Dracula Untold : Un divertissement léger et accrocheur

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Énième adaptation cinématographique de la légende du plus célèbre des vampires, Dracula Untold prend quelques libertés avec l’histoire originale pour proposer un divertissement accrocheur et plutôt fun. Gary Shore privilégie l’action et se perd parfois dans une mise en scène un peu too much – pour ne pas dire amateure – mais globalement, Dracula Untold réussit à tenir la route. Cependant, il faut tout de même garder en tête que malgré le titre, les canines et les restes de légende, c’est avant tout un film d’action fantastique flirtant très légèrement avec l’épouvante, et non un film de vampire.

Le pitch : L’histoire débute en 1462. La Transylvanie vit une période de calme relatif sous le règne du prince Vlad III de Valachie et de son épouse bien-aimée Mirena. Ensemble, ils ont négocié la paix et la protection de leur peuple avec le puissant Empire ottoman dont la domination ne cesse de s’étendre en Europe de l’Est. Mais quand le sultan Mehmet II demande que 1000 jeunes hommes de Valachie, dont le propre fils de Vlad, Ingeras, soient arrachés à leur famille pour venir grossir les rangs de l’armée turque, le prince doit faire un choix : abandonner son fils au sultan, comme son père l’a fait avant lui, ou faire appel à une créature obscure pour combattre les Turcs et par là même assujettir son âme à la servitude éternelle…

Depuis l’histoire écrite par Bram Stoker en 1987, Dracula est un personnage mythique qui a suscité de nombreuses adaptations et interprétations. Cependant, si le concept du vampire a pas mal évolué allant jusqu’à scintiller au soleil -gasp!-, quand il s’agit du Comte, les exigences sont nombreuses, ce qui explique probablement la difficulté d’adapter un tel personnage au cinéma. En effet, Dracula est un personnage complexe et tout le monde connait plus ou moins les grandes lignes de sa légende, sans même avoir lu le roman de Stoker ni vu le film de Tod Browning (Dracula, 1931) ou encore celui de Francis Ford Coppola (Dracula, 1992). Pourtant, la légende a su traverser les âges et c’est au tour de Gary Shore, un réalisateur encore méconnu, d’adapter le vampire le plus charismatique de tous les temps au cinéma.

Pour Dracula Untold, l’histoire est simplifiée au maximum, construite autour du personnage célèbre de Vlad Tepes. Mais qu’importe, Gary Shore n’a clairement pas l’ambition de faire renaître le Comte noir et charismatique qui suscite à la fois la frayeur et l’admiration, mais bien de proposer un film d’action fantastique surfant sur les dernières tendances à la mode (réinventer les légendes dans un but ultra commercial). Dès les premières minutes, le film installe rapidement une histoire à l’intrigue prévisible et se contente de combler l’attente avec des dialogues peu intéressants afin de dresser un tableau humain et noble de notre héros. Ainsi, après avoir fait de Dracula un père et mari aimant, protecteur de son peuple, ce dernier ira naïvement se jeter dans la gueule du loup afin de vaincre ses ennemis bien trop sûrs d’eux pour être crédibles. Si le scénario sent bon le déjà vu/déjà fait, Dracula Untold tient néanmoins toutes ses promesses car le divertissement est bel et bien au rendez-vous. Rythmés par des affrontements spectaculaires, le film enchaîne les scènes d’actions dans des décors gothiques et baroques afin de maintenir l’illusion d’une époque obscure et dangereuse, tout en usant allègrement des joies des effets spéciaux à toutes les sauces. Visuellement attractif, Gary Shore parviendrait presque à faire de Dracula Untold un petit plaisir coupable, tant l’amusement est au rendez-vous tandis que notre héros lutte vainement contre une issue inévitable. Globalement sympathique, Dracula Untold crée la surprise et réussit à proposer une histoire plutôt convaincante… malgré ses nombreux défauts.

En effet, au-delà de l’avalanche d’effets spéciaux peu subtils mais satisfaisants, le film de Gary Shore ne fait que s’inspirer de la légende de Dracula et ne va jamais réellement s’intéresser à sa part fantastique ni à la dualité complexe du personnage. Du coup, le film pose des règles abstraites sans jamais les expliquer (la malédiction, la prophétie…), tandis que le fameux Dracula se transforme en super-héros faisant joujou avec ses nouveaux super pouvoirs. À force de vouloir en mettre plein la vue, Dracula Untold cumule les incohérences et oublie le but premier du sacrifice de son héros, si bien qu’à la fin le peuple a-priori en danger est totalement évincé au profit d’une armée turque bien trop immense pour être crédible. De plus, la mise en scène de Gary Shore, bien trop amateure, a tendance à fragiliser l’équilibre bancal du film en exagérant chaque rebondissement à grands renforts de slow-motions interminables et racoleurs accompagnés par un segment musical appuyé, histoire de rajouter une couche de pathos bien lourde et inutile.

Pourtant, malgré des effets de style too much et des personnages écrits à la truelle, Dracula Untold parvient à tirer son épingle du jeu en assurant le spectacle. Après Hansel & Gretel – Witch Hunters ou encore I, Frankenstein, le film de Gary Shore réussit à ne pas sombrer dans le ridicule en proposant un ensemble suffisamment dynamique et impressionnant pour excuser les nombreux couacs, à condition de ne pas être vraiment regardant. Finalement, ça passe ou ça casse pour ce film vaguement inspiré par Dracula (et Game Of Thrones !).

Au casting, Luke Evans (Fast And Furious 6, Le Hobbit – La Désolation de Smaug…) mène la danse et s’en sort plutôt bien, même si, personnellement, je n’ai pas vraiment aimé le changement de look en cours de route (j’aime bien les capes). Face à lui, Dominic Cooper (Captain America – First Avenger, Need For Speed…) est toujours aussi approximatif et l’écriture bancale de son personnage n’aide pas à le rendre plus crédible, tandis que Sarah Gadon (Antiviral, Maps To The Stars, Enemy…) fait office de douce potiche trop fade dans un univers pas assez lugubre. En parlant de Game Of Thrones, justement, Charles Dance (Scoop, Underworld – Nouvelle Ère, Tywin Lannister dans GOT…) joue à nouveau les vampires à travers un personnage malheureusement secondaire et Art Parkinson (Rickon Stark dans GOT…) a enfin l’occasion d’en placer une.

En conclusion, en étant indulgent et en acceptant le fait que Dracula Untold n’est pas une véritable adaptation de la légende, le film de Gary Shore est finalement une assez bonne surprise, alliant action et fantastique pour offrir un divertissement attrayant et sympathique. L’approche emphatique et superficielle du film a tendance à affaiblir un ensemble qui avait toutes ces chances de tenir la route, cependant Gary Shore transforme le tout en un essai anecdotique qu’il faudra grandement corriger si cet opus se voit gratifier d’une suite. Mais j’en doute.

Don't worry, you too will be important someday...

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Une réflexion sur “Dracula Untold : Un divertissement léger et accrocheur

  1. « divertissement attrayant et sympathique »

    Je pense que tu as tout dit 🙂

    J’avais peur du navet à la I, Frankenstein puisque tu le cites, puis j’ai vu la BA. J’ai été rassuré, jusqu’à me motiver à aller voir le film, pour finalement comme toi en ressortir en étant satisfait, j’ai passé un bon moment !

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