[CRITIQUE] Un Moment d’Égarement, de Jean-François Richet

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Ensoleillé et délicieusement frais, Un Moment d’Égarement est une comédie drôle et légère qui fleure bon les flirts estivaux et le sable chaud. Jean-François Richet livre un film sans prise de tête, sympathique et agréable sur les chassés-croisés sentimentaux entre deux pères et leurs filles, entre crise de la quarantaine et crise d’ados. Un bon moment.

Le pitch : Antoine et Laurent, amis de longue date, passent leurs vacances en Corse avec leurs filles respectives : Louna, 17 ans et Marie, 18 ans.  Un soir sur la plage, Louna séduit Laurent. Louna est amoureuse mais pour Laurent ce n’est qu’un moment d’égarement… Sans dévoiler le nom de son amant, Louna se confie à son père qui cherche par tous les moyens à découvrir de qui il s’agit… Combien de temps le secret pourra-t-il être gardé ?

Il n’y a pas qu’Hollywood qui s’amuse à faire des remakes, en France aussi les anciens films servent aussi d’inspiration. Jean-François Richet change de registre, après avoir adapter l’histoire de Jacques Mesrine au cinéma (L’instinct de Mort et L’ennemi public n°1), tout en proposant un nouveau remake après Assaut sur le Central 13 (2005). En effet, le réalisateur allège sa filmographie, habituellement plus corsée (haha), en modernisant le film homonyme de Claude Berri, sorti en 1977, qu’il a réécrit à deux mains avec Lisa Azuelos (Une Rencontre, LOL…).
Très agréable, drôle et léger, Un Moment d’Égarement choisit habilement de ne pas s’attarder sur la dramaturgie d’une sempiternelle romance impossible et préfère s’amuser des travers de ses différents personnages, tous à un moment décisif de leur existence, de leurs différences d’âges à leurs relations électriques. Deux ados à la frontière de l’âge adulte et deux hommes dont la vie sentimentale est plutôt chaotique, Un Moment D’Égarement arrive rapidement dans le vif du sujet avant de se transformer en jeu du chat et de la souris très plaisant, tantôt empreint de sensualité, tantôt très enfantin.

Jean-François Richet s’attarde sur la dualité émotionnelle de ses personnages et les oppose brillamment, tandis que le personnage de Lola Le Lann mène la danse, apportant espièglerie et beaucoup de piquant à une trame simple mais accessible. Un Moment d’Égarement tisse deux, voire trois histoires parallèles qui s’imbriquent inévitablement. En effet, au-delà des tourtereaux maudits, il faut considérer le papa aveugle, trop empêtré dans ses histoires de couples et de fesses pour voir que sa fille est entrain de grandir, mais aussi l’adolescente qui a grandi vite auprès d’un père trop permissif. Dans cette comédie à trois vitesses, l’humour est toujours très présent, notamment à travers le jeu de séduction maladroit de l’adolescente incarnée par Lola Le Lann, qui a tendance à rappeler la naïveté ambiguë de l’héroïne du film L’Amant de Jean-Jacques Annaud, ou encore via le personnage de François Cluzet, hyper nerveux mais excellent (qui rappelle tout de même le chasseur de fouines dans Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet).

Malicieux et détaché, Un Moment d’Égarement évite de sombrer dans des sujets trop graves et propose une tranche de vie pleine de soleil. Au-delà des relations troubles, le film pose un regard attendri sur ces pères qui ont bien du mal à être en phase avec leurs fillettes qui grandissent, dans une société plus libérée et de moins en moins communicante. Jean-François Richet livre un vrai film d’été, aussi frais et divertissant qu’une romance estivale. On prend plaisir à découvrir la façon dont évolue ce petit groupe, entre deux traques au sanglier et un chantage affectif mignonnet. Le film trouve de véritables moments comiques, propices à la détente et au fou rire, souligné par un casting plein de charme.

En effet, Vincent Cassel (Tale Of Tales, Enfant 44, La Belle et la Bête…) et François Cluzet (Une Rencontre, En Solitaire…) forment un duo de choc, l’un très cool et l’autre plus stressé. Ces deux acteurs de renom retrouvent un type de personnage qui leur a toujours réussi, et parviennent à briller sans forcer. Alice Isaaz (Les Yeux Jaunes des Crocodiles, La Crème de la Crème…), par contre, se fait totalement voler la vedette par la débutante Lola Le Lann qui tient son rôle de femme-enfant à la perfection, frôlant la gaminerie irritante sans jamais l’être.

En conclusion, Un Moment d’Égarement est un comédie d’été qui se regarde avec plaisir. Jean-François Richet oppose innocence, humour et maturité dans une redite enthousiaste et légère, à consommer sans modération. À voir !

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