[CRITIQUE] Sinister 2, de Ciaran Foy

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Après un premier film sympathique et un peu flippant (même s’il finissait par partir en vrille vers la fin), Sinister 2 prend la relève et propose une suite, ajoutant un point de vue original : celui des enfants. Malheureusement, ce qui m’avait dérangé dans le premier Sinister devient aujourd’hui un élément central. Ciaran Foy tisse un film approximatif avec un croque-mitaine bricolé à la va-vite et des gamins fantômes qui tirent la tronche, tout en retirant le mystère nécessaire pour que l’ambiance sinistre, pourtant soignée, fonctionne. Résultat, Sinister 2 reste bancal et prévisible.

Le pitch : Alors qu’il reprend son enquête inachevée sur les homicides non résolus, l’ex-shérif adjoint fait la connaissance d’une jeune mère de famille et de ses jumeaux. Ces derniers viennent de s’installer dans une maison où des événements macabres se sont produits. Tout porte à croire qu’il s’agit une nouvelle fois de la même entité surnaturelle et que la famille est en danger …

Insidious, Conjuring, Sinister… Autant de films d’épouvante qui atterrissent au cinéma avec lesquels nous, les amateurs de frisson, nous consolons mollement, devant la pauvreté du cinéma d’horreur grand public qui fleurit ces dernières années. Le premier Sinister, réalisé par Scott Derrickson (Délivre-Nous du Mal…), m’avait laissé un sentiment mitigé avec sa première partie réussie et un twist final bâclé qui ne tenait pas vraiment debout. Le problème, c’est que Sinister 2 surfe sur le secret du premier film pour développer son intrigue, or c’est pile la partie que j’avais moyennement aimé. D’un coté, un ex-shérif adjoint cherche à découvrir la vérité sur ce qui s’est passé dans un premier film, de l’autre, une jeune mère de 2 enfants vit dans une maison au passé macabre. Sinister 2 s’assemble comme un puzzle pour enfant, proposant peu de surprises. Cependant, Ciaran Foy soigne une ambiance lugubre, accentuée par une musique angoissante et de décors ayant déjà un potentiel flippant (la cave, une vieille église délabrée…). Sinister 2 donne vraiment envie de se plonger dans son atmosphère, mais malheureusement, l’incrustation des fameux « films de familles » finissent petit-à-petit par casser le rythme. En effet, le film est entrecoupé de ces vidéos de mises à mort, qui sont souvent répétitives et qui détonnent avec le reste.

Mais le gros bémol de Sinister 2, c’est qu’en décidant de lever le voile sur le croque-mitaine (qui a de faux airs de Mickael Jackson, non ?), l’histoire révèle surtout une construction inachevée. En effet, il ne suffit pas de lui donner un nom et de rappeler son procédé pour le rendre tout à fait crédible. Pourtant, le film se contente de cela pour tricoter son histoire, habité par une armée d’enfants fantômes qui apparaissent toutes les deux minutes, avec une mine renfrognée. Du coup, Ciaran Foy parasite son film d’éléments qui, tous ensemble, ressemblent à du forcing maladroit. Cela agit comme un écran de fumée pour masquer le fait que cette histoire de possession ne tient toujours pas la route (des enfants qui arrivent à transporter des adultes inconscients ? Quel est l’intérêt de tout ce rituel si le démon peut quand même arriver à ses fins ?).
Au final, Sinister 2 parvient à distraire un minimum, ayant au moins l’avantage de ne pas être un copier-coller du premier film et de ne pas trop abuser des jumpscares. Distrayant, mais pas effrayant.

Au casting : James Ransone (Sinister, Broken City…) et Shannyn Sossamon (Wayward Pines…) prennent la relève bien que le premier ait un jeu légèrement poussif, et se font tout de même voler la vedette par les jumeaux Robert Daniel et Dartanian Sloan.

En conclusion, Sinister 2 part d’entrer de jeu du mauvais pied en proposant une histoire révélant le point de vue des enfants, sans réussir à la rendre plus crédible. Malgré des efforts pour créer une atmosphère angoissante, Ciaran Foy accumule de nombreux défauts qui parasitent le potentiel flippant de son film. Résultat : zéro flippe, mais ça reste tout de même mieux que Les Dossiers Secrets du Vatican (dont je n’ai pas parlé parce que j’ai mes limites).

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