[SUMMER TV] Sense 8, la série (un peu survendue) signée Wachowski

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Le pitch : Huit individus éparpillés aux quatre coins du monde sont connectés par une soudaine et violente vision. Désormais liés, ils se retrouvent capables du jour au lendemain de se voir, de se sentir, de s’entendre et de se parler comme s’ils étaient au même endroit, et ainsi accéder aux plus sombres secrets des uns et des autres. Les huit doivent dès lors s’adapter à ce nouveau don, mais aussi comprendre le pourquoi du comment. Fuyant une organisation qui veut les capturer, les tuer ou faire d’eux des cobayes, ils cherchent quelles conséquences ce bouleversement pourrait avoir sur l’humanité.

Attendue comme l’événement sériphile de l’été, Sense 8 est arrivée sur Netflix en juin. Si la série des Wachowski s’insère parfaitement dans l’univers troublant et multiple des réalisateurs connus pour la saga Matrix, Cloud Atlas ou récemment Jupiter : Le Destin de l’Univers, on est tout de même loin du coup de génie annoncé.

8 personnes à travers le monde se retrouvent soudainement connectées entre elles, capables d’interagir à distance, tandis que des ennemis cherchent à les retrouver pour mieux les contrôler / les éliminer. « Same same, but different » pourrait-on dire en comparant ce pitch, certes un peu grossier je l’admets, à celui de la série Heroes, même si à défaut d’une cheerleader, il y a tout de même une jeune femme en détresse à sauver.

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Largement mise en avant grâce à ses créateurs, Sense 8 ne propose rien de nouveau en matière d’intrigue et montre de nombreux défauts, notamment en terme de rythme. En effet les premiers épisodes traînent dangereusement la patte, jouant bien trop avec la curiosité de son public au lieu de fournir des réponses, tandis que les présentations s’éternisent. Si cette première saison parvient à s’étoffer en milieu de saison, les épisodes sont souvent inégaux. Un si large panel de personnages voit le risque de créer des boulets à trainer (variable selon l’avis de chacun, bien sûr) : Sense 8 n’échappe pas à la règle. Alors que certains sont plus volontaires et fonceurs, d’autres pleurnichent à longueur de temps, surtout les personnages féminins et notamment la fameuse Riley qui va, en plus, prendre une place centrale au fur et à mesure que la série avance (argh).

Heureusement, tout n’est pas à jeter ! À défaut de « génie » et de « séquences d’émotions brutes », comme j’ai pu le lire un peu partout, Sense 8 réserve quelques bonnes surprises et de rares moments lumineux. La série ose aborder des sujets rarement vus dans un format tout public, à travers sa diversité culturelle, grâce à des personnages venant de différents pays, dont le Kenya et l’Inde, et de sexualité différente. Si Sense 8 ne cherche pas à exploiter une quelconque cause (le mouvement LGBT par exemple), j’apprécie le fait de voir des personnages homosexuels et transgenres au même niveau que les autres, sans qu’il ne s’agisse d’exception à la règle servant une sorte de quota.
La renommée des Wachowski mise à part, Sense 8 reste une série intrigante, malgré ses réponses au compte-goutte, qui doit beaucoup à là façon dont les personnages parviennent à se « remplacer » lorsque l’un d’entre eux est en difficulté. Ainsi Wolfgang, la brute sexy silencieuse, et Sun, l’experte en art martiaux, donne du peps à une trame souvent molle du genou (d’ailleurs chaque scène d’action est excellente), tandis que Will, le flic, fait avancer l’intrigue, Lito, l’acteur sexy de telenovela, amuse avec ses dramas et Capheus, le fan de Jean-Claude Van Damme, apporte du sourire. Mais en face, Kala et Riley chouinent beaucoup devant les dilemmes qu’elles traversent, tandis que Nomi remonte la pente tout au long de la série après avoir débuté dans le camp des pleureuses. À coté de cela, les sujets de fond sont souvent mis de coté, car au-delà de leurs sexualités, les personnages font face à des événements forts, remettant en cause leurs positions concernant leur religion, leur famille ou encore leurs propres valeurs.

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Une telle diversité rend donc l’ensemble aussi captivant qu’instable, à l’image d’une série capable du meilleur comme du pire, du passage 4 Non Blondes « What’s Goin’ On » aux accouchements en série, en passant par une jolie partouze incroyablement déconcertante.
Malgré tout, à la fin de cette saison, beaucoup (trop) de questions restent en suspens et je me demande finalement où veulent en venir les Wachowski, en dehors de sa thématique évidente : la communication dans un monde de plus en plus peuplé et, paradoxalement, de plus en plus solitaire. Certaines séries qui ont émergé en lançant des fils conducteurs aussi multiples qu’étranges n’ont souvent pas réussi à tenir sur la longueur (Lost, Heroes…). Si le battage médiatique dont a bénéficié cette première saison de Sense 8 a permis à la série de prendre son envol, j’ai hâte de voir ce que la saison 2, confirmée, va donner.

Série disponible sur Netflix
Genre : Drame, science-fiction

Avec Jamie Clayton, Brian J. Smith, Tuppence Middleton, Aml Ameen, Bae Doona, Miguel Angel Silvestre, Tena Desae, Max Riemelt…

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