Cold In July : Un thriller nerveux gâché par une trame fragile

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Brut et amoral, Cold In July vient boucler cette fin d’année en proposant un thriller noir à la sauce redneck, à l’ensemble recherché malgré un résultat un poil mollasson. Entre quête de vérité et justice mal placée, Jim Mickle livre un film contrasté et étouffant, habité par un casting saisissant. Malheureusement, Cold In July mise bien plus sur le coté bad-ass et bourru de ses personnages, tandis que la trame du film s’essouffle entre manque de rythme et lenteur que même le dernier acte explosif ne parvient pas à relever.

Le pitch : 1989. Texas. Par une douce nuit, Richard Dane abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, il est malgré lui entraîné dans un monde de corruption et de violence.

Adapté du roman Juillet de Sang de Joe R. Lansdale, Cold In July se présente comme un thriller brûlant, sans parvenir à maintenir la vivacité nécessaire pendant tout le film. Perdu dans un coin du Texas dans les années 80, le film de Jim Mickle (We Are What We Are…) possède des atouts considérables, entre ses allures rednecks stylisées et une trame qui démarre avec des accents policiers. Après une introduction qui met rapidement dans le bain, Cold In July mue petit à petit sous nos yeux pour dévoiler sa véritable intrigue. En effet, on peut dire que la promotion autour du film est plutôt bien faite, car un rebondissement inattendu vient glacer une trame déjà bien sombre et transformer Cold In July en une croisade revancharde et amorale. Vrillé par une violence latente et des personnages oscillant entre la folie douce et le machisme texan, Cold In July nous entraîne dans un thriller viril et choc, où chaque rebondissement dévoile une réalité toujours plus horrible jusqu’à atteindre le point de non-retour. Au-delà de l’intrigue, le film explore des relations père-fils nerveuses, dans des tableaux poisseux et tâchés de sang, tout en surfant allègrement sur les limites du bien et du mal, avant de se déchaîner à la dernière minutes.

Seulement voilà, derrière un ensemble travaillé pour créer le choc aussi bien visuel que scénaristique, Cold In July se révèle bavard, souvent contemplatif et surtout très lent. En voulant forcer le trait sur ses personnages, Jim Mickle a tendance à broder dans les virages tant son histoire est aussi légère que déroutante. Si on apprécie le mélange des genres, entre western, film d’action et thriller, et le look ringard des eighties, animés par une bande-originale très fun, Cold In July peine à maintenir le rythme à cause d’une tension souvent inexistante. Si les dernières minutes sont explosives et carrément jubilatoire, cela ne parvient pas à rattraper un film plutôt éteint, malgré ses nombreux atouts.
Derrière la caméra, cependant, Jim Mickle revient de loin en enrobant Cold In July d’une photographie maîtrisée alternant le chaud et le froid, reprenant les codes visuels de films aux accents rednecks, à la fois âpres et fiévreux, tout en distillant des clins d’œil discrets aux films de John Carpenter (la voiture de Don Johnson !).

Au casting : Michael C. Hall (Kill Your Darlings, Dexter, Six Feet Under…), Sam Shepard (Cogan, Mud, Un Été à Osage County…) et Don Johnson (Django Unchained, Machete…) incarnent trois facettes chéries de l’Amérique profonde (le père de famille à tendance beauf, le loup solitaire aigri et le baroudeur un peu séducteur) avec une présence remarquable, sauvant in extremis le film de sa torpeur, tandis que Vinessa Shaw (Effets Secondaires, Two Lovers…) et Nick Damici (We Are What We Are, Premium Rush…) passent quasiment inaperçus.

En conclusion, si Cold in July est marqué par un trio d’acteurs brillants et une trame parfois imprévisible, le film de Jim Mickle préfère s’attarder sur ses personnages plutôt que d’étoffer une trame en perte de vitesse. Malgré un cocktail final explosif, on est loin de la tension attendue pour un film aux ambitions aussi affûtées et hors normes, résultat : on s’endort. Dommage.

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Hello, Christine!

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