Délivre-nous du mal : Et de l’ennui ?

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Ambiance nocturne, bruits inquiétants et comportements étranges… Scott Derrickson semble avoir méthodiquement consulté l’Abécédaire de l’horreur tandis qu’il concoctait son dernier film. Gonflé par un casting solide, Délivre-Nous Du Mal propose une histoire alléchante où le frisson n’est jamais loin. Et pourtant, à cause d’un certain manque d’enjeu dramatique et d’ambition autour des personnages, le film surfe sur du vide, ne parvenant jamais à franchir la frontière de l’épouvante. Entre mysticisme et pragmatisme, Scott Derrickson tente de maintenir une tension oppressante tout au long du film en confrontant le normal au paranormal, avant de tout simplement pomper un de ces précédents films, L’Exorcisme d’Emily Rose, allant jusqu’à calquer la fameuse scène d’exorcisme, avec beaucoup moins de panache. Bref, malgré beaucoup d’efforts, le trouillomètre reste à plat.

Le pitch : La violence et la noirceur, le sergent Ralph Sarchie connaît bien. Flic dans le Bronx, il est chaque jour témoin du pire de la nature humaine. Ce qu’il endure a même fini par affecter sa relation avec sa femme, Jen, et leur petite fille, Christina. Pourtant, rien ne l’avait préparé à l’affaire que lui et son partenaire Butler vont découvrir. Dépassé, Sarchie va devoir s’allier à un prêtre renégat dont la foi a souvent vacillé, qui tente de le convaincre que les horribles événements qui se multiplient sont liés à des possessions démoniaques… Ensemble, le policier et le prêtre accumulent les preuves que le Mal est à l’œuvre, et Sarchie est forcé de remettre en cause tout ce en quoi il a toujours cru pour combattre les puissances occultes qui menacent la ville et sa famille…

En 2005, Scott Derrickson avait créé la surprise avec L’Exorcisme D’Emily Rose, dans lequel les théories rationnelles étaient confrontées aux explications paranormales, avant de sauter à pieds joints dans l’occultisme. Malgré un discours religieux un peu trop présent, L’Exorcisme D’Emily Rose avait le mérite de proposer une histoire étonnamment bien ficelée et crédible, laissant toujours une porte ouverte sur le doute, et brillamment interprétée par l’impressionnante Jennifer Carpenter, entre autres. Depuis ce film, Scott Derrickson a bien du mal à s’illustrer de nouveau, entre le très oubliable remake de Le Jour Où La Terre S’Arrêta avec Keanu Reeves (2008) et le passable Sinister (2012) avec Ethan Hawke. Cette fois, avec Délivre-Nous Du Mal, le réalisateur retourne aux sources, avec une trame qui oscille délibérément entre une réalité poisseuse et une présence maligne.

Plongé au cœur d’un Bronx sombre et oppressant, Délivre-Nous Du Mal suit les enquêtes d’un inspecteur de police trop habitué à voir les méfaits de l’Homme, qui va bientôt faire équipe avec un prêtre atypique sur une affaire des plus étranges. Dans une entrée en matières prometteuse, le film réussit à installer une atmosphère inquiétante, aidée par le fait que le héros travaille de nuit (c’est bien pratique, tout ça) et traversée par des personnages peu amènes, au look bien cracra et aux comportements anormaux. Rapidement, alors que la théorie de la possession démoniaque ne fait plus de doute pour le public, le film continue de remettre en question les différents rebondissements à travers le regard pragmatique du héros, afin de conserver une certaine dynamique. Malheureusement, à force de cumuler les personnages, Délivre-Nous Du Mal finit rapidement par devenir assez confus. Au fur et à mesure que le film évolue, Scott Derrickson va s’attarder sur des flashbacks peu utiles à l’histoire générale, tout en développant une trame familiale peu intéressante, au lieu de se focaliser sur les éléments horrifiques de son film. Du coup, Délivre-nous Du Mal a tendance à patauger au plus mauvais moment, surtout lorsqu’il s’agit de dénouer le mystère qui se cache derrière toutes ces manifestations paranormales. Malgré ses efforts pour conserver un univers sombre et effrayant, Scott Derrickson parvient à peine à faire sursauter avec des jumpscares trop prévisibles et finit par jouer son va-tout à travers une scène d’exorcisme impromptue, dont la ressemblance avec celles vues dans L’Exorcisme d’Emily Rose saute rapidement aux yeux.
Au final, Délivre-Nous Du Mal aurait dû miser sur la simplicité. En alourdissant sa trame avec le passif et la famille du personnage principal, le film ne fait que survoler l’intrigue générale en se contentant de présenter sommairement les éléments horrifiques, comme si c’était suffisant. En dehors de quelques scènes plutôt sympathiques, Délivre-Nous Du Mal semble toujours sur le point de basculer dans l’horreur sans jamais y arriver, ce qui est finalement soit frustrant, soit très assommant.

Au casting, Eric Bana (Munich, Hors du temps, Hanna…) et les cheveux de Edgar Ramirez (Domino, La Colère des Titans, Cartel…) ont des rôles plus ou moins interchangeables, sans pour autant être déplaisant. Autour, Olivia Munn (The Newsroom, Magic Mike…) endosse le rôle de la potiche agaçante, tandis que Sean Harris (Prometheus, The Borgias…) et Olivia Horton passent malheureusement trop vite à la trappe.

En conclusion, malgré un ensemble prometteur et un casting solide, Délivre-Nous Du Mal a bien dû mal à sortir de sa torpeur. Monotone et peu ambitieux, si le dernier film de Scott Derrickson réussit à susciter de l’intérêt, on a bien du mal à s’intéresser au sort des personnages tant les enjeux qui les relient sont confus, téléphonés et survolés. Le réalisateur ne fait que réutiliser des artifices déjà vus, se contentant d’installer une ambiance inquiétante sans jamais l’exploiter à son avantage. Dommage…

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So… Do you wanna get a coffee after or… ?

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