Rattrapage 2014 : Un Été À Osage County

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Le pitch : En famille, on se soutient. En famille, on se déchire… Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…

Adapté d’une pièce de théâtre, Un Été À Osage County met brillamment en abîme l’adage « on ne choisit pas sa famille ». Si Hollywood aime mettre en scène des familles dysfonctionnelles afin de creuser les différences et les secrets de famille scabreux, le film de John Wells est à un véritable cocktail émotionnel et explosif, dont la vérité cinglante éclabousse et laisse des traces indélébiles. Après la disparition du patriarche, trois sœurs reviennent à Osage County soutenir leur mère, traînant avec elles de lourdes valises pleines de blessures ouvertes. Entre remarques assassines et confessions brutales, Un Été À Osage County délie les liens altérés d’une famille bercée par la cruauté d’une mère cynique et un héritage familiale houleux. Le film de John Wells démontre brillamment à quel point il est difficile de couper le cordon tant le regard de nos parents influe sur le cours de nos vies. Un Été À Osage County fait l’effet d’une bombe à retardement qui se déploie avec une lenteur presque douloureuse, n’épargnant aucun personnage sur son passage. John Wells propose un film mené par des femmes brisées, à la fois accusateur et contemplatif, s’interrogeant sur la psychologie de ses personnages forgées par les non-dits et les sentiments refoulés. Au fur et à mesure que le film avance et que les vérités éclatent, Un Été À Osage County est un film rude, difficile à digérer car on a rarement vu une si belle galerie de personnages à la fois antipathiques, pleins de colère et pourtant touchants. Sans chercher à adoucir le ton ni à excuser ses personnages, le film de John Wells est d’une authenticité brutale, rendant hommage aux vraies familles, celles qui ne sont pas magnifiées par le bonheur superficiel d’Hollywood. Dans ce film, il n’y a ni véritables victimes, ni véritables méchants, juste des personnages condamnés à faire face à leurs choix. D’une pierre tranchante (la mère), John Wells touche trois cibles de façons différentes (les sœurs). Si derrière le comportement autoritaire de l’une, la soumission de l’autre et le coté permissif de la dernière se cachent un besoin irrépressible d’attention, Un Été À Osage County va repousser les limites jusqu’au point de non-retour.
Un Été À Osage County émeut souvent aux larmes, grâce à sa tension permanente qui ne laisse aucun répit et surtout grâce à un casting formidable qui tient en haleine de bout en bout. Parfois drôle, souvent révoltant, John Wells livre un film bouleversant et éclatant dans lequel il dissèque les liens familiaux et leurs impacts sur toute une vie avec une vivacité presque horrible.

Au casting : si Meryl Streep (The Giver, La Dame de Fer, Pas Si Simple…) n’a plus besoin de prouver l’étendue de son talent, elle ne cesse de surprendre dans ce rôle d’horrible mégère souvent dépouillée qu’elle incarne avec brio, ce qui lui a d’ailleurs valu une énième nomination aux Oscars en 2014 dans la catégorie « Meilleure actrice ». Pour moi, c’est surtout Julia Roberts (Blanche-Neige, Mange Prie Aime…), également nommée aux Oscars 2014 dans la catégorie « Meilleure actrice dans un second rôle » qui est tout simplement excellente dans ce film, dans un personnage incandescent et à vif. Autour d’elles s’agitent une tripotée d’acteurs sensationnels, qu’ils soient au premier ou au second plan : Julianne Nicholson (Masters Of Sex…), Ewan McGregor (The Impossible…), Juliette Lewis (Date Limite…) et Benedict Cumberbatch (12 Years A Slave…) s’illustrent dans cette ronde émouvante, entre éclats de rire, de larmes ou de colère. Margo Martindale (Sublimes Créatures…) est superbe dans un rôle souvent aussi dur que celui de Meryl Streep, face à un Chris Cooper (The Amazing Spider-Man – Le Destin D’un Héros…) solide. En queue de peloton, Sam Shepard (Mud…) n’apparaît que brièvement, suivi par Abigail Breslin (La Stratégie Ender…) en ado grinçante et Dermot Mulroney (Stoker…) en pièce rapportée.

En conclusion, si vous avez manqué Un Été À Osage County en début d’année, il n’est pas trop tard pour le découvrir. John Wells livre un film bouleversant, souvent douloureux mais porté par un casting superbe comme on aimerait en voir plus souvent.

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