[CRITIQUE] Still Alice, de Wash Westmoreland et Richard Glatzer

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Émouvant et triste, Still Alice est un drame sensible qui retrace le combat d’une femme atteinte d’Alzheimer. Avec simplicité et beaucoup de tendresse, le film de Wash Westmoreland et Richard Glatzer livre une histoire terrible, offrant une approche réaliste et touchante de la maladie, sans jamais sombrer dans le pathos grâce à une Julianne Moore parfaite et lumineuse. Néanmoins, malgré une tonalité positive, Still Alice aborde un sujet fort, jamais vu sous cet angle au cinéma, dont la tristesse est affreusement contagieuse.

Le pitch : Mariée, heureuse et mère de trois grands enfants, Alice Howland est un professeur de linguistique renommé. Mais lorsqu’elle commence à oublier ses mots et qu’on lui diagnostique les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, les liens entre Alice et sa famille sont mis à rude épreuve. Effrayant, bouleversant, son combat pour rester elle-même est une magnifique source d’inspiration.

Adapté du roman de Lisa Genova, le film de Wash Westmoreland et Richard Glatzer se démarque grâce à une trame écrite avec simplicité et à la performance incroyable de son casting. Still Alice s’articule autour d’une femme atteinte d’une rare forme de la maladie d’Alzheimer et ce diagnostic va toucher toute sa famille. Le film installe d’entrée de jeu des conditions optimales pour ne pas sombrer dans le mélodrame larmoyant en proposant des personnages issus d’un milieu privilégié et une héroïne à la carrière réussie. D’un coté, on pourrait penser que l’histoire opte pour la facilité en proposant une famille aisée plutôt qu’une trame plus accessible et malheureusement plus sombre sur le quotidien des personnes atteintes par cette maladie et qui n’ont pas la chance d’avoir un tel niveau de vie ou des proches pour les aider, mais d’un autre coté, Still Alice peut ainsi se focaliser librement sur la réalité de la maladie sans stigmatiser ses personnages.

Des petits oublis faussement anodins aux trous de mémoire déstabilisants, Still Alice parvient à dépeindre l’angoisse grandissante de son personnage principal à chaque moment où son état empire, à travers des scènes clés (les toilettes…) et des plans silencieux qui traduisent visuellement l’absence de souvenirs. Grâce à une approche sobre et accessible, le film observe toute une famille évoluer avec la maladie, oscillant entre le courage et le fatalisme. Wash Westmoreland et Richard Glatzer ne laissent rien au hasard : en effet, si Alice est évidemment au centre du film, les réalisateurs capturent des moments éprouvants, sans jamais perdre de vue le lien ténu qui permet à cette famille de tenir le coup, tout en brossant des personnages désarmés avançant à l’aveugle. En effet, le film aborde avec justesse les conséquences et les dommages d’une maladie encore très peu identifiée aujourd’hui, obligeant toute une famille à s’ajuster autour d’Alice, tandis que cette dernière perd prise peu à peu.

Cependant, avec un sujet aussi lourd, la mélancolie est bien évidemment au rendez-vous. Si Still Alice est remarquable dans le traitement d’un drame aussi intense, Wash Westmoreland et Richard Glatzer ont tendance à utiliser toutes les ficelles possibles pour créer de l’émotion qui, parfois, peut être forcée (notamment lors du fameux discours). Bien que le film tente d’alléger le tableau avec quelques touches d’humour, Still Alice reste avant tout un film poignant qui, malgré une approche touchante et humaine, diffuse une tristesse assez contagieuse.

Au casting, Julianne Moore (Hunger Games : La Révolte – Partie 1, Maps To The Stars, Don Jon…) a bien mérité ses nombreuses récompenses (un Oscar, un Golden Globe, un BAFTA, un SAG, etc…) et livre une performance superbe, épaulée par un Alec Baldwin (Blue Jasmine, Les Cinq Légendes…) tout en retenu et touchant. À leurs cotés, Kristen Stewart (Sils Maria, Camp X-Ray…) est parfaite dans son rôle de mouton noir et rebelle de la famille, tandis que Kate Bosworth (Homefront, Big Sur…) agace et que Hunter Parrish (The Good Wife, The Following…) disparaît dans le décor.

En conclusion, Still Alice est un premier film éclairé et sensible, qui aborde un sujet aussi délicat que poignant. Wash Westmoreland et Richard Glatzer livrent un film authentique, mis en valeur par la performance élégante et remarquable d’une Julianne Moore absolument sublime et vraie. À voir (un jour où vous êtes plutôt de bonne humeur, quand même).

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Honey, I may forget things, but I’m pretty sure that vampire don’t sparkle in the sun.

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