[CRITIQUE] Avengers : L’Ère d’Ultron, de Joss Whedon (sans spoiler)

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3 ans après le premier Avengers, nos super héros se réunissent une nouvelle fois à l’écran pour un second volet ambitieux et très attendu. Rythmé, mature et dense, Avengers : L’Ère d’Ultron est une avalanche d’actions fun, spectaculaires et assumées qui tissent néanmoins une intrigue intéressante permettant aux personnages de continuer à évoluer et à se dévoiler. Habitué à jongler avec plusieurs personnages, Joss Whedon conserve l’équilibre entre ses héros, tout en assurant habilement du « fan service » jubilatoire, avec un humour décomplexé et une idée derrière la tête. Si ce film était attendu au tournant, le défi est relevé : en se démarquant du one shot épique, Avengers : L’Ère d’Ultron propose une histoire aboutie et effervescente, confrontant nos héros à un vilain intime et retors, dont on ressort à bout de souffle ! Avengers, assemble !

Le pitch : Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine.
Afin d’empêcher celui-ci d’accomplir ses sombres desseins, des alliances inattendues se scellent, les entraînant dans une incroyable aventure et une haletante course contre le temps…

En avril 2012, le film Avengers, réalisé par Joss Whedon, déferlait sur nos écrans comme un raz-de-marée épique, réunissant pour la première fois à l’écran Iron Man, Hulk, Captain America, Thor et les agents du SHIELD dont Hawkeye, Black Widow et Nick Fury.
Avec la sortie de ce second volet, autant éviter dès maintenant de jouer au jeu des sept erreurs : Avengers : L’Ère d’Ultron n’a pas le même but qu’Avengers. En effet, si le premier film bouclait la première phase du Marvel Cinematic Universe (MCU), il avait surtout pour objectif d’offrir un condensé de fun épique et délirant permettant à nos super héros favoris de nous en mettre plein la vue. Certes, Avengers avait ses défauts, notamment un bon gros problème de rythme, mais le film se rattrapait largement en assurant le show et en offrant un final explosif et mémorable, que je résume personnellement en deux mots : énorme kiff.

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Trois ans et quatre films plus tard, le MCU a affiné ses intrigues au cours d’une Phase 2 surprenante et a trouvé son équilibre entre le fan service et le divertissement intelligent permettant de tenir sur la durée. En reprenant les mêmes ficelles que le premier film, Avengers : L’Ère d’Ultron est avant tout un film d’action qui s’inscrit dans la lignée de Captain America – Le Soldat de l’Hiver : dès l’introduction, Joss Whedon met le paquet avec un plan séquence folie qui, en plus de rappeler celui d’Avengers, nous plonge directement dans le bain. Face à une nouvelle menace, nos héros se retrouvent au cœur d’une bataille initiée involontairement par Tony Stark. Mais au-delà des affrontements toujours plus spectaculaires, c’est à travers son histoire et l’évolution de ses personnages qu’Avengers : L’Ère d’Ultron se distingue. En effet, si le film garde un ton décontracté assumant parfaitement son caractère super héroïque, le film de Joss Whedon lance pas mal de pistes intéressantes aussi bien pour le film que pour la suite des événements du MCU. Grâce à un peu de magie, les craintes de nos héros se dévoilent et malgré des aspirations pacifistes, Avengers : L’Ère d’Ultron est une ode à la destruction massive et inévitable. Sous ses airs de blockbusters, Joss Whedon ne laisse finalement rien au hasard pour les spectateurs les plus avertis, tandis que le rythme effréné du film nous embarque sans effort du début à la fin. Evidemment, la construction du film reste linéaire : un méchant puissant apparaît et il faut le vaincre, mais cette fois Ultron évoque des problématiques neuves et inexploitées jusqu’à présent remettant en cause l’utilité de ces super-héros et le danger qu’ils représentent (à l’opposé de celui qu’ils tentent d’éviter).

Visuellement, Joss Whedon met les bouchées doubles et envoie du lourd. C’est là qu’on voit la différence entre l’amateurisme et les cinéastes appliqués, notamment à travers une mise en scène fluide alors que les affrontements surgissent dans tous les sens, laissant peu de répit. L’univers graphique est nettement plus sombre, évitant les couleurs prononcées pour une photographique métallique pour coller à la nouvelle tonalité du film.
C’est le souffle court et souvent bouche bée qu’Avengers : L’Ère d’Ultron se découvre, car le film utilise le potentiel de ses personnages au maximum et comprend le but d’avoir une équipe de super-héros en les faisant travailler ensemble. Tout au long du film, les rebondissements et les affrontements se succèdent, aussi différents qu’étourdissants, dans une surenchère d’effets spéciaux, sans jamais en perdre une miette grâce à des scènes lisibles, même en 3D, et un traitement plus ou moins équitable des personnages déja connus, notamment à travers le retour d’Hawkeye au statut de véritable membre de l’équipe. On pourrait penser qu’avec l’arrivée de nouveaux super héros (Quicksilver, Scarlet Witch et Vision), le tout serait plutôt fouilli, mais le « Dieu Whedon » ne se laisse pas intimider par le surnombre, ni par la compétition. Bien qu’un Quicksilver ait déjà été adapté à l’écran dans X-Men Days Of Future Past l’année dernière, Avengers : L’Ère d’Ultron propose une version différente du personnage, enfin associé à sa sœur jumelle, tout en évitant de s’en servir comme accessoire jetable (comme Bryan Singer l’a fait).

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Mais, car oui, il y a un mais, malgré l’énergie fulgurante du film, Avengers : L’Ère d’Ultron reste finalement un cran en dessous du premier. En effet, si Avengers : L’Ère d’Ultron est l’un des films les plus attendus de l’année, le film de Joss Whedon ne bénéficie plus de l’effet de surprise et ce nouvelle opus reprend trop souvent les mêmes ficelles scénaristiques d’Avengers, allant jusqu’à conclure avec un final similaire (invasion d’alien / robots Ultron). De plus, le film est jalonné de combats et de scènes de destructions massives qui feraient passer les événements de New York (dans Avengers) pour un grand ménage de printemps. Si cette déferlante d’action peut mettre la puce à l’oreille des spectateurs avertis (Civil War is coming), les non-amateurs de comics books pourraient bien être rapidement dépassés et avoir le tournis en cours de route. Pourtant, contrairement à la franchise The Amazing Spider-Man qui ne cessait de teaser l’évidence avec l’arrivée des Sinister Six (qui ne se fera finalement pas, merci Marvel), Avengers : L’Ère d’Ultron ne mise plus sur des easter-eggs et s’éloigne beaucoup de l’univers du SHIELD pour se concentrer sur des événements dont ils pourront se resservir par la suite, dont certains rappellent furieusement les comics (Hulk vs Hulkbuster…). Ainsi, si Avengers : L’Ère d’Ultron semble parfois en faire trop, ce n’est pas seulement pour épater la galerie. Même si pas mal de questions restent en suspens (en tout cas pour ceux qui ne suivent pas la série Marvel’s Agents of SHIELD), le meilleur reste encore à venir.

Au casting, ils sont de retour et maintenant que l’heure n’est plus aux présentations, les acteurs du film embrassent des rôles moins caricaturaux. On retrouve donc Robert Downey Jr (Le Juge, #Chef…), Mark Ruffalo (Foxcatcher, New York Melody…) et Chris Hemsworth (Rush, Hacker…), impeccables dans leurs rôles, tandis que Scarlett Johansson (Lucy, Her…) se débat difficilement avec les émotions que traversent son personnage, prouvant qu’être jolie ne suffit pas, et que Chris Evans (Snowpiercer…) marque une belle évolution entre son rôle dans le premier Avengers et celui-ci (et coupe du bois comme personne *_*). D’autres visages connus sont également de la partie, comme l’infatigable Samuel L. Jackson (Kingsman…), Cobie Smulders (La Grande Aventure Lego…) ou encore Don Cheadle (Flight, House Of Lies…), mais c’est surtout Jeremy Renner (American Bluff…) qui profite le plus de ce nouveau rassemblement : injustement jeté aux oubliettes dans le premier film, Hawkeye revient enfin sur le devant de la scène.
Parmi les nouveaux venus, Aaron Taylor-Johnson (Kick-Ass 2, Godzilla…) et Elizabeth Olsen (Godzilla…) font à nouveau équipe et, en dehors d’un accent peu convaincant, s’en sortent à merveille. Paul Bettany (Transcendence, Charlie Mortdecai…) monte en grade et incarne un Vision superbe et très prometteur, tandis que la voix de James Spader (The Blacklist…) habille un Ultron à la fois impressionnant et génial.
D’autres surprises sont au rendez-vous, au-delà du caméo habituel de Stan Lee, mais chuuuut… je vous laisse la surprise.

En conclusion, hautement attendu au tournant, Avengers : L’Ère d’Ultron relève le défi avec brio (haters gonna hate). Certes le film de Joss Whedon renoue avec les clés du succès du premier opus, mais il propose une approche différente. Le divertissement coloré et explosif laisse place à un deuxième volet ambitieux et abouti. Avengers : L’Ère d’Ultron n’est pas seulement un one shot jouissif, c’est surtout un nouveau maillon d’une chaîne alléchante, donnant envie d’en voir encore plus. À voir absolument !

Do you know that "string" means "thong" in French. You, naughty!

Do you know that « string » means « thong » in French. You, naughty!

Oh et bien sûr, une scène bonus se cache dans le générique de fin. On se retrouve bientôt pour en reparler 🙂

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