Rec 4 – Apocalypse : Tout juste divertissant mais très décevant

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Dans la catégorie des suites que personne n’attendait vraiment, je demande Rec 4 – Apocalypse. Le quatrième et dernier volet de la saga a certes gardé une ambiance noire et hystérique, malheureusement, le coté bricolé à la va-vite du scénario et un trouillomètre inexistant font du dernier film de Jaume Balagueró, seul cette fois, un ensemble chaotique et décevant. À ce stade et pour un tel réalisateur, le naufrage de Rec 4 – Apocalypse fait souvent mal aux yeux, tandis qu’à l’image on ne fait plus la différence entre le gore et les effets simplement dégoûtants. Après avoir vu le film, il est évident que le terme « Apocalypse » rajouté au titre n’est là que pour appâter le chaland. Apocalypse = 0 ; catastrophe : Rec 4.

Le pitch : Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal… Elle est amenée dans un quartier de haute-sécurité pour être mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux. Un endroit parfait pour la renaissance du Mal… L’Apocalypse peut commencer !

Jaume Balagueró et Paco Plaza ont démarré la saga [Rec] ensemble, en 2007, dans un premier film d’horreur efficace et hystérique sous forme de huis-clos sanglant et proposé sous forme de found-footage. Après un certain succès, les deux acolytes ont réalisé ensemble une suite sympatoche en 2009, puis Paco Plaza s’est lancé en solo sur un troisième opus en 2012, Rec 3 – Genesis, qui était en réalité un prequel osé, frisant souvent le ridicule mais dotée d’une ambiance suffisamment déjantée pour accrocher jusqu’au bout.

Puisque c’est chacun son tour, cette fois c’est Jaume Balagueró (Darkness, Malveillance…) qui revient seul pour boucler la saga avec un film au titre annonciateur, Rec 4 – Apocalypse, dont l’action se situe juste après le deuxième film.
Après un passage obligé dans le fameux immeuble afin de retrouver Angela, le film tente de lancer une nouvelle intrigue en changeant de décor. La première partie tourne autour du pot, pour installer une atmosphère mystérieuse et se mettre dans le bain, entre des recherches laborantines et une équipe visiblement sur les dents. Rec 4 – Apocalypse a tendance à s’attarder sur cette partie plus bavarde qu’intéressante, alors qu’il s’agit tout de même du quatrième volet : le public sait dans quoi il s’embarque depuis le temps, il aurait fallu entrer dans le vif du sujet. Au lieu de cela, Rec 4 – Apocalypse brouille les pistes à travers une Angela déboussolée, s’encombre de personnages un peu grotesques pour amuser la galerie (la vieille dame, par exemple) et traîne légèrement la patte, tout en distillant des infos qui laissent un peu perplexe, comme le fait que personne ne viendra sauver l’équipage ou qu’aucune communication vers l’extérieur est possible. Du coup, on devine dès le début l’issue du film…

En fait, le problème c’est qu’en s’étalant beaucoup sur les échanges et les explications dans la première partie du film, Rec 4 – Apocalypse laisse apparaître les faiblesses de son scénario, notamment lorsqu’il s’agit de parler du « Mal » qui sévit dans la franchise du film. Est-ce un virus ou une possession démoniaque ? Rec 4 – Apocalypse n’arrive toujours pas à choisir en ces deux versions et essaie toujours de faire cohabiter ces deux versions, tout en continuant de traiter ces personnages infectés comme des zombies. Même si le résultat à l’écran satisfait, le discours bancal et incertain du film fragilise sa compréhension et sa crédibilité.

Heureusement, l’action finit par démarrer et c’est partie pour la boucherie, les pustules purulents, l’arrachage de chair avec les dents en gros plan, les cris, les morts… Rec 4 – Apocalypse reprend les ingrédients clés de la saga pour mieux plonger le public dans l’horreur. Sauf qu’après 3 films, je m’attendais clairement à mieux. Le film est largement desservi par la mise en scène brouillonne du film. Dans le premier Rec, les prises de vues saccadées et souvent illisibles sont excusées par le coté found-footage du film. Cette fois, alors qu’il n’est pas question de found-footage, la caméra de Jaume Balagueró part dans tous les sens, ne laissant jamais le spectateur profiter de l’action, ce qui devient très rapidement agaçant. Tandis que Rec 4 – Apocalypse poursuit son scénario bricolé, le film ne parvient jamais à retrouver l’atmosphère angoissante et captivante des premiers films, se contentant de cumuler les scènes à la fois violentes et peu ragoûtantes pour camoufler les creux. En fait, si l’effort fourni sur les maquillages et autres effets visuels autour des « zombies / possédés » avait été le même pour la cohérence du scénario, Rec 4 – Apocalypse aurait été nettement plus réussi. Certes l’ensemble ne manque pas de dynamisme et reste suffisamment divertissant, le résultat est plus que décevant.
Annoncé comme le dernier volet de la saga, espérons que ce sera le cas vu le dernier plan du film 🙂

Au casting, Manuela Velasco reprend son rôle et, bien que le développement de son personnage est décevant, s’en sort toujours aussi bien. À ses cotés, de nouveaux visages : Paco Manzanedo et Héctor Colomé viennent relancer la trame avec autant de conviction que possible.

En conclusion, alors que j’avais aimé l’hystérie et le huis-clos angoissant du premier opus, Rec 4 – Apocalypse reprend les mêmes ingrédients horrifiques mais perd de son génie en eaux troubles. Entre une histoire inutilement emberlificotée et une caméra trop instable pour apprécier l’action, le film de Jaume Balagueró déçoit et conclue cette saga sur une fausse note. Tout juste divertissant, mais pas vraiment satisfaisant. À éviter.

Yeah. Blurry. Like all the interesting parts of the movie.

Yeah. Blurry. Like all the interesting parts of the movie.

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2 réflexions sur “Rec 4 – Apocalypse : Tout juste divertissant mais très décevant

  1. « Moa oci g eu tré peur » mais plutôt parce que la nullité intersidérale de l’ensemble m’a donné des sueurs froides… Pourtant, la première scène est cool (la montée dans l’immeuble, la pose des explosifs, toussa)(ça rappelle le premier, quoi) mais alors la suite, c’est juste du GROS N’IMPORTE QUOI.
    Mention spéciale à l’apparition inutile de la p’tite vieille, qui sort de nul part, histoire de faire le lien avec le troisième opus. Là, j’avoue, j’en suis restée bouche bée.

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