[CRITIQUE] Ant-Man, de Peyton Reed

antman

Pour plus de spoilers, cliquez ici 🙂

Original, léger et animé par un rythme qui s’emballe crescendo, Ant-Man est une bonne surprise, malgré un parcours légèrement chaotique. Peyton Reed livre une « origin story » divertissante, n’échappant pas au piège de la mise en place qui prend toujours un peu de temps, et parvient à faire d’Ant-Man un super-héros à la fois accessible et étonnant. Peyton Reed booste sa mise en scène en s’amusant avec la taille de son personnage et des objets qui l’entourent, ce qui rend l’ensemble ludique et pétillant. Si certains pleurent encore le départ précipité d’Edgar Wright et que le film souffrira toujours d’une comparaison impossible (et si ?), Ant-Man reste cependant l’une des meilleures « origine story » du Marvel Cinematic Universe (loin devant Thor et Captain America – The First Avenger) et le potentiel attachant de Paul Rudd y est pour beaucoup.

Le pitch : Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace…

Si Peyton Reed (Yes Man, La Rupture, American Girls…) s’est déclaré être un fan d’Ant-Man depuis les comics (ce qui n’est pas incompatible avec sa filmographie, notons-le), son arrivée sur le film n’a pas été des plus calmes. Rappel des faits : Edgar Wright, papa de la trilogie Cornetto (Shaun of the Dead, Hot Fuzz, Le Dernier Pub…) et du très très… TRÈS sous-estimé Scott Pilgrim vs The World, devait au départ réaliser ce film, ayant lui-même proposer ouvertement sa « candidature » pour le faire. Ô joie, ô bonheur, donc, de savoir ce réalisateur geek et pro de l’action survoltée à la tête du minuscule super-héros, mais rapidement, des tensions ont vu le jour avec Marvel Studios et Edgar Wright a quitté le projet, car il n’approuvait pas la réécriture de son scénario (dont il est toujours crédité). Du coup, c’est Peyton Reed qui a pris la relève et Ant-Man est passé du film très attendu par les fans au film attendu au tournant par tout le monde, craignant que les studios Marvel aient engagé un « yes-man » pour refaire le film à leur sauce.
Alors que la place d’Ant-Man au sein du MCU s’est fait toute petite (clôture phase 2 ? début phase 3 ? non finalement clôture phase 2 !), les fans, moi la première, craignaient le pire… Alors, Ant-Man est-il le Green Lantern de Marvel Studios ?

antman_moto

Yeah, I know. Though comparison…

Et bien qu’on se rassure : Ant-Man a beau sortir en catimini cet été, le film ne ménage pas ses efforts pour impressionner et être à la hauteur d’autres super-héros plus connus, surtout qu’initialement, il s’agit d’un des membres fondateurs des Vengeurs. Inutile de tergiverser plus longtemps sur la défection d’Edgar Wright : nous ne saurons jamais ce que le film aurait donné sous sa houlette (plus drôle ? plus percutant ?) et Peyton Reed s’en sort haut la main. En plus d’apporter un vent de renouveau et de présenter un membre très connu de l’univers Marvel, Ant-Man renoue également avec les films origin story, à savoir les films qui suivent la naissance d’un super héros. En effet, si on ne compte pas Les Gardiens de la Galaxie (car la majorité des personnages sont des extra-terrestres, ce qui les rend déjà exceptionnels), cela faisait longtemps que les studios Marvel n’avait pas proposé de film mettant en scène un personnage lambda, qui devient ensuite un super héros (dernier en date : Captain America – The First Avengers). Une bonne idée, surtout quand on voit le programme de la Phase 3 composé quasiment que de nouveaux super héros.
Le film démarre donc avec la présence de Hank Pym, le premier Ant-Man qui, pour préserver l’humanité, décide de passer le flambeau à Scott Lang, un ex-détenu pour vol qui cherche à rentrer dans le droit chemin. Comme dans toute origine story qui veut tenir la route, Ant-Man doit passer par des étapes obligatoires pour construire sa trame, de la rencontre entre les deux personnages à l’apprivoisement de ses nouveaux « pouvoirs ». Le film de Peyton Reed renforce un peu plus la trame en ajoutant des fils conducteurs plus ou moins nécessaires, comme l’attachement du héros à sa fille et son opposition avec le nouveau mari de son ex, ainsi qu’une bande d’amis mi-malfrats mi-clown et le début d’une relation explosive entre Scott Lang et la fille de Hank Pym, Hope. Autant de sous-intrigues qui vont permettre au film de créer un contexte et de poser les bases de cette nouvelle aventure. Si la mise en place est un peu longue, Ant-Man ne manque pas d’humour pour combler l’attente. Au fur et à mesure que le héros découvre les capacités de son costume et ses nouveaux partenaires, le film propose des situations comiques qui allègent la trame, conservant le ton hilare des films de super-héros Marvel (studios).

Il faudra donc attendre l’arrivée d’un invité surprise à mi-chemin pour qu’Ant-Man se lance dans le vif du sujet. Alors que l’idée d’un « homme-fourmi » peut en laisser plus d’un perplexe, Peyton Reed parvient à démontrer un large éventail des possibilités offertes à à ce super-héros atypique. Grâce à une mise en scène inspirée, Ant-Man joue avec les points de vue et les perspectives à travers les nombreux affrontements que compte la seconde partie du film, créant du mouvement captivant et immersif. Ainsi, la tension monte crescendo, du combat isolé au bouquet final. On se retrouve rapidement pris dans une vague d’action presque inattendue mais continue et carrément divertissante, à la fois drôle et spectaculaire car le film n’hésite pas à déployer les grands moyens. Alors que la première partie misait sur la découverte, la seconde partie d’Ant-Man conquiert rapidement et, sans faire des étincelles, propose un film captivant et prometteur.
Ce qui est étonnant, et probablement volontaire, c’est cet effet back to basics qui filtre dans le film. Un homme de science qui crée quelque chose pouvant amener à faire le mal, qui conserve son secret jusqu’au moment où son partenaire (chauve) décide de s’en emparer et crée son propre jouet pour combattre le héros… ? Je fais un bon raccourci mais il est difficile de ne pas constater des similarités entre Ant-Man et Iron Man 1 de Jon Favreau (2008), si Obadiah Stane (un méchant chauve aussi, humhum…) a préféré une armure XXL, dans Ant-Man, c’est plutôt le choc des titans XXS. Entre la répétition d’une formule qui a fait ses preuves et l’adaptation des comics, le film de Peyton Reed a su trouver l’équilibre et sauver Ant-Man de la catastrophe annoncée.

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Cependant, il y a quelques bémols dans le film. Le simple fait que ce soit une origin story crée forcément des problèmes de rythme le temps que l’homme devienne le héros qu’on attend, du coup Ant-Man est divisé en deux parties inégales. Malgré ce que j’ai dit plus haut, l’ombre d’Edgar Wright plane sur le film qui mise sur beaucoup de légèreté et d’humour, le hic c’est que cela ne fonctionne pas toujours et il y a quelques moments de flottement où une blague ou une situation comique fait finalement un flop. Le film de Peyton Reed aurait peut-être dû jouer soit la carte du second degré tout du long, soit la carte de l’action hero, mais ici le mix des deux ne prend pas vraiment (Antoinette ?), d’autant plus que l’histoire finit par s’inscrire autour de la rédemption de Scott Lang, dans l’espoir de retrouver sa fille, ce qui injecte un peu de guimauve dans un ensemble solide mais pas infaillible.

Au casting, Paul Rudd (Légendes Vivantes, C’est la fin, 40 ans : Mode d’Emploi…) endosse le rôle titre, à l’aise dans ce type de personnage, grâce à son talent pour la comédie et sa personnalité attachante. Le retrouver dans un rôle de super héros lui donne cependant un poil plus de charisme, tandis que Michael Douglas (Last Vegas, Ma Vie avec Liberace, Wall Street…) est comme toujours impeccable et gage de crédibilité dans le film. À leurs cotés, Evangeline Lilly (Le hobbit, Real Steel, Lost…) est discrète mais pas transparente dans un rôle féminin prometteur qu’elle incarne avec élégance, continuant de prouver que Marvel aime mettre des femmes en personnages forts (et non en demoiselle en détresse) et Corey Stoll (Dark Places, This Is Where I Leave You…) est très bon dans son rôle de vilain, ex-protégé revanchard. À l’affiche également, Bobby Cannavale (Spy, Chef…) et Michael Peña (Fury, American Bluff, Gangster Squad…) accompagne nos héros avec humour. À noter : des apparitions surprises et un caméo habituel, mais chut, je ne dévoilerai rien ici (la surprise est nettement meilleure).

En conclusion, Ant-Man devrait rassurer les sceptiques, si le film de Peyton Reed présente les faiblesses usuelles aux origin story, le réalisateur parvient à donner de l’élan à un nouvel héros atypique et accessible qui, à mon avis, n’a pas fini de nous étonner. Surtout que… Ant-Man est bien meilleur en équipe ! À voir, bien sûr !

Hawkeye   Antman - Imgur

PS : Il y a deux scènes bonus : une pendant le générique et une à la toute fin du générique. On se retrouve comme d’habitude dans un article 100% spoiler pour débriefer ! 😀

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