrigues mais aussi de nouvelles menaces. Au cours des huit premiers épisodes, nombreux sont les personnages qui ont disparu et nous ne sommes pas au bout de nos peines. Ce que The Walking Dead donne, The Walking Dead peut le reprendre à tout moment. Il faut cependant noter l’inégalité des épisodes : si pendant les quatre premiers épisodes la tension monte crescendo, les épisodes suivants alternent entre le suspens insoutenable et la lente mise en place de l’intrigue. Cependant, après deux saisons haute en couleur, la seconde partie de cette nouvelle saison promet de nombreux moments forts et une nouvelle descente aux Enfers.

L’autre raison du succès de cette série, c’est l’hyper réalisme de l’ambiance et surtout des zombies. Rues désertes ou remplies de “walkers” tous plus terrifiants les uns que les autres, qu’ils soient debout ou encore rampants sur le sol, toujours défigurés, décharnés et à moitié déchiquetés, ils ont tous le même but : manger de la chair fraîche. Chacun de ces mort-vivants est un rappel constant de l’horreur dans laquelle évoluent nos héros, de la mort atroce qui les attend et du fait qu’ils risquent leur vie à chaque épisode, tout cela étant renforcé par le fait que nous ne savons toujours pas la cause de cette invasion. D’un autre coté, la série a su créer un univers reflétant parfaitement l’état d’esprit des survivants, chaotique et terrifiant, et donne souvent l’impression d’être un oeilleton sur la porte fermée d’un monde parallèle et carrément plausible. Certains diraient que la série est une allégorie du monde actuel, laid et en pleine crise, et ce ne serait pas totalement une erreur. Résultat, The Walking Dead maintient un suspens inquiétant qui ne nous lâche jamais, grâce à ses personnages constamment sur la brèche, nous faisant osciller entre l’incapacité de lâcher l’écran des yeux et l’envie de détourner le regard. Trop tard, The Walking Dead rend dangereusement accro.

Coté acteurs, le cast principal de cette série est plutôt méconnu, en dehors du trio de tête. Dans le rôle de Rick, nous retrouvons Andrew Lincoln, vu dans différents films (Love Actually en 2003), dont quelques films français (Comme t’y est belle en 2006 ou L’Arnacoeur en 2010). A ses cotés, Sarah Wayne Callies (vue dans Prison Break) incarne Lori, la femme de Rick, et Norman Reedus (Blade 2 en 2002) joue le rôle de Daryl, le redneck abrupt.

2. Les différences entre la série et les comic books
***ATTENTION SPOILERS***

La série n’hésite pas à prendre quelques libertés avec les comic books, ce qui aurait pu être un choix assez dangereux et décevoir les fans de la version papier. Finalement, comme toute bonne adaptation, les deux versions se complètent et, il faut l’avouer, les “walkers” sont bien plus flippants à la télé qu’en dessin. Cependant, si certaines décisions ont été saluées, d’autres… n’auraient, à mon avis, pas dû voir le jour.

Le positif :

  • Daryl : personnage crée pour la série, un redneck taciturne,solitaire et mystérieux. Au départ hostile à cause de la disparition de son frère, Merle, son talent pour la traque et le tir à l’arc le rend rapidement indispensable à la survie du groupe. Aujourd’hui, après avoir montré une réelle affection pour Carol, nous attendons de savoir ce que le sort (enfin, la production) lui réserve… ;
  • la longévité de Shane : si la rivalité entre Rick et Shane est rapidement expédiée dans les comic books, dans la série télé on a largement le temps de découvrir Shane et ses intentions tiraillées entre son amour pour Lori et son mauvais fond qui a tendance à prendre le dessus. Sa mort arrive alors comme un choc, car on avait eu le temps de s’attacher à ce personnage qui était, en fait, l’opposé de Rick et maintenant ainsi une tension palpable au sein du groupe et une certaine dynamique dans la série ;
  • la série s’émancipe du comic book et n’hésite pas à changer l’histoire des personnages. Par conséquent, même en ayant lu la saga, il est impossible aujourd’hui de deviner quelle sera l’issue de la saison 3. Qui passera à la trappe ? Les paris sont ouverts.
  • L’évolution de Carl : avoir un enfant dans une série aussi réservée aux adultes n’est pas une chose aisée. Courageux et débrouillard dans les livres comme dans la série, Carl a réussi à se frayer une place dans le groupe et devient un petit homme. Malgré tout, nul ne sait s’il sera épargné dans la série étant donné qu’il en bave beaucoup dans les comic books, jusqu’à y laisser un oeil… Affaire à suivre également.

Le négatif :

  • L’absence de Tyreese /  l’inutilité de T-Dog : certes, Tyreese, un des personnages-phares du comic books, est enfin arrivé dans la série au cours du dernier épisode, mais il nous a beaucoup manqué. Heureusement Daryl était là pour épauler Rick dans les rapports de force. Du coup, nos regards (blasés) se sont posés sur le pauvre T-Dog donc l’inutilité grandissante n’a cessé d’irriter les fans de la séries et il ne sera malheureusement pas (ou peu) regretté. Notons toutefois que  son sacrifice laissera un bon souvenir de son passage ;
  • La mort de Sophia : dans les comic books, Carl et Sophia ont le même âge et grandissent ensemble. Ils seront les seuls enfants du groupe, à l’exception des jumeaux et des filles cadettes d’Hershel qui disparaîtront tragiquement en cours de route, et deviendront fortement liés. Dans la série, Sophia meurt pendant la saison 2 et dans les derniers épisodes, Carl montre de l’intérêt pour pour Beth, une autre des filles d’Hershel (!)… mais un peu plus vieille que lui ;
  • Le mutisme de Michonne : Michonne n’est pas une grande bavarde. Elle a longtemps erré seule, avec pour seule compagnie son petit-ami et son meilleur ami morts attachés à une chaîne et a beaucoup de mal avec les relations sociales. Ce que lui fera subir le Gouverneur reste un moment clé de la saga… sa vengeance aussi. Dans la série, il n’y a rien de tout cela. Quasiment muette et amorphe pendant les 7 premiers épisodes, elle se révèle enfin dans le dernier… Affaire à suivre.

A suivre :

  • Le Gouverneur : Un des personnages des plus détestables, immonde salaud en chef dès le départ dans les comic books, dans la série il semble beaucoup plus humain et limité, notamment à cause de sa relation avec Andrea. Pour l’instant aucune scène de viol ni de torture est à déplorer, ce qui le rend bien trop gentil à mon gout.
  • Andrea : dans la série, elle est séparée du groupe depuis la fin de la saison 2 et vit une romance avec le Gouverneur, sans connaître sa face cachée. Un vrai rôle de potiche, qui contraste avec son personnage d’amazone dans les comics books. Tireuse d’élite et indépendante dans la version papier, dans la série… elle est la jolie et dupe fille de la bande.
  • Hershel : Dale est mort, Hershel le remplace. Subira-t-il le même sort ? Je l’espère. Le passage chez les cannibales est impératif !
  • Judy : Le bébé de Lori meurt dans le ventre de Lori, lors de la revanche du Gouverneur dans les comic books, ce qui est logique : comment s’occuper d’un bébé dans de telles conditions ? Dans la série, évidemment, personne n’a pu se résoudre à tuer un bébé, même dans le ventre de sa mère. Alors qu’adviendra-t-il de Judy qui, lorsque le groupe retournera sur la route, risque de devenir un véritable fardeau ? Si la série dure suffisamment longtemps, je crains l’ellipse temporelle…

En résumé : Épique, inattendu et jamais vu, The Walking Dead piétine la bienséance et farfouille dans nos terreurs nocturnes pour nous offrir une des séries les plus palpitantes du moment. Entre la série et les comic books, mon coeur balance, mais une chose est sûre : le temps sera long d’ici la reprise du show en février 2013. Mais heureusement, en janvier, le tome 17 sera disponible en kiosque.

Ce qui signifie, pour ceux qui n’ont pas encore décidé de se jeter à l’eau, que vous avec deux bons mois pour rattraper votre retard. Quelle chance vous avez !

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Mon avis sur la fin de la saison 3 ? C’est par ici !

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