[CRITIQUE] Lazarus Effect, de David Gelb

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La vie après la mort ou les morts qui reviennent à la vie… Lazarus Effect surfe sur des thématiques chéries du genre horrifique pour proposer un film plutôt sympathique aux jumpscares efficaces, animé par une trame mystérieuse. Si le film de David Gelb manque parfois d’ambition et de vrais moments de terreur, le simple fait d’avoir un scénario suffisamment intéressant, entre croyances religieuses et théories scientifiques, permet au film de trouver un équilibre convaincant. L’intention est visible, le sursaut est imprévisible, Lazarus Effect présente certes des faiblesses au niveau de la structure et fera l’effet d’une récréation pour les habitués du genre, mais le film parvient à tenir ses promesses grâce à un ensemble finalement sombre et attractif.

Le pitch : Une équipe de chercheurs universitaires découvre comment ramener les morts à la vie. Ils n’imaginent pas ce que leurs expériences vont déclencher.

Si les productions Blumhouse semblent vouloir apposer leur marque dans le genre horrifique, il ne faut pas oublier que leurs succès propose aussi bien le pire que le meilleur, de la saga Paranormal Activity à Insidious, en passant par The Bay ou encore American Nightmare 1 et sa suite. En attendant le décevant prochain Ouija, c’est le film de David Gelb qui sort sur nos écrans. Valorisé par un casting aussi varié que prometteur, Lazarus Effect s’éloigne des soaps horrifiques pour teenagers à travers un film visiblement soigné dans lequel s’inscrit un scénario qui sait enfin prendre son temps pour installer une véritable atmosphère (malgré un temps incroyablement réduit : 1h23 !), déjà marquée par un générique stylisé.

En effet, si la première partie du film traîne un peu la patte, c’est pour mieux dresser un tableau crédible et accrocheur avant d’entrer dans le vif du sujet. Inspiré par la légende biblique de Lazare, David Gelb joue avec les croyances populaires en confrontant les explications paranormales multiples aux démonstrations implacables de la science. Certes, Lazarus Effect s’autorise des raccourcis hasardeux et un peu trop commodes pour avancer (le choix de tester le sérum sur un gros chien, puis adopter le chien bien qu’il soit un peu bizarre), mais le simili-sérieux des propos réussit à susciter de l’intérêt et à nous préparer pour la suite. En voulant jouer à Dieu, les personnages déclenchent une série de réactions en chaîne, oscillant entre la réalité et le cauchemar, tandis que le film explore les secrets les plus sombres de ses personnages entre culpabilité et fatalisme.
Truffés de jumpscares efficaces, Lazarus Effect préfère miser sur la surprise plutôt que sur l’angoisse. Si on ne peut échapper à certains éléments prévisibles, le film parvient toutefois à provoquer une légère tension, notamment grâce au mystère qui entoure le personnage principal. En effet, au lieu de composer un film à la hâte pour jeter simplement ses personnages en pâture, Lazarus Effect repose sur une seconde intrigue captivante qui maîtrise son avancée jusqu’au bout, révélant ses secrets petit à petit. Tout comme le premier Insidious qui proposait sa propre vision sur le monde inconscient, entre rêve et cauchemar, le film de David Gelb propose une théorie intéressante mêlant la vie après la mort et les conséquences de nos actes. Du coup, au lieu de faire vraiment peur, le film intrigue et s’articule autour des secrets de son personnage principal pour mieux répondre à une question qui fait froid dans le dos : les morts reposent-ils vraiment en paix ?

Finalement, malgré ses efforts, Lazarus Effect a tendance à botter en touche coté frissons. Si David Gelb parvient à installer une certaine tension, il semble toutefois avoir du mal à assumer ses idées jusqu’au bout. Du coup, l’horreur n’est pas vraiment au rendez-vous, puisque le film s’avère plutôt light, d’une part parce que les scènes vraiment percutantes n’aboutissent pas. Le film mixe des effets de style discutables (des images qui flashent pour masquer les défauts de mise en scène, des scènes tronquées par un montage hâtif…) et une facilité dérangeante qui nuisent finalement aux quelques points forts du film, dont il faut trop souvent excuser les écarts. Certes l’idée générale du film est originale, on ne parle pas vraiment de zombie ni de démon, et propose une réflexion différente des films de fantômes/zombies/démons, mais Lazarus Effect a tendance à trop puiser dans un fourre-tout général dans lequel on retrouve même un petit peu de Lucy (de Luc Besson), mais surtout pas mal de déjà-vus en matière de mise en scène.

Au casting, Olivia Wilde (Puzzle, Her, Drinking Buddies…) porte le film sur ses épaules et grâce à son visage charismatique, l’actrice parvient, en un regard, à semer le trouble avec une aisance séduisante tant ce genre de personnage lui sied comme un gant. À ses cotés défilent des seconds rôles plus ou moins interchangeables, souvent issus de séries télé : Mark Duplass (The Mindy Project, Togetherness…) délaisse son registre comique habituel pour un rôle plus sérieux, tout comme Donald Glover (Community…), tandis qu’Evan Peters (American Horror Story, X-Men : Days Of Future Past…) et Sarah Bolger (Once Upon A Time, Mixology…) s’en sortent légèrement mieux.

En conclusion, Lazarus Effect est un film d’horreur sympathique, qui aurait mérité de voir certaines idées explorées jusqu’au bout pour être réellement flippant. Desservi par un manque d’ambition certain et une production misant trop souvent sur le petit budget qui vire au home-made, le film de David Gelb voit son scénario original pâtir d’un traitement souvent bancal qui repose bien trop souvent sur des jumpscares et les travers de films de genre. Malgré tout, si on adhère au concept, Lazarus Effect intrigue et peut même plaire. À voir.

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