Kick-Ass 2 : Délirant, trash, fun, violent, osé… Un pur moment !

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Déjantée, trash, tordante, la suite tant attendue de Kick-Ass se révèle plus explosive et plus réussie que jamais. C’était un pari risqué et audacieux, mais Jeff Wadlow a su relever le défi car Kick-Ass 2 tient la route du début à la fin, malgré son excentricité débordante (et parfois légèrement effrayante). Fun, impertinent et jouissif, Kick-Ass 2 est un excellent divertissement, surprenant et délirant, doté d’une sacrée dose d’actions survoltées et de personnages stylés et très hauts en couleurs. Si vous avez aimé le premier opus, foncez sans réfléchir !

Le pitch : Une nouvelle vague de justiciers masqués débarque, dirigés par le « badass » colonel Stars et c’est ainsi que Dave Lizewski / Kick-Ass les rejoint pour patrouiller. Quand ces super-héros amateurs sont chassés par Red Mist – devenu le « Motherfucker » – seule la tranchante Hit-Girl peut les empêcher de se faire tuer en redevenant la figure qu’elle essayait d’oublier…

Il y a 3 ans, Matthew Vaughn (X-Men : First Class, 2011) adaptait au cinéma le comic book Kick Ass créé par Mark Millar et John Romita Jr. Sorti presque en catimini au milieux de la vague des films de supers héros plus connus, on nous présentait alors le jeune Dave Lizewski, un adolescent tout à fait normal qui décide de devenir un super héros costumé alors qu’il n’a ni pouvoir, ni force d’aucune sorte, ni gadget spécial, juste une volonté naïve de faire régner la justice et de défendre les innocents des grosses brutes. La suite, vous la connaissez. Le succès de Kick Ass est un cocktail détonnant de violence et d’humour, souvent trash et décalé mais surprenant. Mais ce qu’on retenait surtout de Kick-Ass, c’était ses personnages secondaires charismatiques et spectaculaires. En effet, dans le premier opus, Dave / Kick-Ass a énormément de mal à exister tant il se faisait voler la vedette par Hit-Girl, la mini-super héroïne au langage châtié, accompagnée par son père farfelu, aka Big Daddy.
Alors que le premier film se suffisait à lui-même, devant son succès, l’idée d’une suite n’a pas tardé à voir le jour. Changement de réalisateur, Jeff Wadlow (Never Back Down, en 2008) reprend les rennes et adapte donc ce second volume, disponible depuis un moment en kiosque et  déjà prêt à l’emploi.
Les présentations sont déjà faites, Kick-Ass 2 ne perd pas de temps et frappe fort dès le début, avec son humour irrévérencieux et son univers trash plus direct et plus déjanté. C’est avec plaisir que nous retrouvons nos personnages et si 3 ans ont passé depuis le premier film, rien ne semble l’indiquer si ce n’est bien sûr le fait qu’Hit Girl ne soit plus la petite fille effrontée que nous connaissions mais une jolie adolescente. C’est alors l’occasion pour le film de créer sa trame bien distincte, d’un coté sous le signe de la vengeance, avec la naissance du grand vilain de l’histoire, le Mother Fucker – anciennement Red Mist, et de l’autre, beaucoup de remise en questions chez les gentils. Encore meurtris par les événements parfois tragiques du premier film, nos deux adolescents vont tenter de concilier leurs identités secrètes avec leur monde bien réel, à savoir leur vie d’adolescents lambdas, alors qu’autour d’eux de nouveaux héros masqués fleurissent dans les rues. Une exploration qui sera l’occasion de rencontres étonnantes, permettant d’approfondir chaque personnage en les ancrant dans une réalité accessible. Mais le style non-conventionnel de Kick-Ass 2 s’offrira quelques écarts juste pour le fun, donnant lieu à des moments assez dingues, des relations plus que tendues entre Chris d’Amico et sa mère, par exemple, à une grosse parenthèse lycéenne girly, au premier abord inquiétante mais qui va se révéler ex(c)trêmement tordante et très habile. Mais heureusement, le danger est toujours présent, notamment grâce au fou furieux Mother Fucker qui va créer son équipe de dangereux vilains et se retrouver face à l’impitoyable Colonel Stars and Stripes et sa bande. A la fois drôle, prenant et complètement barré, Kick-Ass garde un ton léger et parfois désopilant, même dans ces moments les plus sombres. En effet, c’est peut-être là un des points forts du films, cette capacité à mélanger les genres pour en tirer le meilleur parti en les caricaturant de façon tellement théâtrale et extrême que cela fonctionne. Tout ce beau monde évolue dans une hystérie hilarante et communicative, entrecoupés d’affrontements savoureusement sanglants et explosifs. Kick-Ass 2 garde son esprit comic book contemporain et novateur, offrant de nombreux clins d’œil au premier film et de nombreuses références « geek » plus ou moins évidentes, que ce soit via des allusions à d’autres (vrais) super héros ou des moments plus fugaces rappelant d’autres symboles de la culture comtemporaine.

« There’s a dog on your balls! »

Kick-Ass 2 prend un sacré virage et compte bien se démarquer du premier film tout en gardant la même saveur. Si encore une fois le héros du film n’est pas une tête d’affiche, il sait aujourd’hui s’affirmer et avoir sa propre place dans l’équipe. Cependant, les seconds rôles restent la valeur sûre du film. Du sadisme cruel et hilarant du Colonel Stars and Stripes (Jim Carrey) à la barbarie personnifiée par Mother Russia (Olga Kurkulina), le film a de nombreux arguments coups de poings et complètement délirants qui n’auraient de place nulle par ailleurs.
C’est tout ce qu’on aime dans Kick-Ass, cette effervescence colorée, déchaînée et brutale, boostée par un super vilain, le Mother Fucker, en roue libre,  et qui nous offre d’incroyables scènes extraordinairement jubilatoires et parfois même épiques (Mother Russia vs la police… à ne pas rater !), sans oublier des punchlines salées qui marqueront les esprits. Dans un autre film, la plupart des personnages auraient été ridicule et clownesques, mais dans Kick-Ass 2, il y a cette crédibilité permanente qui renforce le film. Les méchants sont vraiment affreux, le danger est réel et les pertes sont souvent irréversibles. Si le manque de répit ne permet pas de s’attarder sur les différents drames qui ponctuent le film, Kick-Ass 2 ne manque pas d’imagination pour être à la hauteur d’un premier opus qui avait l’effet de surprise de son coté. Mais Kick-Ass 2 a l’avantage d’avoir été solidement pensé en amont, grâce à un comic-book subversif et à une liberté que l’on voit assez rarement dans un produit destiné à un large public. De plus, après avoir déjà repoussé les limites en mettant en avant une fillette adepte de la violence et des grossièretés (I’m just fucking with you dad), entraînée par un père déjanté et jusqu’au-boutiste, Kick-Ass 2 pouvait donc se permettre d’aller plus loin et en a largement profité, d’où son interdiction au moins de 21 ans aux Etats-Unis.

Kick-Ass 2 réutilise donc avec brio les ingrédients clés du premier film, tout en apportant une réelle évolution intéressante à ses personnages. Ici il ne s’agit pas seulement de prendre les mêmes et de recommencer, car derrière cette histoire de vengeance classique, le film continue d’aborder des thèmes plus profonds en parallèle, notamment en explorant la personnalité de Mindy (alias Hit-Girl, ou est-ce l’inverse ?) mais aussi en insistant sur les responsabilités inhérentes au statut de super-héros. Au lieu de sombrer dans une morale facile, Kick-Ass 2 préfère voir mûrir ses personnages, bien loin des clichés habituels quitte à prendre des risques « carrie-ment » osés, sans pour autant alourdir l’atmosphère du film, bien au contraire. Kick-Ass 2 peut en fait se résumer en un seul mot : fun. Même si la caméra de Jeff Wadlow a quelques ratés, notamment dans la façon décousue de filmer l’action, Kick-Ass 2 est un tel plaisir pour les yeux et les oreilles, qu’on pardonne aisément ces légers faux pas et les quelques libertés que le film peut prendre par rapport au comic book (sur la fin, par exemple). Certes la mise en scène peut apparaître un peu trop classique, mais avec une telle bombe colorée et explosive par nature, c’était bien inutile d’en rajouter.

Coté casting, Aaron Taylor-Johnson (Savages, Anna Karenine en 2012) reprend du service, toujours aussi attachant avec un petit coté sexy qui n’était pas forcément visible dans le premier opus (#FanGirlAlert). A ses cotés, Chloë Moretz (Laisse-moi entrer en 2010, Dark Shadows en 2012) reprend le rôle de Hit-Girl et même si le fait qu’elle ait grandi rend son personnage moins choquant, elle n’en reste pas moins impressionnante. Christopher Mintz-Plasse (Fright Night, The Hit Girls) prend enfin de l’envergure en devant le Mother Fucker et nous livre une prestation géniale, c’est un vrai régal de le re-découvrir dans ce rôle. Parmi les nouveaux venus, il y a bien sûr Jim Carrey, méconnaissable, qui effectue un passage malheureusement trop rapide, mais intense, et celle qu’on ne pourra pas rater, Olga Kurkulina dans le rôle de Mother Russia, aussi sauvage que physiquement flippante.

En conclusion, Kick-Ass 2 est une excellente suite, plus violente, plus osée et plus drôle. Certes les écarts de langages ne surprennent plus et le climat brutal du film est attendu, mais Kick-Ass 2 parvient à proposer un film à la fois intéressant, inventif et incroyablement jouissif : c’est un vrai régal du début à la fin. Les héros de Mark Millar ont encore de belles heures devant lui, sachant qu’un troisième volet est déjà en cours d’écriture.

Ah oui, et il va falloir rester jusqu’à la touuuuuuute fin du générique pour une dernière petite surprise 😉

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