Django Unchained : Un régal Tarantinesque !

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Quand Quentin Tarantino sort un nouveau film, c’est toujours un jour de fête (en tout cas pour moi). Attendu comme un cadeau de Noël commandé depuis des mois, Django Unchained débarque enfin sur nos écrans et nous délivre enfin d’une attente qui commençait à nous ronger depuis mi-2011.
Tarantino, c’est un peu l’enfant instable et insatiable d’Hollywood qui apparaît toujours là où on ne l’attend pas et qui ne peut se contenter d’une seule histoire, tant il déborde d’idées et de références. Ses films sont un peu comme des matriochki : d’abord il y a l’intrigue que tout le monde connait, mais une fois que le film commence, d’autres histoires se révèlent, toujours liées à la première, mais qui se développent parfois dans le désordre (Pulp Fiction, Kill Bill), d’autres fois en parallèle (Inglourious Basterds).
Si Django Unchained fait partie de la deuxième catégorie, la patte Tarantinesque est toujours aussi vive, théâtrale et fracassante. Une fois le film lancé, Django Unchained ne s’arrête plus, allant toujours plus haut, ne cessant jamais d’étonner ni d’amuser son spectateur. Déjanté, drôle, hallucinant, surprenant, violent, sanglant… Autant d’adjectifs qui siéent à Django Unchained, le western-spaghetti remis au goût du jour par un Tarantino qui, une fois de plus, nous émerveille…

Le pitch : Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.

Nous le savons depuis longtemps, Tarantino est passé maître dans l’art du détail quand il s’agit d’inventer des personnages, de reprendre des genres cinématographiques pour mieux les détourner et y imprégner son style. En situant l’action de son film en 1858, deux ans avant la Guerre civile, il choisit une époque idéale et déjà bien défigurée par la mocheté humaine pour adapter un de ses thèmes fétiches : la vengeance.
Dès la première scène, Django Unchained annonce la couleur (rouge sang), en ouvrant avec la musique du film original (Django, 1966), sur la découverte solennelle et dramatique de Django suivie par l’arrivée (en fanfare) de Christoph Waltz impayable en Dr King Shultz. Certes la question de l’esclavage est résumée assez rapidement, mais il ne s’agit pas d’un film historique. D’ailleurs, l’attention va rapidement se centrer autour de la rencontre entre Django et Shultz, un tandem dynamique, survolté et atypique où la douce folie de l’un complète la fureur bouillante de l’autre. Ce duo de choc nous fera rêver, en nous entraînant dans leurs aventures, jusqu’au moment où ils croiseront la route de l’infâme Monsieur Candie (Leonardo DiCaprio), secondé par son fidèle Steven (Samuel L. Jackson). Truffé, comme d’habitude, de répliques bien senties et de scènes futures cultes, Django Unchained est un véritable cocktail explosif et coloré. L’imagination de Tarantino semble sans limite et on ne peut que rester admiratif devant un tel déferlement d’idées, toutes plus fantastiques les unes que les autres, contenu dans une mise en scène cohérente et maîtrisée.

“I like the way you die, boy.”

En rendant hommage au cinéma de Sergio Leone (Pour une poignée de dollars, Le bon la brute et le truand…) qu’il affectionne particulièrement, Tarantino va bien entendu balancer un coup de pied dans la fourmilière et y instaurer ses propres codes. Même si on retrouve l’inspiration “far west” dans le film, accentué par de nombreux clins d’œil, Tarantino épice le tout par des scènes aussi délirantes que savoureuses, mêlant des joutes oratoires aiguisées à de l’action magnifiquement chorégraphiée, toujours avec des gerbes de sang esthétiques et fidèles au style du maître. Au milieu, des surprises étonnantes, souvent désopilante, qui ne peuvent qu’exister dans un film de Tarantino, où on assiste à une démonstration de danse chevaline (!) ou à une dispute franchement farfelue entre membres d’un simili-ku klux klan. Le tout secoué par une bande originale épique mêlant des sonorités country, rock et funk, en passant par du bon vieux hip-hop qui détonne en plein milieu. Comme beaucoup de ses films, la musique tient une place importante et crée toujours un nouvel univers bien à part.

Tarantino sait que pour entretenir l’intérêt de son public, il doit se renouveler et créer des rebondissement sans cesse. Si on reconnait son style, aucun de ses films ne se ressemble. Bien sûr, Django Unchained n’échappe pas à la règle et, au moment où tout semble aller comme sur des roulettes, tranquillement vers une fin prévisible, le film prend évidemment un virage ahurissant et fait grimper le tensiomètre à son maximum. Palpitant jusqu’aux dernières minutes, Django Unchained est à la hauteur (et au-delà) de nos espérances et mérite amplement les multiples nominations et prix reçus à ce jour (récemment aux Golden Globes, prix du meilleur scénario et prix du meilleur second rôle masculin pour Waltz).
Souvent critiqué, jugé et attendu au tournant pour mieux comparer sa dernière œuvre à ses succès précédents (Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Jackie Brown), Quentin Tarantino se révèle une nouvelle fois insaisissable et brillant, que le résultat plaise aux puristes ou non.
En inscrivant Django Unchained dans une trilogie “Basterds”, précédé par le génial Inglourious Basterds (2009), on a qu’une seule hâte : découvrir le prochain volet !

Coté casting : un quatuor exceptionnel anime le film pendant ces 2h45. Jamie Foxx est (surprise !) génial dans un rôle créé sur mesure dans lequel sa classe innée et son arrogance joue (enfin) en sa faveur. A ses cotés, Christoph Waltz, reconnaissable par son élocution particulière et le grain de folie qui alimente son jeu, est drôle, charismatique et incontestablement le personnage le plus remarquable du film, où il tient enfin un rôle où on pourra l’adorer sans se sentir coupable. En face, nous retrouvons un Samuel L. Jackson qui se surpasse dans un rôle étonnant, hilarant et malgré tout attachant. Et enfin, Leonardo DiCaprio, l’homme aux mille facettes, qui, une fois de plus, se transfigure dans un personnage machiavélique.

En conclusion, Django Unchained est le carton assuré de la semaine, déchaîné dans tous les sens du terme, doué d’un scénario écrit avec brio et bercé par un ensemble tout simplement jubilatoire et spectaculaire.

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