[CRITIQUE] Ouija, de Stiles White

ouija

Décevant, facile et cliché, Ouija fait l’effet d’un soufflé raté : une apparence prometteuse mais qui ne ressemble plus à rien en quelques minutes. Si la bande-annonce avait tout pour plaire, le film de Stiles White est un plat réchauffé et sans saveur, qui, en plus de s’enfoncer dans la médiocrité, propose un rebondissement ultra fade qui ne se paie même pas le luxe d’être prévisible, tant il est totalement dénué d’intérêt. Pour un film que j’attendais beaucoup l’année dernière, la déception est totale.

Le pitch : Après avoir perdu Debbie, son amie d’enfance, dans des circonstances atroces, Laine tombe sur une vieille planchette Ouija dans la chambre de Debbie et tente alors d’y jouer pour dire « Au revoir » à la disparue… Pour l’heure, seul Pete, petit copain de Debbie, accepte de l’aider. Convaincue qu’il ne peut s’agir d’un suicide, Laine mène l’enquête et découvre que l’esprit convoqué par la planchette se fait appeler « DZ » et tient à poursuivre la partie coûte que coûte…Tandis que des événements de plus en plus étranges se multiplient, Laine sollicite l’aide de sa sœur cadette Sarah, de son amie Isabelle et de son petit copain Trevor.Peu à peu, les cinq adolescents se plongent dans l’histoire de la maison de Debbie et comprennent que leur amie n’était ni la première victime, ni la dernière. Et s’ils ne parviennent pas à refermer le portail qu’ils ont dangereusement ouvert, ils connaîtront le même sort que celle qui les a initiés au jeu de Ouija…

Quelque part en 2014, je suis tombée sur la bande-annonce de Ouija, de Stiles White dont la sortie US était prévue pour Halloween 2014. Spiritisme, esprit malfaisant, une bande de post-ados inconscients… les ingrédients de base pour un film de ce genre, même s’il s’agit d’un format déjà vu et revisité à maintes reprises. Peut-être était-ce le fait qu’il ne s’agissait pas d’un énième Parnormal Activity (mal) filmé à l’arrache ? Ou le fait que je me suis toujours méfiée du spiritisme ? Ou simplement, j’étais dans ma période annuelle de naïveté sans fond… Toujours est-il que les premières images m’ont plu, bien qu’il fallait attendre six mois pour voir le film enfin arriver en France.

À l’arrivée, le film de Stiles White vire à la parodie flemmarde en accumulant tous les clichés du genre et en égratignant les codes à la lettre. Même en excusant la facilité de son histoire, Ouija parvient à rendre la simplicité de son traitement encore plus inintéressant, à travers une réalisation scolaire et une trame cousu de fils blancs. Entre un groupe d’ados caricatural qui répond aux stéréotypes les plus usuels et une narration bordélique, le film est ensemble navrant d’essais pathétiques et prévisibles. Stiles White ne laisse aucune place à la surprise et propose une trame amateure, nourri par un scénario inexistant qui tente de faire vivre une histoire de méchants fantômes soupe-au-lait qui aura bien du mal à effrayer même les plus sensibles.
Ouija n’invente rien : les scènes d’épouvante ne sont que des échos ratés d’autres films plus réussis, servis par des effets spéciaux aux rabais (la bouche cousue, le miroir brisé, les apparitions attendues et stridentes…). Le film avance dans le brouillard et il est très difficile de rester concentré devant cet ensemble fainéant, qui s’embourbe dans un fil conducteur décevant de minute en minute. Même l’histoire est ridicule : alors que le seul moyen de sauver Ouija aurait été de proposer un twist un minimum intrigant, or le film se réfugie dans une mascarade ahurissante de nullité qui vient sceller un ensemble digne des histoires d’épouvante qu’on se raconte entre gamins lors de soirées pyjamas.

En fait, si je me suis faite avoir, c’est aussi parce que je n’avais pas pris la peine de lire la fiche du film. Entre ses producteurs spécialistes des films d’horreur aux résultats aléatoires et la scénariste qui a pondu Possédée d’Ole Bornedal, Ouija n’avait finalement aucune chance, surtout en arrivant après une petite pépite comme It Follows ou encore le satisfaisant Lazarus Effect. Preuve, s’il en fallait encore une, que les productions Blumhouse sont capables du pire comme du plus ou moins pas mal…

Au casting, peu de visages connus : Olivia Cooke (Bates Motel…) se démène mollement à la tête d’une troupe peu convaincante, composés d’éternels seconds rôles et d’acteurs à la limite de la figuration, comme Douglas Smith (Antiviral, Percy Jackson – La Mer des Monstres…), Darren Kagasoff (La Vie Secrète d’une Ado Ordinaire…) ou encore Shelley Henning (The Secret Circle, Teen Wolf…).

En conclusion, passez votre chemin. Presque amateur, déjà vu et ennuyeux, Ouija s’oublie vite et se digère mal, laissant l’impression d’avoir royalement perdu son temps. À fuir…

when the entire script is that small, then...

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