[CRITIQUE] Unfriended, de Levan Gabriadze

unfriended

Drôle et étonnant, Unfriended dénonce les dérives des réseaux sociaux à travers un film original, composé de vidéos sur Skype. Malgré la facilité apparente, la prouesse technique est notable, de la traduction des écrans et des échanges au dynamisme du film qui empêche les temps morts. Le hic dans tout cela, c’est que le film de Levan Gabriadze est annoncé comme un film d’horreur. Si Unfriended permet aux ados de réfléchir à deux fois avant de harceler ou de ridiculiser un camarade d’école sur internet, coté flippe on y est pas, mais alors, pas du tout. Par contre, on rigole bien.

Le pitch : Une jeune lycéenne se suicide après qu’une vidéo compromettante sur elle ait été publiée sur Internet. Un an plus tard, six de ses amis se connectent, un soir, sur skype, pour « tchater » entre eux. Mais une septième personne, inconnue des autres, se connecte également. Cet intrus se montre très vite sous un visage inquiétant et menace les six amis de tuer le premier qui se déconnectera. Peu à peu, les événements tragiques qui ont marqué la bande, un an plus tôt, refont surface et se montrent sous un nouveau jour.

C’est vrai, le concept est douteux. Maintenant que les found-footages servent plus souvent de cache-misère que d’un style affirmé, voilà qu’Unfriended débarque avec ses vidéos Skype incrusté dans un écran Mac (Apple), voyageant entre les iMessages, Facebook et autres supports internet. Avec son budget à 1 million de dollars (co-production Blumhouse, héhéhé), le film de Levan Gabriadze a de quoi laisser perplexe, mais il faut reconnaître qu’Unfriended n’est pas vraiment le désastre annoncé… en étant plutôt indulgent. Si vous cherchez du frissons, passez votre chemin.

Flirtant avec les teen horror movies qui fleurissaient autour des années 2000, Unfriended relie une bande d’adolescents connectés autour d’une conversation Skype qui dégénère lorsqu’ils s’aperçoivent qu’un intrus les épie avec le compte d’une de leur amie décédée. Entre conversation par chat (tchat), Facebook et conférence vidéo, Unfriended parvient à accrocher les plus sceptiques, tout simplement en attisant la curiosité sur ce film atypique et grâce à un rythme accrocheur qui amuse et donne envie de voir la suite. Cependant, même si j’ai passé un bon moment devant le film, il n’y a pas grand chose à dire. Annoncé comme un film d’épouvante, Unfriended s’avère finalement très drôle, comme une sorte d’American Pie un peu dark et virtuel, tandis que les personnages dévoilent petit à petit leurs véritables visages, tout en se faisant joyeusement dézinguer. Du triangle amoureux à la trahison pure et simple, le film s’amuse avec beaucoup de second degré, en se moquant de ses personnages et en utilisant la musique pour appuyer un humour noir bien présent. L’ensemble possède un certain voyeurisme un peu glauque mais salvateur, qui compense un peu le manque de frissons. De plus, coté technique, il faut tout de même mentionner le travail de traduction qui a été fait sur le film (!), car en effet une bonne partie des interfaces a été réécrite en français, des messages en texto aux pages internet visitées. Globalement, Unfriended est sauvé par son effet de surprise (même si l’idée n’est pas neuve pour ceux qui suivent la série US Modern Family, dont un épisode de la dernière saison est entièrement filmé sur Skype), alors que le film avait des allures de found-footage au rabais, l’ensemble se révèle rythmé et attrayant, voire même si peu crédible que ça en devient amusant.
Seulement voilà, Unfriended ressemble plus à une comédie noire et caricaturale sur les extrêmes d’une génération trop connectée, qu’à un véritable film d’horreur. Si le film assure des exécutions plutôt explicites et quelques jumpscares timides, l’originalité du concept est desservie par une trame téléphonée qui sape peu à peu l’effet de suprise à cause d’une mise en scène répétitive (l’écran se fige aux moments cruciaux…). Difficile de prendre ce film Skype au sérieux ! En creusant un chouilla, on pourrait y voir une dénonciation à peine voilée sur le harcèlement virtuel et la vie de moins en moins privée des ados qui détaillent tout sur internet. Mais honnêtement, si l’expérience est relativement plaisante, difficile de ne pas se sentir floué par cet énième faux film d’horreur, dont l’idée dérivée du found footage reste finalement de la poudre aux yeux. La faute à Skype (et aux esprits vengeurs), Unfriended est visuellement bâclé, les plans sont faits à l’arrache et inutile de s’attarder sur la qualité de l’image. En fait, c’est plus frustrant qu’un camera-épaule mais comme il y a beaucoup de lecture, ce détail se fait oublier.

Au casting, peu de visages connus et aucun ne se démarque vraiment de ce micro-ensemble hurlant et cliché. Shelley Hennig (Ouija…) joue les filles parfaites, Renee Olstead (La Vie secrète d’une ado ordinaire…) est la blonde délurée et Jacob Wysocki (Terry…) change de camp, tandis que Will Peltz (Men, Women & Children…) pousse la crise d’adolescence à l’extrême et que le reste du cast tombe dans l’oubli.

En conclusion, difficile d’en vouloir à Unfriended, donc, car même si le film ne tient pas ses promesses, on se marre quand même beaucoup… mais était-ce vraiment voulu ? J’en doute. Le concept original est bien assimilé et surprenant, sans pour autant échapper au coté bâclé et peu maîtrisé du found footage, tandis que le frisson est aux abonnés absents. Je vous conseillerai bien de le voir, mais entre nous : une ptite VOD tranquille un soir de pluie, cela fait largement l’affaire. Faut pas abuser non plus : Unfriended a été filmé sur un ordinateur. À quand une timeline Twitter ou une story SnapChat en film ? 🙂

Maybe that iMac was defective, really... I mean, Apple, right?

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6 réflexions sur “[CRITIQUE] Unfriended, de Levan Gabriadze

  1. A défaut de faire peur, il m’aura au moins beaucoup fait rire (notamment le passage des forums dédiés aux fantômes vengeurs et le fameux conseil « NE JAMAIS REPONDRE A UN MORT SUR INTERNET »)(brillant, vraiment).
    Et puis overdose de playlists Spotify et de sponsoring Apple chez Blaire. C’est de trop.

    • Effectivement, coté horreur c’est raté. Par contre, le procédé est intéressant et une bonne alternative au found-footage.
      La série Modern Family avait fait un épisode entier via facetime et skype, c’était génial.

  2. Unfriend très bon film qui mise bien sûr l angoisse de la situation au fur et à mesure du films jusqu’au dénouement final qui même si le films souffre d un scénario un plat est quand même pas mal je dirais même plus au risque que de. Me faire fusiller appres ce com que le film à autre avantage il bénéficie d une mise en scène parfaite et de très bon jeunes acteurs et de jolies nanas bah oui qui dit film d horreurs dit nanas sexy mdr 🙂

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