[CRITIQUE] Cendrillon, de Kenneth Branagh

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La Princesse (avec un grand P) s’offre une nouvelle adaptation au cinéma en prise de vues réelles. Après Blanche-Neige et Maléfique, les studios Disney offre un nouveau souffle à Cendrillon, à travers un film attendrissant qui recapture la féerie et la magie du plus célèbre des contes de fées grâce à des effets spéciaux ravissants et une photographie superbe. Cependant, j’aurai pu tout à fait retomber en enfance si le ton du film n’était pas aussi enfantin. Cendrillon est un dessin animé que je revois aujourd’hui avec grand plaisir, en excusant volontiers son pendant hyper archaïque car cela reste une histoire qui me fait rêver ; mais avec le film, l’histoire en fait beaucoup trop et cumule les scènes contemplatives. Du coup, si Cendrillon sera un véritable succès auprès des petites filles enfants, chez les adultes, la trame un poil trop naïve aura tendance à atténuer la magie.

Le pitch : Le père d’Ella, un marchand, s’est remarié après la mort tragique de la mère de la jeune fille. Pour l’amour de son père, Ella accueille à bras ouverts sa nouvelle belle-mère et les filles de celle-ci, Anastasie et Javotte. Mais lorsque le père d’Ella meurt à son tour, la jeune fille se retrouve à la merci de sa nouvelle famille, jalouse et cruelle…

Entre classicisme, amours maudites et quelques ombres dans sa filmographie, Kenneth Brannagh (Beaucoup de bruit pour rien, Thor, The Ryan Initiative…) retrouve son thème favori, la romance intemporelle avec le film Cendrillon. Si les studios Disney ont décidé de donner une seconde vie à leurs contes classiques, l’adaptation de Cendrillon en film était la plus attendue… bien que ce ne soit pas la première ! En effet, le personnage de Cendrillon a déjà été revisité plus de 20 fois en téléfilms et au cinéma (incluant le tout récent Into The Woods), restant à ce jour une histoire d’amour merveilleuse (bien qu’inaccessible) dont on ne se lasse pas. Qu’on se l’avoue ou non, nous avons tous(tes) rêvé du prince charmant, enfant ou adulte, malgré le coté archaïque et superficiel qui bout en filigrane.

Aujourd’hui, Cendrillon bénéficie de la technologie actuelle pour prolonger le rêve en proposant un film visuellement époustouflant, qui surpasse largement le ton enfantin du film. Proche du conte, le film de Kenneth Branagh étoffe son scénario en s’attardant un peu plus sur le passé de notre héroïne, de la perte de ses parents à son destin de souillon sous le joug de son affreuse belle-mère. Injustice et bons sentiments composent la première partie d’un film qui s’échine à nous attacher à notre héroïne, tout en évitant d’assombrir le tableau et de garder une atmosphère positive, bien que le meilleur reste à venir. Kenneth Branagh suit le conte Disney à la lettre, du parcours de l’héroïne à la présence inévitable de ses (mignons et marrants) animaux de compagnie, sans pour autant oublier de puiser quelques inspirations dans l’histoire originale, mais au-delà du parcours de notre héroïne, bien connu de tous, le film mise avant tout sur l’émotion.

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En effet, grâce à une photographie lumineuse et soignée jusque dans les détails, Cendrillon est un émerveillement sans cesse. Le film écume des tableaux somptueux, de jour comme de nuit, en intérieur ou en extérieur : dorures, paysages, costumes… Chaque plan offre un visuel magnifique qui prolonge la magie et nous fait immédiatement retomber en enfance. Ouvertement destiné à un public féminin (enfants et adultes ayant gardé une âme d’enfant), Cendrillon se tisse aux frontières du réel pour souligner une histoire d’amour légendaire qui, malgré sa naïveté, réussira toujours à attendrir les plus sceptiques d’entre nous.
Cependant, malgré un ensemble ravissant, le film de Kenneth Branagh ne parvient pas à s’extirper du film pour enfant. Alors que le dessin animé est bien plus court, le film a bien du mal à combler le manque à gagner et se perd dans des scènes purement contemplatives qui ne font que laisser une empreinte naïve sur le film. Si certains passages méritent amplement que l’on s’y attarde (la transformation de la robe, l’arrivée au bal…) et que les touches d’humour sont agréablement apportées par les animaux (l’oie curieuse en tête de liste), Cendrillon est ampoulé par des dialogues bien trop mielleux et bienséants, tandis que les personnages principaux ont tendance à rivaliser avec Edward et Bella de Twilight tant ils ne cessent de s’observer dans le blanc de la rétine, au cours de face-à-faces ruisselants de guimauve. Certes, les enfants n’y verront que du feu, mais pour regard plus adulte, Cendrillon aura tendance à en faire trop. Alors que le dessin animé continue de faire rêver, l’histoire d’amour dans Cendrillon reste mignonnette et se fait voler la vedette par l’aspect visuel du film.

Au casting, Lily James (La Colère des Titans, Downton Abbey…) incarne Cendrillon et s’en sort plutôt bien compte tenu du ton adopté pour le film, malgré une tendance à opter pour un jeu parfois mièvre, et Richard Madden (Game Of Thrones, Chatroom…) peut enfin aspirer au trône sans craindre d’y laisser la vie (il fallait que je la fasse !!!), en incarnant un prince charmant lisse et agréable. À leurs cotés, l’excellente Cate Blanchett (Dragons 2, Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées, Blue Jasmine…) épice l’ensemble, avec une performance parfaite dans laquelle elle joue beaucoup avec sa voix pour étoffer son rôle, tandis que Holliday Grainger (The Borgias, The Riot Club…) et Sophie McShera (Downton Abbey, Galavant…) l’accompagnent en interprétant les fameuses demi-sœurs, malheureusement plus chipies que détestables. Egalement présents, Helena Bonham-Carter (Lone Ranger, Dark Shadows…) s’amuse avec son personnage de bonne fée, Hayley Atwell (Agent Carter, Captain America – Le Soldat de l’Hiver…) perd son temps, tandis que Stellan Skarsgard (Thor – Le Monde des Ténèbres, Nymphomaniac…), Nonso Anozie (Game Of Thrones, The Ryan Initiative…) et Derek Jacobi (Grace de Monaco…) viennent étoffer les rôles secondaires masculins.

En conclusion, si Kenneth Branagh parvient à renouer avec la magie et l’émerveillement du conte populaire grâce à un visuel époustouflant, Cendrillon a pourtant bien du mal à rivaliser avec le dessin animé de 1950. À cause d’une trame étirée et trop souvent contemplative, Cendrillon propose un divertissement parfois trop enfantin, qui aurait gagné à miser sur une double lecture afin d’atteindre ceux et celles qui, malheureusement, ne croient plus aux princes charmants. Néanmoins, Kenneth Brannagh livre un film abouti et fidèle, rehaussé par des décors, des costumes et une photographie vraiment spectaculaires. À voir.

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>>> Le court-métrage La Reine des Neiges – Une Fête Givrée sera diffusé avant le film. Mon avis ici.

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