Si Je Reste : Adolescent, sans saveur et interminable

Si je reste

Interminable et plein de guimauve, Si Je Reste est un drame larmoyant et adolescent mettant en scène une jeune fille dans le coma devant décider, littéralement, entre la vie et la mort. Prévisible et ennuyeux, R.J. Cutler offre un premier film plat et inconsistant, œuvrant comme une pâle excuse pour narrer une romance tiède et fantasmée, en évitant royalement d’aborder des sujets plus profonds et, accessoirement, liés à l’intrigue principale du film. Chloë Grace Moretz continue de décevoir en acceptant des rôles geignards et bien en-dessous de son talent. Dommage…

Le pitch : En un seul moment, tout peut changer. Mia, 17 ans, n’a aucun souvenir de l’accident : elle arrive uniquement à se rappeler avoir roulé le long de la route enneigée de l’Oregon avec sa famille. Puis, en un clin œil, elle se retrouve observant son propre corps dévasté … L’adolescente sera tiraillée entre l’envie de rejoindre ses parents dans l’au-delà et celle de se réveiller et de retrouver son petit ami et ses proches…

Adapté du roman du même nom écrit par Gayle Forman, Si Je Reste est un drame doucereux et superficiel qui s’étire inutilement autour d’une romance adolescente et peu convaincante. Croisement étrange entre La Nostalgie de L’Ange d’Alice Sebold (Lovely Bones au cinéma) et LOL (USA) de Lisa Azuelos (la version américaine est bien plus puérile que la version française), Si Je Reste brille par le peu d’intérêt que suscite son histoire. Si toute l’histoire n’est pas déjà dévoilée par le synopsis ou la bande-annonce, le film surfe gentiment sur du vide car, au lieu de se poser de véritables questions, l’histoire ne cesse de tourner autour d’une romance obsolète et clichée qui ne fera rêver que les fans – s’il en reste – de Twilight.

À travers une mise en scène décousue, Si Je Reste dévoile une histoire faible qui contraste avec la tragédie que traverse Mia, l’héroïne du film. En effet, alors que sa vie vole en éclats, le film va s’attarder sur son « grand amour » en cumulant tous les clichés les plus vomitifs possibles, de la jeune fille timide et mal dans sa peau qui sort avec la rock-star du bahut au stéréotype éculé du vilain petit canard qui a l’impression d’être une exclue au sein de sa famille (bouh-ouh, sortez les violons !). Rapidement, le film agace à cause de ces ficelles énormes et la platitude d’un scénario attendu et simpliste à souhait. L’histoire générale n’encourage aucun rebondissement susceptible d’éveiller l’intérêt et évite royalement les questions existentielles (la fugacité de la vie, l’importance de poursuivre ses rêves, la famille…) qui auraient pu être exploitées, pour mieux sombrer dans la guimauve collante et gerbatoire.
R.J. Cutler propose un premier film sans âme qu’il étire au maximum en faisant des allers-retours incessants entre le passé et le présent, quitte à dénaturer la lecture du film. Même si l’éventuel enjeu du film reste honorable (l’amour), le résultat est incroyablement décevant et à peine mature, tant Si Je Reste se réfugie derrière une histoire mièvre dont le but inavoué est de faire fantasmer d’éventuelles midinettes encore trop conformistes pour se lancer dans la lecture de 50 nuances de Grey (no offense). Effectivement, quitte à se focaliser sur une love-story pleine de bons sentiments, Si Je Reste ne propose absolument rien d’original à travers le parcours de cette jeune prodige du violoncelle qui est bien trop jolie pour passer son temps à geindre (pourquoi moi ? pourquoi je ne ressemble pas à ma famille ? blablabla…), alors qu’elle sort avec l’équivalent du prince charmant pour teenager.
N’ayant pas lu le livre, je ne pourrai pas dire si le problème vient de l’adaptation ou non, toujours est-il que Si Je Reste est si creux qu’il ne parvient jamais à créer de l’émotion, même dans ses moments les plus tragiques, tant l’ensemble est aseptisé et calculé.

Au casting, Chloë Grace Moretz continue de se cacher derrière des rôles de fifilles qu’elle ne parvient qu’à surjouer à grands renforts de mimiques appuyées. Pourtant, elle a déjà prouvé dans le passé qu’elle s’en sort bien mieux avec des personnages qui ont plus de caractère (Kick-Ass, Let Me In, Dark Shadows…) et sa « minute garce » dans Sils Maria montre qu’elle en a bien plus dans le ventre. À ses cotés, Jamie Blackley (Blanche-Neige et Le Chasseur…) incarne le prince charmant adolescent par excellence, sans plus, tandis que Mireille Enos (Gangster Squad, World War Z…) et Joshua Leonard (Shark 3D…) font de la figuration. Seul l’excellent Stacy Keach (American History X, Nebraska, Sin City : J’ai Tué Pour Elle…) parviendra, en une scène, à délivrer toute l’émotion qu’aurait dû contenir le film, quelques minutes avant la fin.

En conclusion, imbuvable et bien trop long, Si Je Reste ne mène nulle part et risque de pousser son public à se demander s’il fait bien, lui aussi, de rester devant un film aussi réducteur, adolescent et souvent soporifique. On est bien loin de l’ode à la vie joyeux et bouleversant du film Nos Étoiles Contraires qui surfe sur des thèmes similaires. À éviter, donc.

I wish you were a vampire. Or a sexual creep, you know... Something intense.

I wish you were a vampire. Or a sexual creep, you know… Something intense.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s