Black Storm : Du grand spectacle sans profondeur ni ambition

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Divertissant et souvent efficace, Black Storm est un film catastrophe qui mise surtout sur le grand spectacle que sur l’émotion. Si on a le souffle coupé à chaque nouvelle tornade grâce aux effets spéciaux fantastiques, Steven Quale livre un film trop souvent prévisible, hanté par des personnages superficiels et prévisibles, tout en cumulant de nombreuses incohérences. Néanmoins, Black Storm remplit ses promesses et parvient à éviter le piège de s’étaler dans la durée, du coup les rebondissements s’enchaînent sans laisser de place aux temps morts, ce qui permet de passer un très bon moment court, mais satisfaisant.

Le pitch : En une journée, la petite ville de Silverton est dévastée par une multitude de tornades sans précédent. Les habitants sont désormais à la merci de ces cyclones ravageurs et meurtriers, alors même que les météorologues annoncent que le pire est à venir… Tandis que la plupart des gens cherchent un abri, d’autres se risquent à se rapprocher de l’œil du cyclone pour tenter d’immortaliser en photos cet événement exceptionnel.

Trois ans après avoir dépoussiéré une franchise en souffrance avec Destination Finale 5, Steven Quale se lance dans le film catastrophe. Tentative non-avouée de détrôner le film culte Twister de Jan de Bont (1996) ou l’envie de donner un peu plus de réalisme aux tornades dernièrement visitées par des requins (Sharknado 1 et 2) ? Toujours est-il que cela faisait un moment que ce genre de film n’avait pas squatté nos écrans, sans ajouter une intrigue extraterrestre ou une morale écologique pesante, ce qui rend Black Storm d’autant plus agréable et divertissant, sans pour autant être mémorable.

Malgré une intrigue basique et sans véritable surprise, Black Storm offre un moment agréable souvent secoué de frissons. En effet, le seul atout du film réside entièrement dans le réalisme des effets spéciaux. Chaque tornade est toujours plus impressionnante et plus destructrice, on est donc happés par ce déchaînement naturel et haletant, qui transforme la vie des personnages en véritable enfer. En effet, le film suit plusieurs personnages accessoires, d’un coté un père qui va tenter de protéger ses deux garçons et de l’autre une équipe de chasseurs de tornades (?) suréquipée, ce qui permet non seulement d’alterner les différents points de vue, mais également de créer une histoire secondaire et peu envahissante.pour combler le vide du scénario. Grâce à l’ampleur dévastatrice des tempêtes, Black Storm se révèle suffisamment oppressant et immersif pour être intéressant, notamment grâce au caractère imprévisible des tornades. À travers l’alternance des prises de vues réelles et des nombreux plans subjectifs, provenant des caméras et autres téléphones des personnages du film, Steven Quale nous plonge au cœur de la tempête et réussit à nous embarquer dans le chaos ambiant.
Malheureusement, Black Storm est un film qui s’oublie rapidement et c’est en partie dû à ces nombreux défauts. Entre ses personnages creux et une trame hyper prévisible, Black Storm présente de nombreuses incohérences et des choix scénaristiques presque amateurs. De la caméra lambda à la batterie inépuisable aux tornades qui aspirent quand elles en ont envie, Steven Quale manque énormément d’attention et s’attarde trop souvent sur les interactions caricaturales et plates entre les personnages (les adieux !), créant ainsi des quelques pertes de rythmes et des scènes inutiles débordant de pathos.
Mais le plus gênant, finalement, c’est l’esprit contradictoire du film : Black Storm ne cesse de citer les plus récentes catastrophes naturelles qui ont ébranlé les États-Unis (Katrina en tête de liste), sans jamais se rapprocher de leurs impacts dramatiques. Pire, le film ose le happy end (oui, je vous spoile !) hyper patriotique et typiquement américain, niant carrément l’aspect négatif de ces catastrophes naturelles (les morts, donc). Si Black Storm réussit à nous souffler grâce à ses tornades incroyables, le coté édulcoré du film aseptise l’ensemble, si bien qu’on ne s’attache pas vraiment aux dangers encourus par les personnages.

En fait, en dehors des tornades, il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent et Black Storm frise trop souvent la qualité discutable d’un téléfilm. Dommage, car le film tient ses promesses grâce à des effets spéciaux saisissants et réalistes, nous projetant rapidement dans le vif du sujet. Avec un scénario abouti et bien plus d’ambition, Steven Quale aurait pu réussir à marquer les esprits, même en conservant un traitement aussi traditionnel. Résultat, même avec 18 ans d’écart et des effets spéciaux un peu vieillots, Twister reste une valeur sûre de films à catastrophes naturelles.

Au casting, il n’y a pas grand chose à dire car très peu sortent du lot. Parmi les personnages principaux, Richard Armitage (la trilogie Le Hobbit…) côtoie Sarah Wayne Callies (Prison Break, The Walking Dead…), tandis que Jeremy Sumpter en fait trop et manque de crédibilité.

En conclusion, Black Storm est un petit film sans prétention, qui divertit rapidement et efficacement. Malheureusement, Steven Quale manque d’ambition et se repose uniquement sur ses précieuses tornades, sans jamais s’assurer de la cohérence de son film. Sauvé in extremis par sa courte durée et des effets spéciaux convaincants, Black Storm parvient à se glisser parmi les sorties intéressantes de cet été, en étant moins prenant qu’un popcorn movie mais tout aussi satisfaisant.

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– Oh look, a tornado. – It’s fake. There’s no shark in it.

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