Hercule : Action, (très) gros bras et beaucoup de second degré !

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Alors que personne n’attendait le face-à-face entre deux films sur Hercule cette année, Brett Ratner réussit à tirer son épingle du jeu en revisitant la légende dans un film divertissant et gonflé à bloc. Entre mythologie et réalité, Hercule vise la démesure sans jamais se prendre au sérieux, tout en proposant une version moderne du héros, ce qui donne un film plutôt rythmé et -globalement- loin de la catastrophe annoncée, grâce à un second degré bien présent qui minimise les défauts du film.

Le pitch : Mi-homme mi-légende, Hercule prend la tête d’un groupe de mercenaires pour mettre un terme à la sanglante guerre civile qui sévit au royaume de Thrace et replacer le roi légitime sur le trône. Âme tourmentée depuis la naissance, Hercule a la force d’un dieu mais ressent aussi les peines et les souffrances d’un mortel.
Sa puissance légendaire sera mise à l’épreuve par des forces obscures.

Quelques mois après la sortie sur grand écran de La Légende d’Hercule de Renny Harlin, c’est au tour de Brett Ratner de proposer sa version du personnage mythologique, en adaptant la bande-dessinée Hercule : Les Guerres Thrace, écrite par Steve Moore et Admira Wijaya.

Plutôt que de servir une énième version essoufflée de ce personnage légendaire, le film opte pour un ton plus léger et moderne. En effet, Hercule choisit de questionner la légende et de présenter l’homme qui se cache derrière le demi-dieu, le transformant ainsi en mercenaire bodybuildé et hanté par ses propres démons. Du coup, dès le début, le film fait un passage rapide, mais obligatoire, sur les origines d’Hercule, de sa naissance aux fameux douze travaux, sans vraiment s’attarder sur le sujet, avant de se lancer dans le vif du sujet. Plus homme que demi-dieu, Hercule casse quelque peu l’image dorée du héros grec pour en faire un personnage accessible, bien que précédé par sa réputation.
Très clairement, le film partait avec de sérieux handicaps. Tout d’abord, le réalisateur, Brett Ratner, est en perte de vitesse depuis les très discutables X-Men 3 – L’affrontement Final (2006), qu’il a repris après le départ précipité de Brian Synger pour Superman Returns (pfff…), et Rush Hour 3 (2007) le dernier volet de sa propre saga jusque là sympathique. Ajoutons à cela le fait qu’un film sur Hercule est déjà sorti cette année et qu’il est directement parti rejoindre les cendres de Pompeii (le film, hin, pas la ville) et rappelons également que les films sur la mythologie grecque ne réussissent pas vraiment à se démarquer, car même en assurant le spectacle grâce à des effets spéciaux impressionnants, le fond est souvent présenté de façon bien trop linéaire en véhiculant des valeurs désuètes qui ne font malheureusement plus recette (Le Choc des Titans, Percy Jackson et leurs suites respectives…). Et pour finir le tableau, Hercule est interprété par le très controversé Dwayne Johnson, dont la carrière d’acteur est en dents de scie, notamment dû au fait qu’il se cantonne trop souvent au même registre. Par conséquent, malgré un potentiel attachant, l’ex-catcheur devenu acteur n’a pas que des adeptes…

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Tous ces détails mis bout-à-bout laissaient supposer le pire pour Hercule, tant il visait au mieux la catégorie « nanar testostéroné », au pire celle du navet absolu. La bonne nouvelle, c’est que les têtes pensantes derrière le film sont conscients de tout cela et ont décidé de jouer à fond la carte du second degré en assumant entièrement le coté bourrin de Dwayne Johnson à travers des scènes d’actions plutôt épiques, tout en lissant un scénario assez creux grâce à un humour décalé. Et ça fonctionne ! Si les premières fois où Hercule se balade, par exemple, avec une tête de lion sur la tête font légèrement grincer des dents, cela devient rapidement un running-gag inattendu. Et il en va de même avec ses différents acolytes qui véhiculent chacun un stéréotype assumé et exploité jusqu’à en devenir drôle (volontairement ? le doute est permis). En maîtrisant l’extravagance d’une époque révolue, Hercule parvient nous entraîner dans une aventure sympathique, où l’aspect fantastique du film côtoie le réalisme d’une mise en scène moderne, dans un ensemble à la fois très cliché et plutôt fun.

Le point fort du film réside évidemment dans ses scènes d’action très musclées qui permettent au film de trouver son rythme, souvent affaibli par un scénario aux ficelles trop évidentes. En effet, si le film cherche à démontrer la véritable nature des pouvoirs d’Hercule, l’intrigue principale ne propose que des rebondissements prévisibles qui finissent par décrédibiliser l’ensemble. Heureusement, Hercule est loin de faire dans la dentelle et se précipite d’une scène à l’autre avec un dynamisme contagieux, en laissant rarement le film s’essouffler. Brett Ratner réussit à faire passer la pilule en surdosant son film de scènes d’action punchys et survitaminées pour masquer les nombreuses faiblesses du film qui grossissent à vue d’œil.
En effet, même si Hercule a le mérite de faire passer un bon moment, il est difficile d’ignorer les nombreuses failles du scénario simpliste et peu recherché, malgré un parti pris a-priori osé. Le film frôle souvent la caricature tant les interactions entre les personnages sont prévisibles et que que les intrigues sont parfois dignes d’un soap opera des années 90 – ce qui aurait parfaitement collé avec l’univers de la série télé, quand on y réfléchit.  Brett Ratner opte pour une mise en scène sans éclat, malgré un véritable travail intéressant sur la photographie du film. Cependant, plus le film avance et plus certains détails sont baclés, dont un énorme faux raccord très visible (et drôle) lors du dernier acte.

Au casting : Dwayne Johnson (Fast and Furious 5 et 6, No Pain No Gain…) continue de jouer avec les différentes facettes de son image et se donne à fond pour incarner un Hercule convaincant. À ses cotés, Rufus Sewell (Abraham Lincoln – Chasseur de vampires…), Ingrid Bolsø Berdal (Hansel et Gretel : Witch Hunters…), Aksel Hennie (Headhunters…) et Ian McShane (Blanche-Neige et le Chasseur…) donnent du relief à ce groupe de mercenaires atypiques, tandis que John Hurt (Snowpiercer, Only Lovers Left Alive…) frôle l’extinction de voix et Joseph Fiennes (Ultime Évasion…) grimace à n’en plus finir.

En conclusion, Hercule se révèle être une bonne surprise agréable, grâce aux nombreux affrontements du film qui donne un véritable rythme. Brett Ratner signe un film certes anecdotique et parfois brouillon, mais tout de même satisfaisant. Avec son casting attachant et une approche décalée, Hercule échappe in extremis au ridicule et se regarde avec un petit plaisir coupable. À voir, pour les plus curieux et les fans de Dwayne Johnson.

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