[CRITIQUE] Les Enquêtes du département V : Profanation, de Mikkel Nørgaard

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Noir, glauque et captivant, le deuxième volet des Enquêtes du département V, Profanation, sonde la noirceur de l’âme humaine à travers un thriller fascinant. En débroussaillant le passé, le film de Mikkel Nørgaard offre une intrigue qui s’enfonce toujours un peu plus dans l’horreur, à travers des personnages extrêmes et une société ambiguë. Si le film met du temps à démarrer, Profanation rappelle souvent la saga suédoise Millenium et propose une seconde partie haletante.

Le pitch : En 1994, un double-meurtre défraye la chronique. Malgré les soupçons qui pèsent sur un groupe de pensionnaires d’un internat, la police classe l’affaire, faute de preuve… Jusqu’à l’intervention, plus de 20 ans après, du Département V : l’inspecteur Carl Mørck, et Assad, son assistant d’origine syrienne, spécialisés dans les crimes non résolus. Ensemble, ils rouvrent l’affaire qui les amène à enquêter sur un des notables les plus puissants du Danemark.

Adapté d’une saga littéraire danoise écrite par Jussi Adler-Olsen, le premier volet des Enquêtes du département V, Miséricorde, est déjà disponible en e-cinema depuis le 27 mars dernier. Si les deux films ont un sujet de fond différent et que les deux héros ont tendance à rouvrir des enquêtes du passé, Profanation se révèle bien plus dark et plus violent que le premier opus.
La première bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’avoir vu Miséricorde pour comprendre Profanation, car si on retrouve les mêmes enquêteurs et que le Département V n’en est plus à sa première enquête, le film permet rapidement de se familiariser avec le caractère bougon et taciturne de l’inspecteur Mørck, avant d’enchaîner sur une nouvelle histoire. S’enfonçant dans les sphères de la haute société, Profanation dissèque une intrigue multiple qui s’étoffe lentement mais sûrement autour d’un double meurtre sordide. Le film de Mikkel Nørgaard oscille habilement entre l’enquête policière sinueuse où chaque nouvel indice révèle un secret encore plus tordu, tandis que le coté thriller du film intensifie une trame glauque et complexe mais de plus en plus palpitante. Ce qui fait la réussite du film, ce sont surtout la noirceur de ses personnages, qu’ils soient du bon ou du mauvais coté. Alors que notre héros est obsédé par son travail et délaisse son fils, le film dresse également des portraits démoniaques, que le Mal habite depuis le plus jeune âge. Pervers et déroutant, Profanation affiche des personnages malsains, perturbés et jusqu’au-boutistes déguisés en personnalités influentes et intouchables, comme un véritable parallèle aux maux de nos sociétés aujourd’hui (la face cachée des politiciens, par exemple…).

Si le film met pas mal de temps à démarrer à cause d’une première partie finalement bavarde (et le danois n’est pas la langue la plus jolie à entendre), c’est surtout l’ambiance glauque et poisseuse qui maintient en haleine, en plus d’une trame qui prend un malin plaisir à détruire l’innocence déjà fanée de ses protagonistes. Il faudra cependant attendre la deuxième moitié du film pour que l’action prenne finalement le dessus, car une fois les pièces du puzzle assemblées, Profanation passe enfin à l’étape suivante en reliant tous ses personnages dans le présent. La saga suédoise Millenium ayant déjà pavé le chemin, le film de Mikkel Nørgaard suit ses traces à travers la relation trouble entre l’inspecteur Mørck et un personnage féminin aussi atypique que l’était celui de Lisbeth Salander, tout en proposant une intrigue viscérale et macabre misant sur des révélations chocs et des travers humains oscillant entre le sadisme et le mal incarné.

Au casting : Nikolaj Lie Kaas joue les policiers bourrus sans pour autant être détestable grâce à des touches d’humour qui viennent alléger son personnage, tandis que Fares Fares le seconde avec bonhomie, agissant comme un repère émotionnel pour le public. À leurs cotés, Danica Curcic est troublante et superbe dans un rôle enragé.

En conclusion, dérangeant et fascinant à la fois, Les Enquêtes du département V : Profanation remet au goût du jour les thrillers nordiques, grâce à une intrigue aux couches multiples qui s’enfoncent toujours plus dans un univers encore plus sordide que le précédent. En dessinant des personnages horribles aux facettes sanguinaires et malsaines, le film de Mikkel Nørgaard captive comme un plaisir coupable, attisant le coté voyeur de son public. Intéressant et à voir.

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le tabac c’est tabou…

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