The Giver : Une intrigue trop survolée et mollassonne

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Lisse et un peu ennuyeux, The Giver est la nouvelle adaptation d’une saga littéraire, proposant une société organisée et aseptisée dans un futur proche et un nouvel héros amené à défier les lois en place. Si le concept est déjà vu, The Giver cherche une approche différente à travers la suppression des émotions des personnages. Malheureusement, le film de Phillip Noyce ne fait que stagner en surface, s’attardant sur des passages peu intéressants avant de se boucler trop hâtivement. Passant à coté du potentiel narratif de l’histoire, The Giver est une aventure adolescente pré-mâchée et plate, dans laquelle ennui et incohérence gâchent considérablement l’intérêt du film. Seul le maigre travail sur les couleurs et la photographie du film sauve The Giver du ratage total.

Le pitch : Dans un futur lointain, les émotions ont été éradiquées en supprimant toute trace d’histoire. Seul « The Giver » a la lourde tâche de se souvenir du passé, en cas de nécessité. On demande alors au jeune Jonas de devenir le prochain « Giver »…

Adapté d’une saga littéraire écrite par Lois Lowry (et produit par Jeff Bridges, fan des livres), The Giver a la lourde tâche de passer après Hunger Games, Divergente et Le Labyrinthe sur nos écrans (quelques jours avant la sortie du nouveau Hunger Games 3.1 qui plus est). Du coup, dès les premières minutes, les ressemblances sautent aux yeux, notamment avec le premier volet de Divergente, à travers une société, créée à partir d’événements dramatiques qui ont bouleversé l’humanité, où les adolescents se voient attribuer une tâche/un futur métier à un certain âge pour contribuer au bon fonctionnement d’une communauté, certes entravée, mais paisible. Et bien sûr, c’est à ce moment-là que Jonas, le héros du film, découvre qu’il est différent.
Malgré un concept similaire, le film de Phillip Noyce ne pousse pas l’adaptation plus loin et se contente d’explorer l’évolution de Jonas sans vraiment approfondir son personnage. Même sans avoir lu les livres, il est évident que certains informations ont été zappées entre le passage de la page blanche au grand écran. Si les enfants tiennent une place primordiale dans cette société modelée et sélectionnée dès la naissance, le film ne développe pas son fonctionnement, se contentant d’énoncer des règles sommaires et finalement obsolètes puisqu’il est évident que le héros va les violer à un moment ou à un autre. Clairement, The Giver s’en tient aux grandes lignes de l’histoire : de la romance tiédasse à l’envie de découvrir l’Ailleurs (cette contrée inconnue en dehors des frontières), en passant par ses difficultés à assimiler ses nouvelles responsabilités, soulevant ainsi des questions qui restent en suspens.

Au final, certains mystères restent entiers sur les origines de cette société utopique, tout comme son fonctionnement et la place de certains personnages secondaires, pendant que The Giver s’attarde sur Jonas qui découvre les fragments d’un passé… qui correspond à notre époque actuelle (sauf que le braconnage est apparemment la chose la plus horrible de la Terre…). Du coup, le film perd pas mal d’intérêt pendant une bonne partie de l’intrigue, notamment à cause des échanges entre Le Passeur et son élève qui n’apportent pas un réel rythme ni enthousiasme à un ensemble trop souvent assoupi. C’est à se demander si l’idée d’adapter l’histoire d’une société dénuée d’émotions au cinéma était pertinente, car la froideur générale du film l’ankylose beaucoup trop. D’ailleurs, est-ce que le vieillissement des personnages (sensés avoir douze ans dans le livre) était vraiment nécessaire ?
Trop pressé de délivrer son message gnan-gnan (il faut penser par soi-même, blablabla…), le film s’encombre de symboles qui, séparément, passeraient inaperçus mais une fois cumulés, il est difficile de passer à coté d’un sous-texte religieux mais jamais exploité : la société paisible et utopique, un arbre isolé que l’on retrouve également dans la décoration de la chambre de la petite sœur, les pommes qui permettent d’accéder à un savoir interdit… ça fait beaucoup et pourtant The Giver ne donne aucune clé à ce sujet !
De plus, The Giver laisse passer des raccourcis gênants, au-delà du manque de rythme et de la fin complètement bâclée, comme cette société utopique dépourvue de couleurs… et de gens de couleurs (qui appartiennent à un passé à oublier… hum-hum), la réalité de l’univers dystopique laissé en jachère et surtout la fixation sur le bébé Gabriel, qui a du ressortir extrêmement traumatisé de cette expérience !

En parlant de couleurs justement, c’est finalement un des rares aspects positifs du film qui démarre en noir et blanc pour traduire l’uniformité d’une société conditionnée et sans émotions. Cependant, The Giver ne propose pas vraiment de nouveauté en matière d’esthétisme ni de mise en scène, tant on retrouve de multiples références, entre Divergente (évidemment), mais aussi certains films fantastiques (Equilibrium, notamment).

Au casting : Jeff Bridges (True Grit, Tron, R.I.P.D. Brigade Fantôme…) et Meryl Streep (Un Été À Osage County, Tous Les Espoirs Sont Permis, La Dame De Fer…) sont les deux grands noms du casting qui attirent l’œil (comme Kate Winslet dans Divergente), or ils n’offrent qu’une performance tout juste correcte. À leurs cotés, Brenton Thwaites (Maléfique…) est trop rigide et n’entre pas vraiment dans son personnage à travers un jeu trop frileux et monotone, tandis que Katie Holmes (Jack et Julie, Don’t Be Afraid Of The Dark…) écope du rôle de maman chieuse agaçante dont le seul souci pendant tout le film est le vocabulaire que son fils utilise (!) et Alexander Skarsgård (True Blood, Battleship…) est totalement transparent.
Oh ! et après avoir racoler outrageusement un public adolescent en affichant la « chanteuse » Taylor Swift dans la distribution, elle n’apparaît finalement que deux minutes, ce qui, entre nous, est largement suffisant.

En conclusion, The Giver ne parvient pas à se démarquer, à mes yeux, dans cette course à l’adaptation littéraire à succès. Trop plat et sans véritable intérêt, le film de Phillip Noyce propose du déjà vu/déjà fait avec une facilité évidente. Dommage.

What's the story with the bikes anyway?

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