[CRITIQUE] Mission : Impossible – Rogue Nation, de Christopher McQuarrie

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Explosif et survitaminé, Mission : Impossible – Rogue Nation est un film d’action comme on les aime, combinant des personnages partagés entre héroïsme et folie pure, tout en enchaînant des cascades toujours plus impressionnantes et à couper le souffle. Le seul hic, c’est qu’en voulant étoffer ses personnages, Christopher McQuarrie crée une intrigue alambiquée qui met bien du temps à se démêler, à travers des rebondissements souvent téléphonés qui créent pas mal de longueur. Mission accomplie, encore une fois, mais ce fut bien long !

Le pitch : L’équipe IMF (Impossible Mission Force) est dissoute et Ethan Hunt se retrouve désormais isolé, alors que le groupe doit affronter un réseau d’agents spéciaux particulièrement entraînés, le Syndicat. Cette organisation sans scrupules est déterminée à mettre en place un nouvel ordre mondial à travers des attaques terroristes de plus en plus violentes. Ethan regroupe alors son équipe et fait alliance avec Ilsa Faust, agent britannique révoquée, dont les liens avec le Syndicat restent mystérieux. Ils vont s’attaquer à la plus impossible des missions : éliminer le Syndicat.

Aujourd’hui, peu de sagas dopées à l’adrénaline parviennent à durer. Si la franchise Fast and Furious peut apparaître comme un concurrent possible, le vrai duel de l’année, en terme d’action movies à héros emblématique, se joue entre les missions impossibles d’Ethan Hunt et l’agent secret aux multiples visages, James Bond.
C’est Christopher McQuarrie qui tire le premier : après avoir participé à l’écriture du scénario du génial Mission : Impossible – Protocole Fantôme, il passe cette fois derrière la caméria pour réaliser le cinquième volet d’une saga qui dure depuis 1996. Après s’être fait la main sur Jack Reacher en 2012, le réalisateur a la lourde tâche de devoir viser plus haut, plus loin et plus juste, afin d’être à la hauteur des films précédents.
C’est en démarrant sur les chapeaux de roue que Mission : Impossible – Rogue Nation, braquant ses phares sur le héros, incarné par un Tom Cruise de plus en plus casse-cou. Le film explore des pistes mises en place depuis Mission : Impossible 3 de JJ Abrams, qui insinuaient déjà la création d’une équipe opérant dans l’ombre contre le IMF, obligeant Ethan Hunt et son équipe de devoir agir seuls, sans l’approbation de leurs supérieurs (un peu comme d’habitude). Je pense que le souci d’un film comme Mission : Impossible, c’est sa crédibilité. En effet, une saga aussi renommée ne peut pas vraiment se contenter d’une histoire bâteau qui tient à peine debout, simplement pour en mettre plein la vue (il y a les films de Jason Statham pour ça). Par définition, Mission : Impossible se doit de proposer une intrigue complexe, poussant le héros et ses acolytes dans ses retranchements.

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Mission : Impossible – Rogue Nation a-t-il atteint ses limites ? Si le divertissement est bien présent et follement efficaces, on perd rapidement le fil de l’histoire à travers ses nombreux rebondissements, trahisons et autres complicités. Le film n’innove pas vraiment, suspendu entre une trame politique et des revendications dangereuses, jusqu’au moment où Ethan Hunt doit commettre l’irréparable… encore une fois. Petit à petit, Mission : Impossible – Rogue Nation finit par avoir des faux airs de Skyfall, dans cette façon d’isoler son héros et de retourner son organisation contre lui, tandis que ce dernier affronte un ennemi qui connait le système de l’intérieur… D’ailleurs, la piste d’Ethan Hunt nait à partir d’une série d’agents sensés être morts ou en statut inconnu. Ca fait beaucoup de ressemblances, ce qui est compréhensible, face à un James Bond revisité, mais normalement les Mission : Impossible sont bien plus des films d’équipe que d’agent solitaire, ce qui n’est pas le cas dans ce nouveau volet. Rapidement, les scènes de blablas sont un peu longues, faiblement utilisées pour faire avancer l’histoire tandis qu’en réalité, on attend surtout la prochaine scène d’action.

Heureusement de ce coté-là, Mission : Impossible – Rogue Nation ne déçoit pas… ou peu. Christopher McQuarrie se lance dans des tableaux originaux et, si on échappe pas aux courses poursuites usuelles (celle à moto est géniale) et la cascade vertigineuse sur un immeuble, le réalisateur imagine des cadres innovants pour créer la surprise. Ainsi, la scène qui se déroule à l’opéra est un trésor de mise en place, dans laquelle on y retrouve à la fois du frisson et un esthétisme envoûtant, tandis que les affrontements aux corps à corps sont superbement chorégraphiés et haletants.
Cependant, c’est là aussi que le défaut du réalisateur se dévoile, car il prend parfois beaucoup trop de temps pour aller jusqu’au bout de son idée. Trop lent, trop démonstratif et trop explicatif, Mission : Impossible – Rogue Nation perd de son intensité au fur et à mesure que le film avance, tâtillonnant sur la limite entre action et thriller. Le dénouement se fait attendre et arrive comme une libération. En réalité, pour moi, Mission : Impossible – Rogue Nation n’est pas aussi spectaculaire que le film précédent, Protocole Fantome, où la scène de grimpette sur la façade d’un immense building à Dubaï valait largement le détour.

Au casting, Tom Cruise (Edge Of Tomorrow, Oblivion, Jack Reacher…) ne prend pas une ride et se donne à fond pour sa franchise fétiche et réalise lui-même une bonne partie de ses cascades. À ses cotés, Jeremy Renner (Avengers : L’Ère d’Ultron, American Bluff…), Simon Pegg (Absolutely Anything, Star Trek Into Darkness…) et Ving Rhames (Piranha 3-D…) reprennent du service, un peu à l’écart tandis que le personnage d’Ethan Hunt convole avec Rebecca Ferguson (Hercule…), une amie-ennemie implacable et dangereuse qui aurait facilement pu faire de l’ombre à Paula Patton. À l’affiche également, Alec Baldwin (Still Alice…) sert de pantin et Sean Harris (Délivre-nous du Mal…) est un peu rigide dans son rôle de méchant.

En conclusion, Mission : Impossible – Rogue Nation remplit son contrat en terme de divertissement et de spectacle. Les scènes d’action et ses cascades décoiffantes prennent largement le pas sur un ensemble globalement peu convaincant, qui faiblit visiblement face à la concurrence. Christopher McQuarrie signe un film certes dynamique et survolté, porté avec brio par Tom Cruise, mais Mission : Impossible – Rogue Nation accuse pas mal de longueurs qui diminuent le plaisir de retrouver cette saga. Mais bon… allez le voir et rendez-vous pour le numéro 6 !

The phantom of the opera

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