Le Hobbit – La Bataille des Cinq Armées : Des adieux frustrants à la Terre du Milieu

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Pour cette critique, c’est Océane de Blockbuster Mania qui donne son avis sur le film 🙂

Nous y sommes. Il est temps de dire définitivement adieu à la Terre du Milieu. Un voyage commencé il y a plus de dix ans prend fin avec « Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées », dernier opus de la trilogie du Hobbit entamée en 2012 par Peter Jackson après la défection de Guillermo Del Toro. Cette fois, les adieux semblent bel et bien définitifs puisque les chances sont maigres de voir débarquer une adaptation du Silmarillon. Et après une « Désolation de Smaug » efficace mais incroyablement frustrante, on espérait que Jackson allait une fois pour toutes donner tout ce qu’il avait dans le ventre pour nous faire un dernier tour de piste spectaculaire et mémorable. Le problème étant malheureusement que si on se souviendra de ce dernier épisode, ce ne sera pas forcément que pour ses qualités

Le pitch : Atteignant enfin la Montagne Solitaire, Thorin et les Nains, aidés par Bilbon le Hobbit, ont réussi à récupérer leur royaume et leur trésor. Mais ils ont également réveillé le dragon Smaug qui déchaîne désormais sa colère sur les habitants de Lac-ville. A présent, les Nains, les Elfes, les Humains mais aussi les Wrags et les Orques menés par le Nécromancien, convoitent les richesses de la Montagne Solitaire. La bataille des cinq armées est imminente et Bilbon est le seul à pouvoir unir ses amis contre les puissances obscures de Sauron.

Le film reprend directement là où « La Désolation de Smaug » s’était achevée, avec le réveil du dragon et son envol meurtrier. On n’en dira pas plus, mais clairement, cette introduction aurait pu figurer dans « La Désolation de Smaug » sans que cela soit un souci. C’est le premier grand problème de La Bataille des Cinq Armées, tout aussi récurrent sur l’ensemble de cette trilogie : le découpage des parties est catastrophique, créant des cliffanghers artificiels rappelant une série TV. C’est d’autant plus dommage que Jackson offre une ébouriffante séquence pour conclure l’histoire du dragon, mais les enjeux annoncés pour la suite sont tellement forts, qu’on au final on n’est pas tellement intéressé de savoir le destin de Smaug.

Car sitôt ce dernier parti pour le paradis des Dragons, une autre bataille pour la montagne d’Erebor et ses richesses commence. Chaque camp a ses motivations différentes et n’hésitera pas à tuer pour l’obtenir : Bard veut donner un nouveau départ à sa ville détruite par le feu de Smaug, Thranduil désire y récupérer un collier pour une raison non explicitée dans le film, les Nains emmenés par un Thorin au bord de la crise de nerfs veulent récupérer l’Arkenstone, et voilà que les Orcs emmenés par l’increvable Azog s’en mêlent aussi. Bref, vous l’aurez compris, un sacré bordel se prépare, et c’est sans compter Gandalf qui devra faire appel à d’anciennes connaissances pour échapper aux griffes du Nécromancien. C’est d’ailleurs au fond l’un des aspects les plus satisfaisants de cette conclusion : avec ses noms subtilement balancés, ses thèmes musicaux revenant en boucle et le retour de quelques anciens, La Bataille des Cinq Armées donne immédiatement envie de se refaire la trilogie du Seigneur des Anneaux.

THE HOBBIT: THE BATTLE OF THE FIVE ARMIES

Avant d’en arriver là, nous devons faire nos adieux à des personnages que l’on a appris à plus ou moins apprécier. Le moins l’emportant le plus souvent sur le plus, car en dépit de quelques figures charismatiques comme Thorin ou Killi, la trilogie aura eu du mal à nous faire adhérer à ces personnages trop effacés pour être appréciés à leur juste valeur. Et même si Jackson tente de provoquer de l’émotion avec le destin de plusieurs d’entre eux, et qu’il parvient à plusieurs reprises à faire picoter nos yeux, ce n’est pas assez pour réellement nous émouvoir comme le « Retour du Roi », longtemps conspué pour ses fins à rallonge certes, mais qui dans son genre offrait une conclusion digne, marquante et émouvante à tous ses personnages, bons ou mauvais. Lorsque l’on sort de La Bataille des Cinq Armées, on est éblouis par le spectacle visuel proposé, mais à aucun moment on a ce pincement au cœur provoqué par la fin de la saga. Jackson peine à offrir une fin digne de ce nom et se contente de quelques ultimes plans sans trop savoir comment clôturer la chose.

C’est dommage car même là où l’on attendait, le film ne convainc pas totalement. Ses scènes de bataille que l’on voulait titanesques sont au final trop survolées, et à la folie démesurée d’une bataille du Gouffre de Helm ou de Minas Tirith vues dans Le Seigneur des Anneaux succède une succession de plans brefs et éloignés, donnant une idée bien vague du caractère spectaculaire de l’affrontement entre ces cinq armées. Pire, l’action du film préfère se concentrer sur des duels, loin du champ de bataille. Frustrant de voir que la principale raison pour laquelle Jackson a préféré un découpage du Hobbit en trois parties au lieu de deux est au final une occasion loupée. Surtout que dans le livre, Tolkien décide d’assommer Bilbo pendant la bataille et de le réveiller à sa fin. Alors évidemment, ce que l’on voit est aussi beau que d’habitude, le film enterre d’un point de vue visuel tout ce que l’on a vu cette année. Mais c’est peu, trop peu épique, comparé à « Une Aventure Inattendue » longuette mais bénéficiant de véritables morceaux de bravoure. Ici, les rares sont d’ailleurs réservés à Legolas.
Heureusement, le casting est là pour sauver le film de la déception. Martin Freeman (Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde, Sherlock…) offre une ultime performance honorable en Bilbon, ici davantage témoin de l’histoire que véritable héros. Il laisse le champ libre à Richard Armitage (Black Storm, Strike Back…), figure ambiguë et héroïque, pour accomplir son destin de Roi, tentant difficilement de ne pas céder à de vieux démons familiaux. Par miracle, il ne sombre pas dans la caricature malgré les nombreux pièges imposés par son rôle. Idem pour le reste de la distribution, dont ressortent surtout Luke Evans (Dracula Untold, Fast And Furious 6…) et Lee Pace (Les Gardiens De La Galaxie, Lincoln…), chacun à sa manière leaders d’une armée.

En s’éparpillant sur trop d’intrigues dispensables et en oubliant d’apporter de l’émotion à son ultime chapitre, cette Bataille des Cinq Armées frustre malgré ses évidentes qualités visuelles et musicales. Nos adieux à la Terre du Milieu ont un goût amer, et on aurait aimé une conclusion plus épique pour l’une des plus grandes sagas du cinéma.

What did they do to Daenerys? Damn you HBO! (hihi)

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