[CRITIQUE] Hunger Games : La Révolte, Partie 2, de Francis Lawrence

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Bien trop long et pourtant plus intéressant, le dernier volet de la saga Hunger Games abat ses dernières cartes pour clore l’aventure. Si les premiers retours étaient mitigés, je trouve que le film de Francis Lawrence parvient parfaitement à faire aboutir tous les enjeux des films précédents, qu’ils soient purement politiques, dramatiques ou amoureux. Malgré une première partie très longue, Hunger Games : La Révolte, Partie 2 boucle la boucle en beauté, avec un épisode final complet, mêlant du frisson étonnant et – miracle ! – toutes les réponses à mes questions.

Le pitch : Alors que Panem est ravagé par une guerre désormais totale, Katniss et le Président Snow vont s’affronter pour la dernière fois. Katniss et ses plus proches amis – Gale, Finnick, et Peeta – sont envoyés en mission pour le District 13 : ils vont risquer leur vie pour tenter d’assassiner le Président Snow, qui s’est juré de détruire Katniss. Les pièges mortels, les ennemis et les choix déchirants qui attendent Katniss seront des épreuves bien pires que tout ce qu’elle a déjà pu affronter dans l’arène…

Malgré tout le foin qu’a pu susciter la saga Hunger Games, les films ont toujours été en dents de scie. J’avais détesté le premier opus, réalisé par Gary Ross, que je trouvais trop incohérent et mielleux, ce qui n’était pas étonnant vu qu’on se débarrassait à peine des films Twilight à ce moment là. Puis Francis Lawrence (Constantine, Je Suis Une Légende…) a repris la saga dès le deuxième chapitre, qui était certes un copié-collé du premier film, mais qui avait au moins le mérite d’être plus percutant, rythmé et intéressant. Alors que les fans semblaient généralement dubitatifs sur l’adaptation ciné des livres de Suzanne Collins, car beaucoup d’aspects étaient trop éludés dans les films (l’actuelle famine en tête de liste, la tyrannie du Capitol), en tant que non lectrice, je trouvais que Hunger Games – L’Embrasement semblait enfin débuter la partie en repositionnant ses pions. Malheureusement, Hunger Games – La Révolte, Partie 1 m’a rapidement fait déchanter. Propulsé par des ambitions marketing pour faire plus de sous, le dernier livre a été divisé en deux films pour faire durer la franchise plus longtemps (bien que le film est été tourné en une fois). Du coup, l’avant-dernier film était une déception cuisante car Francis Lawrence a eu bien du mal à animer la découverte du District 13 et à porter son héroïne en temps qu’égérie des rebelles, tout en tentant de faire grossir la menace…

Et aujourd’hui, je comprends mieux pourquoi. Dès les premières minutes, il est évident que le dernier volet d’Hunger Games aurait pu tenir en un seul film. En effet, si Francis Lawrence semblait trainer la patte, c’est parce que cette fois, on se rend rapidement compte du piège qui s’est lentement, mais sûrement, refermé sur Katniss, prise au beau milieu d’un jeu de pouvoir malsain et finalement cruel dont on découvre enfin les tenants et les aboutissants. Le Président Snow est-il le personnage infâme que l’on nous tease depuis le début ? Cette concentration sur Katniss et la révolte n’était-elle pas l’arbre qui cachait la forêt ?
Il en aura fallu du chemin et des aléas pour en arriver là ! Si la première partie Hunger Games : La Révolte, Partie 2 ressasse les événements du film précédent, le doute sur les véritables intentions du District 13 plane rapidement sur l’intrigue, alors que Katniss et son escouade partent à nouveau en guerre. Le film a parfois tendance à flotter, sûrement à cause de contraintes techniques, car de cette marche vers le capitole, nous n’en voyons qu’un groupe restreint perdu dans des décors en ruines (ce qui peut parfois paraître un peu ridicule quand on parle de guerre). Mais Hunger Games : La Révolte, Partie 2 a plusieurs cordes à son arc et ne tarde pas à les utiliser. Le film m’étonne dans sa volonté bien palpable à vouloir captiver son spectateur, en jouant avec des scènes particulièrement tendues, voire un peu flippantes, qui vont créer un suspens plutôt nouveau et rafraichissant. Le ton se durcit, l’atmosphère est bien plus sombre et chaque chute est plus marquante. Fini de jouer, la saga passe enfin aux choses sérieuses et Hunger Games : La Révolte, Partie 2 se démarque par sa direction décidée. Il ne s’agit plus seulement de divertir mais de conclure une saga qui a déjà bien trop trainé la patte.

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Jusque là, j’étais perplexe quand des amis/connaissances fans m’expliquaient les enjeux et les métaphores qui faisaient Hunger Games et qui semblaient plus clairs dans les livres. Il faut reconnaître que la saga a plus été façonnée par les tendances ciné rentables (un début twilightien, un chapitre final scindé en deux, quitte à faire une première partie inintéressante…) que par une ambition d’adapter une histoire finalement intéressante et transposable dans notre société actuelle. J’ai été surprise par Hunger Games : La Révolte, Partie 2 et ses jeux de manipulation qui éclatent ainsi à la dernière minute, mais aussi par l’intrigue étoffée qui expose enfin tous les pièges qui entourent Katniss, tandis que son statut d’emblème finit par battre fortement de l’aile pour virer à la revanche pure et simple. Même si la première partie du film est trop longue, trop lente, Francis Lawrence se rattrape avec une seconde partie animée, entre actions, émotions et frissons, tout en concluant une saga très contrasté avec un final à la fois surprenant, logique et satisfaisant. Joli rattrapage.

Au casting, il n’y a pas de changement, si ce n’est que le film joue moins sur le caractère peu aimable de Katniss, permettant à Jennifer Lawrence (X-Men Days Of Future Past, American Bluff…) d’être plus solide voire même attachante, tandis que Josh Hutcherson (Paradise Lost…) et Liam Hemsworth (Expendables 2…) continuent de se disputer mollement son attention. Encore une fois, Jena Malone (Inherent Vice, Hatfields and McCoys…) et Natalie Dormer (Game Of Thrones…) écopent d’une participation très secondaire, tout comme les autres membres de l’escouade d’ailleurs, à l’exception de Sam Caflin (Love, Rosie…) qui réussi à tirer son épingle du jeu. Côté « adultes », si l’ensemble reste participatif, Julianne Moore (Still Alice…) et Donald Sutherland (Forsaken…) s’offrent un face-à-face bien sympathique, alors qu’Elizabeth Banks (Pitch Perfect 2…), Woody Harrelson (True Detective…) et surtout Stanley Tucci (Les Jardins du Roi…) sont à la limite de la figuration. On notera les apparitions réduites de Philip Seymour Hoffman, décédé en cours de tournage, qui visiblement aurait dû être plus présent à l’écran.

En conclusion, Hunger Games : La Révolte, Partie 2 vient clôturer une saga en dent-de-scie et démarre avec une première partie ampoulée par les restes du film précédent. Cependant, Francis Lawrence parvient à sauver ce dernier chapitre en révélant tous les mystères et les enjeux qui planaient sur la franchise, transformant ce dernier chapitre en une conclusion plutôt aboutie et divertissante. Grâce à une tension maîtrisée et des personnages plus dans l’action que la contemplation, Hunger Games : La Révolte, Partie 2 tient ses promesses de justesse, malgré ses faiblesses narratives, et permet de considérer l’ensemble de la saga sous un nouveau jour. À voir (vrai ou faux ?).

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