[CRITIQUE] Hitman : Agent 47, d’Aleksander Bach

hitman

8 ans après le premier film, l’Agent 47 est de retour pour une nouvelle mission. Alors que l’esthétique glacée du film d’Aleksander Bach est séduisante, Hitman : Agent 47 est desservi par une histoire lisse au possible et par un montage final poussif. Cette deuxième adaptation du célèbre jeu vidéo se révèle plate et uniforme, tant l’histoire laisse peu de place à la surprise. Aleksander Bach s’éloigne du mode opératoire de Hitman pour réaliser un film d’action classique, telle une sorte de sous-James Bond sans charisme. De plus, le film étant plutôt court, si on retire tous les ralentis, Hitman : Agent 47 tiendrait difficilement plus d’une heure. Un joli gâchis pour l’assassin à la cravate rouge.

Le pitch : L’histoire d’un assassin génétiquement modifié pour être la parfaite machine à tuer. Sa dernière cible est une multinationale dont l’objectif est d’obtenir le secret du passé d’Agent 47 pour créer une armée de tueurs dont les pouvoirs surpasseront même les siens. Faisant équipe avec une jeune femme qui détient peut-être un secret permettant d’affronter leurs puissants ennemis clandestins, 47 fait face à des révélations étonnantes concernant ses origines et se prépare à se battre avec son adversaire le plus redoutable.

Dans la catégorie des suites/relaunchs que l’on attendait pas, Hitman : Agent 47 prend la relève du film de Xavier Gens, sorti en 2007. D’ailleurs, moi qui m’était promis de revoir le premier film histoire de me rafraichir la mémoire, je vous avoue d’emblée que je n’ai pas eu vraiment le temps. Mais si mes souvenirs sont bons, le premier Hitman, avec Timothy Olyphant et Olga Kurylenko, n’était déjà pas fameux mais suffisamment divertissant et proche du jeu vidéo pour être acceptable.
Une chose sur laquelle tout le monde peut tomber d’accord, c’est que Hitman est un assassin super discret : il reçoit une mission et un délai pour l’accomplir, il arrive et repart sans être remarqué (sauf dommages collatéraux). Mais dès les premières bandes-annonces, Hitman : Agent 47 mitige : explosions, coups de feu en plein jour et dans la rue, dégâts matériels… Le film d’Aleksander Bach s’annonçait bien différent des habitudes de Hitman.

Dès les premières minutes, le film confirme cet a-priori avec une introduction musclée. Et pourtant, Hitman : Agent 47 n’est pas forcément le désastre annoncé. Si le film manque de subtilité et d’originalité, il a le mérite de coller avec la froideur implacable du « héros » avec une esthétique soignée et incisive, grâce à une photographie métallique et désaturée, traversé par des éclats de couleurs chaudes (rouge sang ou rouge cravate, selon l’humeur). De plus, pour son premier film, Aleksander Bach porte une attention visible aux scènes d’action en gardant une caméra fluide autour de ses acteurs et mise sur des affrontements impressionnants pour divertir son spectateur.
Malheureusement, ces atouts font également partie des problèmes du films. En voulant stylisé son film, Aleksander Bach en fait trop : ralentis à gogo dès que Hitman fait un mouvement ou prend un air menaçant (c’est-à-dire, presque tout le temps) et une bande-originale envahissante et trop exagérée, rappelant parfois le thème de Terminator (tin ! tin !tin !) répété en boucle. Autant lors de la scène d’ouverture, le résultat est prometteur (le nom du réalisateur apparait au bon moment, d’ailleurs), mais Aleksander Bach refourgue le même effet tout au long du film, ce qui finit par lasser. Malgré ses nombreuses scènes d’action, Hitman : Agent 47 reste impersonnel et l’ensemble manque de dynamisme au fur et à mesure que le tout s’enchaine. Et ce n’est pas le scénario qui va aider le tout à briller. Alors que le héros tente de déjouer les plans d’une organisation appelée le Syndicat (encore un !), sa rencontre avec Katya Van Drees donne rapidement l’impression qu’on lui a attaché un boulet au pied. A l’heure où, mine de rien, certaines actrices obtiennent des rôles de choix dans les films d’actions et blockbusters (Charlize Theron dans Mad Max : Fury Road, Rebecca Ferguson dans Mission Impossible : Rogue Nation…), le personnage féminin de Hitman : Agent 47 conjugue toutes les faiblesses clichés des damoiselles en détresse et finit par évoluer bien trop tard. Dommage d’ailleurs, car ce personnage, soi-disant hyper élaboré et prometteur aurait pu tenir un rôle pivot si l’histoire n’avait pas autant trainée avant de le révéler (un comble, sachant que le film dure moins d’une heure et demie !).
Au final, Hitman : Agent 47 propose un film d’action lambda dont l’emballage joliment glacé ne suffit pas à rehausser un ensemble plat et attendu dans lequel les acteurs semblent visiblement faire de leur mieux pour donner vie à des personnages aseptisés. En manquant de subtilité, Aleksander Bach passe à coté de l’élégance méthodique de l’assassin implacable qu’il expose sans aucune limite dans de l’action basique, prévisible et qui, surtout, manque cruellement de personnalité.

Au casting : Rupert Friend (Les Poings Contre Les Murs, Le Théorème Zéro…) porte les couleurs de l’Agent 47 plutôt bien, car reconnaissons à sa décharge que ce n’est pas le personnage le plus expressif qui soit. À ses cotés, Hannah Ware (Shame, Old Boy…) échappe de peu au terme potiche mais écope tout de même d’un rôle aux capacités mollement exploitées, tandis que Zachary Quinto (The Slap, Star Trek Into Darkness…) nous a déjà habitué à bien mieux. À l’affiche également, Thomas Krestschmann (Avengers – L’Ère d’Ultron, Captain America – Le Soldat de l’Hiver…) fait un passage express et Angelababy (Détective Dee : La Légende du Dragon Des Mers…) méritait mieux.

En conclusion, la froideur stylisée mais poussive de Hitman : Agent 47 finit par l’engourdir et le rendre extrêmement banal. Ajoutons à cela un héros peu éloquent et un bad guy caricatural, le film d’Aleksander Bach conclut la période estivale des blockbusters d’une façon diamétralement opposée à ses débuts : si Mad Max : Fury Road l’avait entamée avec punch, Hitman : Agent 47 l’achève avec une tonalité morose.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s