Le Juge : Un face-à-face réussi, mais un peu long

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Délaissant ses habituelles comédies hollywoodiennes, David Dobkin revient avec un face-à-face plein d’émotions entre Robert Duvall et Robert Downey Jr dont les performances remarquables insufflent un véritable intérêt à une histoire peu originale. Parfois trop long, Le Juge a tendance à tirer sur la corde du mélodrame mais réussit à transformer une relation père-fils houleuse en un duel bouleversant et sincère.

Le pitch : Fils de magistrat, Hank Palmer, grand avocat, revient dans la petite ville de son enfance, où son père, qu’il n’a pas revu depuis longtemps, est soupçonné de meurtre. Il décide alors de mener l’enquête pour découvrir la vérité et, chemin faisant, renoue avec sa famille avec laquelle il avait pris ses distances…

Après des comédies à succès comme Serial Noceurs (2005) ou encore Échange Standard (2011), David Dobkin change de registre pour se tourner vers le drame familial. Sobre et élégant, Le Juge a l’attirail des grands films hollywoodiens, tant l’intérêt du film repose sur la performance de ses acteur. Deux grands Robert s’affrontent, l’un, oscarisé pour Tendre Bonheur en 1983, rappelant aux plus jeunes d’entre nous qu’il reste un grand acteurs, l’autre rappelant à tous qu’il est bien plus qu’un Tony Stark (Iron Man), car Le Juge n’est pas simplement l’histoire d’un procès. En effet, le film s’intéresse surtout à la relation difficile entre un père et un fils qui vont se retrouver presque malgré eux. Une collaboration qui, au fur et à mesure, que l’histoire avance, va faire des étincelles.
Plutôt que de viser le happy end à coup de baguette magique, Le Juge explore les désaccords et les non-dits qui animent les personnages, imageant parfaitement la force des liens du sang qui les poussent à maintenir le contact, malgré les nombreux éclats. Le Juge touche une corde sensible à travers une trame qui brasse de nombreux sujets douloureux (la perte d’un être cher, la maladie…) et réussit à proposer une histoire aussi dure qu’attendrissante, dans laquelle on plonge les yeux fermés. Heureusement, Le Juge échappe de justesse à la morosité qui lui tendait les bras, en proposant la collision de deux mondes, certes un peu clichée, mais toujours efficace, et surtout en misant sur des échanges forts et souvent plein d’humour. Probablement « le film de la maturité » pour David Dobkin, Le Juge s’interroge sur la famille et son héritage, aussi bien matériel qu’intellectuel et psychologique, en proposant un personnage qui va peu à peu se redécouvrir en renouant avec ses racines et en affrontant son père, sans pour autant sombrer dans la psychologie de comptoir.

Oui mais voilà, les ambitions trop évidentes de David Dobkin vont rapidement handicaper son film. Objectivement, Le Juge ne propose pas une histoire réellement novatrice et tient surtout grâce à l’interprétation géniale de ses acteurs principaux. Si j’apprécie l’aura « Clint Eastwoodienne » (le papy bourru et têtu, l’américanisme bien-pensant…), au fur et à mesure que le film abbat ses cartes, David Dobkin en fait trop et a tendance à proposer du pathos inutilement en étirant des scènes plus que de raison. Du coup, Le Juge donne l’impression d’être interminable alors qu’il se conclue sans surprise, ce qui finit par fausser l’authenticité du film.

Au casting, Robert Duvall (Le Parrain, Apocalypse Now, Jack Reacher…) et Robert Downey Jr (Iron Man, Sherlock Holmes, Tonnerre Sous Les Tropiques…) s’affrontent et s’apprivoisent dans un face-à-face époustouflant, aussi captivants l’un que l’autre. À leurs cotés, Vincent D’Onofrio (Sinister, New York – Section Criminelle…) et Jeremy Strong viennent compléter cette famille en pleine tourmente, tandis que Vera Farmiga (In The Air, Conjuring – Les Dossiers Warren…) et Billy Bob Thornton (Intolérable Cruauté, Faster…) apportent respectivement de la douceur et un dynamisme salvateur.

En conclusion, au-delà du film de procès attendu, David Dobkin dépeint une chronique familiale émouvante mais a tendance à trop forcer le trait. Malgré quelques longueurs qui rendent le film interminable et une tendance à virer au mélodrame emprunté, Le Juge reste en mémoire grâce à un duo d’acteurs excellents. À voir.

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I am… a lawyer.

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2 réflexions sur “Le Juge : Un face-à-face réussi, mais un peu long

  1. C’est EXACTEMENT ce que je me suis dit … en voyant la bande annonce. De très bons acteurs, mais une histoire dotée d’un fond un peu pauvre.

    Je n’irai pas au ciné pour ça, mais le voir en DVD par la suite pourquoi pas 🙂

    • Hello, le fond n’est pas pauvre, c’est plutôt la mise en scène qui gêne, car le film en fait trop et s’attarde pour faire du pathos. C’est dommage :-/

      Bon visionnage en DVD, alors 😀

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