[CRITIQUE] Kingsman – Services Secrets, de Matthew Vaughn

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Classe et déjanté, irrévérencieux et irrésistible, simple et original… Le nouveau film de Matthew Vaughn est plein de contradictions, prouvant que l’on peut encore adapter un comic book et partir d’une trame linéaire, sans pour autant servir du réchauffé. Kingsman – Services Secrets est mélange de genres explosif, entre divertissement jubilatoire et scènes d’actions ahurissantes, qui pourrait bien donner du fil à retordre aux prochains films de super héros… et au prochain James Bond. Enfant terrible du cinéma d’action moderne, Matthew Vaughn apporte une touche so british à un ensemble décomplexé et offre un Colin Firth en roue libre, tel qu’on l’a rarement vu auparavant, si bien que les petits défauts du film sont immédiatement pardonné tant le film est une pure tuerie. Foncez !

Le pitch : KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie ?

Mine de rien, Matthew Vaughn commence à être à la tête d’un petit nombre de gros films à succès. Si son premier film, Layer Cake (2004) n’a reçu « que » l’enthousiasme des aficionados du genre, Stardust 3 ans plus tard signe son talent pour les storylines un peu décalées où l’héroïsme naît là où on ne s’y attend pas. Puis Kick-Ass a été son premier grand succès international en 2010… et le réalisateur s’est éloigné de la suite pour faire revivre la saga X-Men avec sa First Class en 2011… Et le réalisateur a plus ou moins profité du retour de Bryan Singer pour s’atteler à son nouveau film. Etant donné que le travail de Mark Millar lui avait déjà porté chance, ce n’est pas étonnant que Matthew Vaughn ait décidé d’adapter un autre de ses comics, The Secret Services. Et une fois de plus, le succès est au rendez-vous !

Sortie de projo enthousiaste !

Sortie de projo enthousiaste !

Dans un registre démesuré où tout est permis, Matthew Vaughn s’approprie la comédie d’action en revisitant les codes d’une histoire simpliste auquel il ajoute son génie créatif. En effet, sur le papier l’histoire ne paie pas de mine : le gamin bad boy qui va être testé afin de rejoindre des services secrets super cools… ajoutons à cela une figure paternelle qui cache bien son jeu et un groupe d’ados dans lequel il y a forcément un gosse de riche arrogant… Pendant une minute, j’ai craint le syndrome Stormbreaker rencontrant Spy Kids croisé avec un sous Austin Powers (oui, j’ai de l’imagination).
Mais dès les premières minutes, Matthew Vaughn donne le ton, pas seulement avec des explosifs mais en introduisant des personnages marquants et un style d’enfer à ses scènes d’actions. Kingsman – Services Secrets a beau découlé d’une trame simpliste, c’est le traitement qui encore une fois fait toute la différence. Des films d’espionnage, on en a déjà vu ; des films où un ado passe à l’âge adulte tout en devenant un héros… déjà fait aussi. Pourtant, le film de Matthew Vaughn ne s’arrête pas à ces clichés et électrise son film grâce une mise en scène punchy et une écriture hilarante, ambitieuse et incroyablement jouissive, le tout boosté par des scènes spectaculaires. Avec son rythme effréné, Kingsman – Services Secrets apporte une dose d’adrénaline et d’originalité dans un cinéma de genre qui a tendance à virer au meme décérébré.

Croisement délirant entre un James Bond old school et so british avec l’humour décalé et l’effervescence enthousiaste d’un jeune Kick-Ass, Kingsman – Services Secrets est une bonne surprise, alliant insolence et classe ultime. Cependant si la fougue de Matthew Vaughn est communicative et visible, le film présente toutefois quelques défauts : le rythme saccadé est certes entraînant, mais laisse sous-entendre quelques coupes au hachoir lors du montage finale, tandis que certains effets spéciaux sont souvent peu subtiles, notamment lors des plans larges où parfois l’esthétisme laisse un peu à désirer (un « ascenseur » qui fleure bon le fond vers, les petites explosions pendant le générique du début ne sont pas très crédibles et parfois les jambes de Gazelle manquent de réalisme, même si le personnage est follement accrocheur). De plus, en s’efforçant de ne pas livrer un film au scénario trop attendu, certains personnages secondaires mis en valeur sont tout bonnement écarté lorsque l’aventure aborde son dernier acte (un petit clin d’œil à Gravity en passant…). Pas très subtil, encore une fois.
Heureusement, ce ne sont pas ces bémols qui empêcheront Kingsman – Services Secrets de marquer ce début 2015 en s’imposant comme un blockbuster jubilatoire avant l’heure.

Au casting (cinq étoiles), on y découvre le jeune Taron Egerton qui va, espérons-le, beaucoup faire parler de lui prochainement et ce serait mérité car éviter de tomber dans le cliché avec ce type de personnage n’est pas facile : il y parvient sans effort, tout en donnant une certaine profondeur à son personnage. À ses cotés, on y retrouve un Samuel L. Jackson (Captain America – Le Soldat de l’Hiver, RoboCop, Django Unchained…) hilarant, tandis que Michael Caine (Interstellar, Insaisissables..) continue de transpirer l’élégance quoiqu’il fasse, Mark Strong (Avant d’Aller Dormir, The Imitation Game…) joue la carte de la discrétion, Sofia Boutella (StreetDance 2…) surprend dans un rôle très… tranchant et Sophie Cookson a bien du mal à ne pas disparaître au sein d’un ensemble très imposant (surtout quand on voit comment son personnage est mis de coté à la dernière minute).
Mais finalement, c’est surtout Colin Firth (Avant d’Aller Dormir, Magic In The Moonlight…) qui tire son épingle du jeu avec un rôle carrément épique représentant tous les points forts du film : la classe british et l’inspiration déjantée. L’ex-Mr Darcy rajeunit d’une bonne dizaine d’années et électrise le film grâce à un jeu teinté de son flegme habituel (et craquant), tout en se réservant une scène absolument fantastique. Waouh !

En conclusion, pas de conclusion pour une fois ! Allez voir Kingsman – Services Secrets et éclatez-vous. Matthew Vaughn l’a fait.

Let's suit up.

Let’s suit up.

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