Rattrapage 2015 : Big Eyes, de Tim Burton

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Le pitch : BIG EYES raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.

Généralement, quand Tim Burton sort de son univers, ce n’est jamais très bon (souvenez-vous de La Planète Des Singes en 2001). Derrière une comédie pétillante qui démarre avec une romance des plus charmantes, se cache un drame suffisamment sombre et trouble pour qu’on y retrouve la patte de Tim Burton. Avec Big Eyes, Tim Burton casse ses propres codes et ose le changement dans un film un tantinet suranné, mais plaisant et frais. Cette nouveauté pique la curiosité et cette promenade dans ce Burton 2.0 cache bien des surprises. Big Eyes fait, à première vue, office d’un OVNI, mais en y regardant de plus près, il y a bien de la noirceur tapie derrière ces tableaux colorés. En effet, si cette histoire d’imposture est plutôt attendue, c’est dans le traitement de ces personnages que le film révèle son intérêt. Si d’ordinaire Tim Burton aime explorer les monstres pour révéler leurs part d’humanité, cette fois c’est le chemin inverse. Derrière la gentillesse et les sourires, le couple Keane porte un masque qui se dissout de minute en minute, tandis que ce mari idéal finit par se transformer en monstre aux accents de folie rappelant un poil The Shinning à certains moments. Big Eyes met le paquet, de la romance qui vire au cauchemar à la sous-intrigue psychologique sur fond de libération féminine, Tim Burton livre un film plutôt abouti et plaisant. 
Cependant, l’ensemble reste déconcertant. Si on retrouve un peu de son univers lugubre à certains recoins (et grâce à la petite fille du couple Keane), Big Eyes détonne beaucoup avec la filmographie du réalisateur qui nous avaient plutôt habitué à des contes fantastiques, invitant à l’évasion et aux rêves – ou aux cauchemars. En adaptant cette histoire vraie, qui fleure bon les années 60 ans et les grosses fleurs imprimées en patchwork, l’identité du film prend un nouveau sens, tandis que l’intrigue reste finalement très (trop ?) terre-à-terre, faisant de l’ensemble un drame plutôt standard.

Au casting, pas d’Helena Bonham-Carter (encore du changement), mais un Christoph Waltz (007 Spectre, Comment Tuer Son Boss 2…) est absolument génial, mais il n’en finit plus de resservir le même personnage un peu dingo avec un fond mauvais, j’aimerai vraiment le voir changer de registre, face à une Amy Adams (American Bluff, Her…) tout en délicatesse, parfois un peu trop, mais convaincante dans son rôle. Autour d’eux, Krysten Ritter (Jessica Jones…) et Jason Schwartzman (Dans L’ombre de Mary…) partagent les répliques.

En conclusion, Tim Burton sort de sa zone de confort pour une comédie ensoleillée et des personnages colorées, pour mieux conter une intrigue sournoise où les monstres se cachent même en plein jour. Si Big Eyes est plutôt réussi, bien qu’attendu, la démarche de Tim Burton est déroutante. Même si on le reconnait dans les détails, il est facile de se perdre dans ces grands yeux. À voir, néanmoins.

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