Paradise Lost : Un piège haletant, malgré une mise en scène abrupte

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Tendu, sombre et haletant, Paradise Lost nous plonge dans l’univers haletant de Pablo Escobar. Pour son premier film, Andrea Di Stefano choisit de s’inspirer du plus légendaires des trafiquants de drogue pour dessiner un drame palpitant, mêlant une romance maudite et une confrontation de tous les instants entre le bien et le mal. Si Paradise Lost parvient à aller jusqu’au bout de ses idées et s’offre une performance superbe de Benicio Del Toro, la mise en scène maladroite et peu maîtrisée d’Andrea Di Stefano rend l’entrée en matière difficile tandis que le montage abrupt du film dérange. Une réussite mitigée, donc…

Le pitch : Nick pense avoir trouvé son paradis en rejoignant son frère en Colombie. Un lagon turquoise, une plage d’ivoire et des vagues parfaites ; un rêve pour ce jeune surfeur canadien. Il y rencontre Maria, une magnifique Colombienne. Ils tombent follement amoureux. Tout semble parfait… jusqu’à ce que Maria le présente à son oncle : un certain Pablo Escobar.

Après 5 ans de recherche sur Pablo Escobar, une chose est sûre, c’est qu’Andrea Di Stefano maîtrise son sujet. Bien que Paradise Lost n’est pas un biopic, tout ce qui a trait au personnage, de son attitude à ses possessions matérielles montrées dans le film, est authentique. Si le film démarre autour d’une romance (inventée), petit à petit Paradise Lost plonge dans une noirceur prenante et magnétique. Découpée en deux parties, les premières minutes sont solaires et pleine d’espoir, entre l’arrivée du jeune héros en Colombie, sa rencontre avec Maria puis son oncle, alors que les rêves d’avenir et de famille sont permis. Andrea Di Stefano joue avec l’image de Pablo Escobar en développant son coté humain, à travers une ambiance joviale et familiale tout en accentuant la loyauté de ses pairs, créant ainsi une intrigue inquiétante en parallèle. Rapidement, le héros est pris à la gorge en découvrant la face cachée de cet oncle pas comme les autres jusqu’au moment où Paradise Lost finit par prendre un franc virage vers le cœur de son sujet. Le rêve se transforme en cauchemar et nos jeunes héros vont devoir décider entre suivre et fuir, quitte à tout perdre. Paradise Lost est une véritable descente en enfer, orchestré par le pouvoir intransigeant de Pablo Escobar.
Si Andrea Di Stefano ne montre jamais le trafic de drogue, il s’attache à exploiter toutes les conséquences, entre le pouvoir démesuré et la cruauté incarnée, oscillant entre les deux visages de Pablo Escobar avec justesse. Rapidement, Paradise Lost s’éloigne peu à peu de la romance pour une approche plus tragique et parfois violente, pour se transformer en un piège haletant qui se referme sur les personnages, en en épargnant aucun. Au fur et à mesure que le masque tombe, Paradise Lost vit à travers les humeurs et les apparitions de son personnage phare (Pablo Escobar), toujours fascinant alors que l’homme et le monstre cohabitent sous la même peau. Quelque soit le coté de la barrière, tous sont prisonniers de leurs choix, qu’ils aient opter pour le bien ou le mal, comme s’ils étaient happés par une fatalité nerveuse et inexorable.

Malheureusement, Paradise Lost présente quelques ratés surtout au niveau de la mise en scène. Alors que tout démarre par un flash-forward maladroit qui dévoile quelque peu l’issue du film, c’est surtout le montage hachuré et maladroit qui pose problème. En effet, dès le début, le film donne l’impression de poser les bases à la hâte afin d’arriver rapidement dans le vif du sujet. Du coup, la romance a un coté préfabriqué et, au final, on ne s’attache pas vraiment à ces amants maudits et il faut vraiment s’accrocher pour entrer dans le film. Andrea Di Stefano propose quelques effets de style sans pour autant les maîtriser, ce qui donne un résultat souvent bancal et, notamment dans la conclusion du film qui se boucle avec un retour en arrière légèrement amateur.

Au casting, comme le souligne le réalisateur, il n’y avait que deux acteurs possibles pour incarner Pablo Escobar : Javier Bardem (Skyfall, Cartel…) ou Benicio Del Toro. Le second choix est très nettement le meilleur car Benicio Del Toro (Les Gardiens de la Galaxie, Savages, Che…) possède un charisme naturel et parvient avec un simple regard à plonger tout un film dans une noirceur sans fond. Face à lui, Josh Hutcherson (L’Assistant Du Vampire, Hunger Games…) est d’abord transparent, avant de tout donner dans la deuxième partie du film, tandis que Claudia Traisac reste en retrait.

En conclusion, Paradise Lost est à mi-chemin entre le drame intimiste et le thriller prenant. Andrea Di Stefano cristallise l’aura de Pablo Escobar dans un film inattendu qui, malgré ses défauts de rythme et de mise en scène, est particulièrement marquant et enivrant. À voir.

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