Sous les jupes des filles : Décevant et réducteur, malgré un casting alléchant

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Guilleret et dynamique, Sous Les Jupes Des Filles est une comédie se voulait actuelle, cherchant à démystifier les femmes d’aujourd’hui. Au premier coup d’œil, Audrey Dana réussit son pari ambitieux en réunissant un casting de rêve et plusieurs trames sympathiques et girly. Mais en y regardant de plus près, derrière un ton faussement osé, Sous Les Jupes Des Filles est tout ce qu’il y a de plus conventionnel tant le film aligne les clichés et autres stéréotypes fumeux, en s’appuyant sur un concept plutôt sexiste (!). Derrière le glamour et le quotidien sexy de ces femmes se cache en vérité un film parfois gênant et surtout bâclé, le tout saupoudré par un poil de vulgarité et une mise en scène trop souvent négligée.

Le pitch : Paris. 28 premiers jours du printemps. 11 femmes. Mères de famille, femmes d’affaires, copines, maîtresses ou épouses… Toutes représentent une facette de la femme d’aujourd’hui : Complexes, joyeuses, complexées, explosives, insolentes, surprenantes… Bref, un être paradoxal, totalement déboussolé, définitivement vivant, FEMMES tout simplement !

La femme d’aujourd’hui est devenue une curiosité à la mode, trop souvent définie selon son statut amoureux. Récemment, le film de Mona Achache, Les Gazelles, donnait son avis à travers une comédie rafraîchissante et drôle, en divisant malgré tout l’univers féminin en deux catégories : les casées d’un coté et les célibataires de l’autre. On ne peut pas tout avoir… Dans Sous Les Jupes Des Filles, Audrey Dana vise plus large avec son casting XXL. Le problème c’est qu’il est difficile de créer autant de personnages différents sans en bâcler quelques-uns au passage, et c’est malheureusement le cas dans Sous Les Jupes Des Filles qui est, néanmoins, un projet ambitieux pour un premier film.

Globalement agréable, le film d’Audrey Dana a la pèche. Rencontre avec des femmes de tous les jours, de la vamp sexy à la business woman tyrannique, en passant par diverses étiquettes variées. Faites vos choix, il y a de tout en rayon, de la célibataire romantique, de la lesbienne canon, de la cocue, de la frigide… Sous Les Jupes Des Filles réussit à aligner les clichés en rang d’oignon et ça ne semble gêner personne, grâce à une belle énergie communicative et amusante. Soit.
Globalement toujours, Sous Les Jupes Des Filles allie romance et comédie à travers plusieurs vies croisées, explorant le cœur des femmes (haha) de façon plutôt prévisible mais toujours délicieuse. On se marre bien devant ces copines, amantes, sœurs ou épouses, on s’y retrouve et parfois même, on s’y attache.
Globalement encore… c’est pas trop mal. En détail, ça fait peur.

Qui est cette femme de 2014 qu’Audrey Dana scrute dans l’œil sa caméra ? Quel est cet animal mystérieux et obscure, récemment libéré de ses inhibitions qui s’agite sur nos écrans ? Curieusement, malgré ses onze femmes très différentes, Sous Les Jupes Des Filles réussit finalement, avec le sourire, à réduire les femmes à une sorte d’espèce primaire dirigée uniquement par ses hormones. Des règles, du sexe, de l’amour… à aucun moment, ces nanas ne cherchent à s’exprimer autrement que par l’état des lieux de leurs vies sentimentales. Malgré le ton soi-disant « libéré » du film, Audrey Dana finit bien vite par aligner des stéréotypes sur pattes, avant de rentrer sagement dans le moule en enrobant le tout par le saint cliché de tous les saints : « la soirée biture entre copines, pasque les mecs c’est des gros nuls » ! Waouh ! Quelle originalité…
En réalité, le spectacle est très souvent affligeant et ce, dès les premières minutes, tant certaines scènes ressemblent à des séances d’improvisations hésitantes et parfois gênantes, vu le niveau de certaines actrices, où les mots sont remplacés par des onomatopées / soupirs / gémissements (rayer la mention inutile), faute d’inspiration. Audrey Dana livre un ensemble brouillon, incroyablement bordélique, dont le seul charme, finalement, repose uniquement sur son casting.
Alors que Sous Les Jupes Des Filles pourrait aborder des sujets plus profonds, grâce aux multiples perches qui sont effleurées (la mort, la crainte de la ménopause, être une femme dans un univers professionnel masculin, la crise identitaire…), mais préfère enchaîner des scènes souvent sans intérêts pourvu qu’elles fassent ricaner, en se réfugiant dans un langage cru (« le champ lexical du cul » huhu c’est drôle elle a dit un mot salace…) pour choquer les plus prudes ou dans des gags peu recherchés, bas de plafond et parfois bien vulgos (la scène d’ouverture, par exemple).

Au final, sur onze femmes soi-disant fortes, à peine deux ou trois sortent du lot, les autres servent de décoration vu que leurs noms sur l’affiche suffira à attirer le public en salles (bien ouèj, Audrey !). Et les hommes dans tout ça ? Ah bin, on a beaucoup vouloir s’émanciper et jouer les femmes fortes et modernes, mais quand on réduit les femmes, pardon, LES FILLES (ne pas oublier de rendre ses bestioles dociles et infantilisées des le titre !) à des êtres mus par leurs libidos et leurs cycles menstruels, il ne faut pas s’attendre à du neuf quand il s’agit d’inclure des garçons dans l’histoire. Mari volage ou égoïste, prince charmant ou ombre absente, Sous Les Jupes Des Filles n’épargne pas le mâle en le transformant en une simple marionnette que l’on sort du placard pour faire des galipettes. Re-waouh.

Ce qui me dérange profondément dans tout ça (sachant que j’attendais ce film depuis janvier, imaginez ma déception), c’est avant tout la trame même du film, concentrée autour d’un « cycle hormonal », une idée que je trouve particulièrement odieuse, réductrice et obsolète. Certes le ton guilleret du film aide à faire passer la pilule (haha), mais je ne pense pas que la vie d’une femme en 2014 se résume à un concept aussi obsolète (et légèrement machiste, paradoxalement !). Mais au-delà de ça, j’espérais vraiment passer un bon moment, mais il faut avouer que Sous Les Jupes Des Filles mise surtout sur son casting doré, ce qui gâche cruellement le potentiel de certaines histoires laissées en jachère. Non, ce n’est pas parce que c’est un film de filles, fait avec des filles pour des filles que ça rend la chose plus acceptable. Pour un documentaire Zone Interdite sur M6, peut-être, mais au cinéma… non. Franchement, ce film aurait été réalisé par un homme, il serait déjà entrain de brûler sur la place publique avec une pancarte « misogyne » autout du cou.

Justement coté actrices, parmi celles qui valent réellement le détour : Alice Taglioni (Paris-Manhattan, Cookie…) crève l’écran, Laetitia Casta (que l’on n’a pas vu au cinéma depuis quelques années) ravit par sa fraîcheur et ses problèmes gastriques n’enlèvent rien à son charme, tandis que – ô surprise ! – Audrey Dana (Le Bruit des Glaçons, Denis…), malgré un rôle ingrat, est hilarante et ses scènes sont parmi les meilleures (sauf la première, beurk).
J’en attendais plus de Vanessa Paradis (Apprenti Gigolo…), pas vraiment crédible ni investie dans son personnage. Géraldine Nakache (Nous York…), Audrey Fleurot (Les Reines Du Ring, Les Gazelles…) et Marina Hands s’offrent de jolis moments d’émotions qui se perdent dans un fil conducteur brouillon et étouffé par toutes ces storylines. Sylvie Testud et Isabelle Adjani auraient pu faire des merveilles si leurs personnages avaient été mieux exploités, tandis qu’Alice Belaïdi n’est pas du tout à l’aise avec son rôle.
La palme du pire revient à Julie Ferrier (Jamais le premier soir…), carrément insupportable et, comment dire, mauvaise.
Chez les hommes, Marc Lavoine, Pascal Elbé, Stanley Weber et Alex Lutz font acte de présence, mais on ne leur en voudra pas puisqu’ils servent uniquement de sextoys humains ou de fantasmes.

En conclusion, Sous Les Jupes Des Filles est un pari ambitieux et traversé par une belle énergie et un casting glamour et alléchant. Cependant, Audrey Dana ne parvient pas à maitriser l’ensemble, sombrant rapidement dans la facilité et les clichés bon marchés (et parfois vulgaires), tout en réduisant joyeusement la femme à des êtres primaires et incapable de réfléchir autrement que par leurs ovaires. Qu’y a-t-il Sous Les Jupes Des Filles ? Un tampon usé, apparemment. Ou un prout.

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Viens, on fait un truc moderne, très 2014, genre un flash-mob… #OhWait!

Donc en 2014, il y a un flash-mob pour la promo du film, dans le film on parle de réseaux sociaux en incluant Copains d’Avant… sérieusement Audrey, il faut se mettre à la page.

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2 réflexions sur “Sous les jupes des filles : Décevant et réducteur, malgré un casting alléchant

  1. T’es un peu dur avec ce film, mais c’est vrai que c’était pas très fin. J etrouve que tu as raison sur certains points. Avec un casting aussi imposant, il y aurait du avoir quelque chose en plus et autre que des histoires amoureuses ou sur leurs règles. Quand Sylvie Testud (son personnage) annonce qu’elle a un cancer, je me suis dit que ça allait être plus interessant mais non.

    bien vu pour le flash-mob et copains d’avant 😀

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