[CRITIQUE] Un Voisin Trop Parfait, de Rob Cohen

theboynextdoor

Sérieusement ? Y avait pas assez d’argent pour une affiche entière ?

Prévisible, ahurissant de bêtise et cousu avec des ficelles grosses comme des poutres, Un Voisin Trop Parfait combine le fantasme de la MILF avec un thriller pseudo-érotique transparent et criblé de prétextes fallacieux pour qu’il puisse fonctionner. Entre une Jennifer Lopez qui croit toujours à sa carrière d’actrice et une production qui compte chaque dollar, le film de Rob Cohen devient un ensemble navrant et benêt que l’on suit jusqu’au bout uniquement pour voir le film se fracasser lamentablement en bout de course…

Le pitch : Une mère, récemment divorcée, a une aventure avec un jeune homme de son quartier. Quand ce dernier sympathise avec son fils et qu’elle décide de mettre fin à leur relation, les problèmes commencent…

Fast and Furious, La Momie : La Tombe de l’empereur Dragon, xXx… Rob Cohen marque les sagas sans pour autant les embellir, et ce ne sont pas ses autres films one shot, Furtif ou encore Alex Cross, qui vont contredire ce constat. Pour son nouveau film, le réalisateur vise la simplicité : le thriller sur fond de revanche obsessionnelle, où un homme traque une femme qui le repousse. Un concept qui a déjà fait ses preuves et, à priori, même les budgets allégés des productions BlumHouse ne pouvaient pas altérer une intrigue aussi entendue. Et pourtant, Un Voisin Trop Parfait réussit quand même à se planter, grâce à des choix scénaristes douteux et des personnages écrits à la truelle.

Dès les premières minutes, le film de Rob Cohen tente de se vendre comme un thriller érotique et rapidement, cette promesse tombe à l’eau. Si Jennifer Lopez a toutes les qualités de la MILF (Mother I’d Like To Fuck, je vous laisse traduire), Rob Cohen se contente de la filmer, comme si son image suffisait, d’une tenue sexy à une autre, en passant par une scène de sexe aussi tiède que le passage le plus chaud de Cinquante Nuances de Grey. Qu’à cela ne tienne, pensai-je alors, le meilleur est peut-être à venir avec la partie thriller.
Seulement voilà, à partir du moment où on tente de nous faire gober qu’un acteur presque trentenaire peut jouer un personnage de 20 ans, encore au lycée pour des raisons obscures, Un Voisin Trop Parfait n’en finit plus de perdre des points. La suite est tout aussi vaseuse, alors que le film de Rob Cohen tente d’instaurer un vague jeu du chat et de la souris, à travers cet amoureux transi échaudé qui décide de tourmenter sa belle… dans le but de la récupérer (???). Des twists bien palôts s’enchainent alors que le film tente faire vivre une intrigue maigrelette et un suspens absent. Si Un Voisin Trop Parfait finit par captiver, ce n’est finalement pas grâce à son histoire irrésistible (ironie), mais plutôt grâce à sa capacité de réveiller des pulsions voyeuristes : l’envie de voir comment cette mascarade honteuse va bien pouvoir se conclure est plus forte.
Rob Cohen signe un thriller ridiculement fade et prévisible, tandis que le scénario se déroule sans véritable surprise. Alors que la délivrance, le générique final, se fait attendre, il faudra composer avec des scènes qui n’apportent rien à la choucroute et des personnages qui s’enfoncent allègrement dans la médiocrité. De toutes façons, l’intrigue est si usée qu’elle s’essouffle dès les premières minutes, on a déjà vu mieux et en format téléfilm.

Justement, au casting : alors qu’on pensait qu’elle avait enfin lâché l’affaire, Jennifer Lopez (Parker, Ce qui vous attend si vous attendez un enfant, Le plan B…) se rêve encore actrice mais malheureusement, ce n’est pas en revendant son image « sexy » dans des films bon marché qu’elle parviendra à nous y faire croire. (D’ailleurs ne dit-on pas que lorsqu’une actrice se voit confier des rôles de maman au cinéma, c’est qu’elle n’est plus assez bankable ?) Si sa plastique et son manque de naturel exciteront les ados, la prestation de ladite « J-Lo » est encore une fois bien risible avec une touche de désespoir qui transpire joyeusement sur son booty assuré pour quelques milliers de dollars, soigneusement discret à l’époque, exhibé aujourd’hui à la moindre occasion. À ses côtés, Ryan Guzman (Sexy Dance 4, Sexy Dance 5 : All In Vegas…) rate sa transition de la danse à l’acting. Autour d’eux, John Corbett (Sex And The City…) fait le service minimum (pas étonnant que Carrie soit restée avec Mister Big), Kristen Chenoweth (Rio 2, Kirstie…) ne sert pas à grand chose et Ian Nelson (Teen Wolf…) gravite mollement dans cet ensemble consternant.

En conclusion, grâce à une production qui a le vent en poupe (pas moins d’une vingtaine de films en post-production) et une pop-star quarantenaire prête à tout pour retrouver l’année de gloire qu’elle a vécu au début des années 2000, Un Voisin Trop Parfait déboule sur nos écrans avec l’énergie d’un vieux téléfilm remasterisé. Rob Cohen signe un thriller mollasson, soutenu par une trame qui a bien du mal à tenir la route et un casting épouvantable. Oh ! et notons ce fabuleux titre français, supposé rappeler le film Un Mariage Trop Parfait. Certains crient au génie, d’autres crieront, à juste titre, à l’arnaque. À éviter.

I'm still, i'm still Jenny from the block...

So… who’s stalking who?

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