Terre des ours : Laborieux

terre des ours

Le pitch : Premier documentaire de cinéma en 3D-relief tourné avec des animaux sauvages, en pleine nature, au bout du monde, le film va faire vivre aux spectateurs une expérience unique, une plongée, une immersion sur un territoire de l’Extrême-Orient Russe, le Kamchatka, et les entraîner dans un grand voyage en Terre des Ours.

Guillaume Vincent (Bonobos, La citadelle assiégée…) propose avec Terre des Ours la rencontre avec des animaux sauvages dans un habitat naturel exceptionnel, presque inhabité. Terre des Ours a plusieurs vocations : familiariser son public avec le mode de vie cyclique des ours bruns, offrir une grande bouffée d’air frais et de l’évasion en choisissant de tourner dans une contrée aussi lointaine et méconnue que grandiose et enfin, faire passer un message écologique et responsable concernant la préservation de ces trésors naturels.
Dans un premier temps, Terre Des Ours parvient à séduire et à capter notre intérêt, grâce à sa caméra généreuse, permettant une véritable proximité avec les ours. Le Kamchatka, cette fameuse terre des ours, est une région majestueuse traversée par deux saisons, basculant ainsi de paysages montagnards enneigés à des plaines verdoyantes et ensoleillées, en passant par des coins truffés de geysers d’eau chaude. Les décors sont fantastiques et parfois à couper le souffle. Pendant près 27 semaines, Guillaume Vincent a suivi des ours et observé leur mode de vie, dès la sortie de l’hibernation et la narration nous abreuve d’informations et d’explication sur les us et coutumes de ces animaux souvent mal-aimés.

Cependant, malgré une entrée en matière intéressante, Terre des Ours montre rapidement ses faiblesses dans la durée. Une fois l’œil habitué à la beauté des paysages, il n’y a plus grand chose à se mettre sous la dent. Du coup, l’attention se reporte sur les ours mais, malheureusement, on comprend rapidement que ce sont des animaux qui n’ont pas volé leur réputation. Bourrus, solitaires, ne supportant pas la présence des autres… Difficile d’avoir envie de passer 1h27 en compagnie d’animaux peu communicatifs et légèrement agressifs. Malgré une diversion étonnante sur la migration des saumons (la nourriture favorite des ours), Terre des Ours finit par lasser, par ses plans redondants et ses commentaires tout aussi répétitifs, et la magie s’éteint rapidement. Le format du documentaire ne joue pas en sa faveur car si Guillaume Vincent nous propose de suivre ces ours sur une longue période, le montage final donne l’impression de n’observer qu’une journée. Du coup c’est long, plus vraiment intéressant arrivé à la moitié du film et la narration de Marion Cotillard n’aide pas vraiment à garder les yeux ouverts. Si on apprécie la tonalité discrète de la voix de l’actrice, il faut avouer que le choix du vocabulaire, un peu trop soutenu, finit de compliquer les choses. En effet, le public adulte n’aura pas de problème pour suivre les explications, mais les plus jeunes auront probablement plus de mal.

Contrairement à des docu-films tels que Félins (2012) ou Chimpanzés (2013), tous deux signés Disney Nature, Amazonia (Le Pacte, 2013) ou même n’importe quel documentaire diffusé sur National Geographic par exemple, Terre des Ours manque cruellement de « rebondissements », si on peut appeler un chat « un chat » (ou un ours, « un ours »). En effet, filmer des animaux sauvages dans leurs milieux naturels comporte des risques : le risque de se mettre en danger, certes, mais surtout le risque de ne pas avoir grand chose à raconter. Dans Terre des Ours, c’est malheureusement le cas, car en dehors du réveil des ours, le comportement asocial entre eux et leurs aptitudes à la pèche, le documentaire de Guillaume Vincent est aussi trépidant qu’une encyclopédie. De plus, Terre des Ours se targue d’avoir filmer en 3D-relief « grâce aux équipes techniques de James Cameron », mais pour l’expérience visuelle, on est clairement loin d’Avatar… Toutefois, il faut saluer les prouesses techniques et le travail fourni par Guillaume Vincent et son équipe, ne serait-ce que pour les conditions de tournage plutôt périlleuses (des baisses de températures allant jusqu’à -30°C, la proximité avec des animaux sauvages et dangereux…).

En conclusion, Terre des Ours est laborieux et beaucoup trop long. La découverte du Kamchatka et des ours ne captivent que pendant un temps, mais l’absence d’événement marquant rend le documentaire interminable. Malgré tout, Guillaume Vincent propose une virée inédite dans des terres splendides et inhabités, donnant ainsi l’envie de préserver cette nature sauvage et pleine de surprises.

Aussi surprenant que la scène post-générique cachée à la toute fin du film…

Hey. Tu me donnes du saumon, dis ? Dis ? Dis ? Hein, dis ?

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