[CRITIQUE] Diversion, de Glenn Ficarra et John Requa

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Frais, divertissant et glamour, Diversion est un film d’escrocs comme on les aime : aussi prenants qu’irrésistibles. Le film de Glenn Ficarra et John Requa parvient habilement à surprendre en surfant sur une trame faussement prévisible, pour mieux rebondir en créant des retournements de situations bluffants. Ainsi, si certains moments sont un peu trop tirés par les cheveux, Diversion séduit amplement grâce à un ton léger et un duo charismatique qui crève l’écran. Dans ce registre, on a rarement vu plus fun depuis Ocean’s Eleven !

Le pitch : La relation entre un arnaqueur professionnel et une apprentie criminelle vient perturber les affaires de chacun, quand ils se recroisent quelques années après leur première rencontre.

Le truc quand on propose un film d’arnaqueurs, c’est qu’il faut réussir à piéger des spectateurs déjà bien rodés au genre, tout en proposant un film aussi divertissant que bluffant. Depuis Ocean’s Eleven, bien des films se sont vautrés en cherchant à appliquer la même recette (pourtant pas inédite, cependant) à la lettre, sans réussir à recréer l’effet de surprise. Cette fois, avec Diversion, la promesse est tenue : Glenn Ficarra et John Requa (I Love You Phillip Morris, Crazy, Stupid, Love…) réussissent à combiner un scénario truffés de rebondissements inattendus, tout misant toutefois sur des twists tirés par les cheveux qui passent comme une lettre à la poste grâce à un second degré très présent. Diversion abuse certes des clichés, mais le film parvient à les mettre en scène avec un tel panache et une telle aisance, qu’en plus de nous en mettre plein la vue, on ne peut qu’adhérer à ce cocktail dynamique et rafraîchissant. Si le public n’est pas dupe, le jeu est tellement fun qu’on se laisse agréablement embarqué dans l’euphorie ambiante pour la simple et bonne raison que Diversion est animé par un duo plein de charme.

En effet, au-delà des multiples pièges pour voler de l’argent (et qui rendent légèrement parano), le film mise sur le jeu de séduction d’un couple hyper attachant. Dans une version délirante où Hitch est devenu un voleur haut de gamme, on retrouve un Will Smith en forme et charmeur qui, entre de leçons de pickpockets, rencontre une sublime Margot Robbie, à l’aise dans le cliché de la jolie blonde sans pour autant virer potiche. Entre romance et chantage affectif, nos deux héros ne cessent de se percuter, jouant avec les faiblesses de l’un et les sentiments de l’autre, si bien que leur relation captivante à tendance à occulter la facilité certaine de l’intrigue générale. Du coup, même si certains passages sont beaucoup trop gros pour être vrai (le chiffre 55 et le twist final en tête de liste), Diversion réussit quand même à tirer son épingle du jeu en se focalisant plus sur son duo de choc que sur ses rebondissements qui ne font, finalement, que renforcer l’attachement envers (et entre) ces deux personnages.

En fait, le tour de force, ce n’est pas simplement d’arriver à nous faire croire au film, c’est surtout qu’on a envie d’y croire et tout est fait pour : Diversion allie le rythme et l’action pour créer un ensemble dynamique qui ne ralentit jamais, tandis que le face-à-face entre escrocs le rend toujours plus captivant. Alors qu’on finit par se demander comme tout cela va se terminer, Diversion séduit littéralement, avec beaucoup d’humour et sans jamais se prendre au sérieux, contrairement à un film comme Insaisissables qui abordait ses tours de passe-passe avec beaucoup de 1er degré et bien trop d’effets spéciaux pour être réaliste ou crédible. Ici, le film de Glenn Ficarra et John Requa assume totalement son bluff et ça fonctionne.

Au casting, Will Smith reprend du poil de la bête après un bon passage à vide (After Earth, Légendes vivantes, Un Amour d’Hiver) et revient avec un rôle irrésistible et solide, tandis que Margot Robbie (Le Loup de Wall Street…) joue de son rôle de jolie ingénue sans jamais desservir son personnage (soulignons également le fait que le couple phare du film est mixte, phénomène relativement rare au cinéma). A leurs cotés, bien que très secondaires, Rodrigo Santoro (300 – Naissance d’un empire…), Gerald McRaney (L’agence Tous Risques…) et Adrian Martinez (American Bluff…) font des passages remarqués.

En conclusion, au-delà du film d’arnaque, Diversion est un excellent divertissement coloré et glamour. Les réalisateurs Glenn Ficarra et John Requa propose une nouvelle comédie surprenante et rythmée, dans laquelle l’humour et le second degré rendent la simplicité des ficelles scénaristiques plus faciles à digérer. Malgré ses faiblesses, Diversion est un régal, habité par un duo irrésistible. À voir !

On va chinois ou chez toi ?

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