[COUP DE CŒUR] Vice Versa, de Pete Docter

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Brillant, drôle et inventif, les studios Disney – Pixar livrent une nouvelle pépite réussie et originale qui réunira aussi facilement les petits que les grands. Vice Versa offre une rencontre inédite et magique avec les émotions principales qui régentent l’esprit humain et propose une aventure superbe, à la fois éducative et divertissante. Après Là-Haut et Toy Story 3, les studios Disney – Pixar et Pete Docter se surpassent une nouvelle fois, faisant d’ores et déja de Vice Versa LE film d’animation de l’année et probablement un des meilleurs films de 2015 !

Le pitch : Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie…

Si Dreamworks et Pixar sont les plus gros concurrents dans le monde de l’animation, il faut tout de même les remercier de leur entente cordiale. En effet, si Vice Versa était sorti un an plus tôt, il aurait été difficile de choisir entre celui-ci et Dragons 2. Mais les choses sont bien faite et à chaque année se suffit son petit bijou d’animation et pour 2015, c’est Pete Docter, le papa de l’irrésistible Là-Haut (2009), qui prend les rênes.

Comprendre le cerveau humain est probablement un des sujets les plus complexes qu’il soit, surtout pour un film d’animation destiné à toute la famille. Et pourtant, c’est en observant sa fille que Pete Docter a eu l’idée de cette histoire fantastique et accessible. Simplifiée, un peu fantasmée et surtout propulsée par un imaginaire et une énergie sans limite, Vice Versa relève un défi périlleux avec brio. Drôle, émouvant, ludique… le film personnifie les émotions majeures de l’esprit humain (la joie, la tristesse, la colère, le dégoût et la peur), tout en jouant avec les nôtres en déroulant une histoire à deux vitesses : l’une ayant lieu dans le cerveau d’une adolescente, l’autre suivant la vie de cette même adolescente. Une double intrigue qui aurait pu dérouter mais qui finalement s’imbrique parfaitement puisqu’une intrigue n’est pas viable sans l’autre. Alors que le film donne vie aux petites voix dans nos têtes, c’est une expérience formidable et étonnante de voir la façon dont Vice Versa développe son concept dans le film, démontrant de façon fluide et récréative la façon dont les émotions guident son personnage à chaque instant, de ses décisions à ses relations avec son entourage, à travers des constructions symboliques et éclairées. De plus, l’autre idée brillante est de situer l’histoire dans le cerveau d’une fillette de 11 ans, un âge où les changements les plus importants s’amorcent avant la bourrasque émotionnelle qu’est la puberté.

Plus qu’une simple exploration du cerveau humain, Vice Versa est surtout une aventure familiale géniale et réjouissante, qui nous entraîne d’un bout à l’autre du film sans effort. Et pourtant, l’exercice n’est pas simple : le film aurait rapidement pu se tromper de tonalité en cherchant à expliquer le lien entre les émotions et son personnage principal, ce qui l’aurait rendu trop pédagogique et pas assez fun (exemple : M. Peabody). Mais Pete Docter dédramatise le parcours de son héroïne en misant à fond sur l’humour et le caractère attachant de ses personnages qui sont tous absolument adorables, du coup le film se suffit à lui-même. Passant du rire aux larmes, Vice Versa offre un scénario captivant, plein de rebondissements et d’aventures, parvenant toujours à surprendre, notamment en s’immisçant dans le cerveau de personnages autres que Riley. Mais le véritable atout du film, c’est surtout cette transposition absolument brillante d’un concept aussi compliqué en une histoire pertinente et intelligence, accessible pour tous. Là où les plus jeunes s’éclateront devant un film d’animation lumineux, le public plus avertis pourra savourer un film aussi divertissant que ludique, dans lequel, finalement, on apprend beaucoup !

Simple et efficace, Vice Versa ne cherche pas à rafler tous les honneurs. Comprenant que son sujet était déjà bien multiple, Pete Docter simplifie le visuel en conservant un style très proche du dessin animé. À l’instar des films Dreamworks, Pixar opte peu pour l’hyper réalisme, ce qui n’empêche pas Vice Versa de bénéficier d’un résultat superbe et lumineux. En fait, l’âme du film réside surtout dans ses personnages, tous attendrissants et géniaux. Alors que la Joie semble être la star du film, on découvre rapidement que sans ses acolytes, Vice Versa aurait beaucoup moins de profondeurs et ses personnages aussi. Que ce soit dans le cerveau ou dans la vie de Riley, le film mène sa double intrigue d’une main de maître et réalise un sans-faute.

Au casting vocal et en VO, la Joie étant omniprésente, Amy Poehler (Parks and Recreation, Légendes Vivantes…) réussit à faire vivre le film sans agacer, tandis que Mindy Kaling (Mindy Project…) est parfaite en Dégout et que Phyllis Smith incarne une Tristesse A-DO-RA-BLE, tandis que Diane lane (Man Of Steel…) et Kyle MacLachlan (Marvel’s Agents of SHIELD…) donnent de la voix pour le père et la mère de Riley.
Pour ceux qui découvriront le film en VF, ce sont Charlotte Le bon (Les Recettes Du Bonheur…), Gilles Lellouche (La French…), Mélanie Laurent (Respire…), Pierre Niney (Yves Saint Laurent…) et Marilou Berry (Les Reines du Ring…) qui s’y collent.

En conclusion, innovant, brillant et génial, Vice Versa est un petit bijou extraordinaire et fascinant qui s’inscrit directement comme le meilleur film d’animation de l’année. À voir absolument.

Little ball of happiness

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