Rattrapage 2015 : Ex Machina, d’Alex Garland

exmachina

Le pitch : À 26 ans, Caleb est un des plus brillants codeurs que compte BlueBook, plus important moteur de recherche Internet au monde. À ce titre, il remporte un séjour d’une semaine dans la résidence du grand patron à la montagne. Mais quand Caleb arrive dans la demeure isolée, il découvre qu’il va devoir participer à une expérience troublante : interagir avec le représentant d’une nouvelle intelligence artificielle apparaissant sous les traits d’une très jolie femme robot prénommée Ava.

L’intelligence artificielle est un terrain de jeu cinématographie qui a souvent donné lieu à de très bon films, notamment A.I. de Steven Spielberg et I, Robot d’Alex Proyas.
Alex Garland inscrit le fascinant Ex Machina dans un future proche glacé, livrant une rencontre inédite entre l’homme et la machine. Dès le début, on sent que les jetons sont faussés, Ex Machina est un film troublant où les intentions des protagonistes sont sujettes aux doutes. Alex Garland tisse un huis-clos étrange et plein de mystères, jouant avec les non-dits, l’innocence de ses personnages et les émotions partagées. Qui ment ? Qui est sincère ? Peut-on faire confiance à Ava ?
Si on peut se douter dès le départ de certaines réponses à ces questions, l’issue est néanmoins surprenante. Alex Garland parvient à composer une atmosphère du froideur intense, à la fois glauque et pourtant attirante, qui ne cesse de s’étirer jusqu’à un final hallucinant. Ex Machina soulève de nombreuses questions sur les évolutions technologiques et sur les éléments finalement impossibles à anticiper quand il s’agit d’un robot. Si les précédents films sur le sujet avaient plus ou moins rodés le système avec des lois contraignant les robots, Alex Garland imagine une intelligence artificielle pure et libre de sa propre évolution « mentale ». Le personnage d’Ava est spectaculairement bien écrit et pensé, car sous son apparence presque humaine, on devine des choses que des milliards de lignes de code ne pourront jamais remplacer. À travers sa relation avec le héros, Ex Machina allie le thriller psychologique au drame intelligent, nichée dans un ensemble à la fois étouffant, stylisé et maîtrisé où la notion de survie prend tout son sens. S’il est notion de l’Homme qui remplace Dieu au début du film, en créant la vie artificielle, Alex Garland va rapidement opposé la science au vice les plus primaires de l’être humain.
Truffée de surprises, Ex Machina explore son concept jusqu’au bout avec ingéniosité, et même si certaines surprises sont parfois attendues, le traitement du film presque étouffant, mais chirurgical et hypnotique vrille chaque rebondissement avec une intensité parfois malsaine, mais délectable.
La plume rodée aux cotés de Danny Boyle (scénariste de 28 jours plus tard et Sunshine), puis Mark Romanek pour le sensible et fabuleux Never Let Me Go (2010), Alex Garland réalise un premier film époustouflant, inspiré par les cultes du genres, traversé par un soupçon de Bienvenue à Gattaca (Andrew Niccol) et de Splice (Vincenzo Natali) pour le coté un peu malsain et expérimental. Et pourtant ce nouveau réalisateur imprime une direction personnelle et raffraichissante dans l’univers de la science-fiction, notamment grâce à des effets spéciaux remarquables qui vont habiller la belle Ava. En effet, si le film limite le recours au numérique en la couvrant, le résultat est plutôt saisissant et les détails intriguants (comme cette peau synthétique qui se colle et se décolle…).

Au casting justement, Alicia Vikander, l’actrice montante de 2015 (À Vif, Agents Très Spéciaux…), est absolument parfaite et époustouflante dans le rôle d’Ava, mêlant habilement les émotions humaines à la gestuelle mécanique sans trop forcer le jeu. Autour d’elle, Domhnall Gleeson (Il Était Temps, Frank, Invincible…) est très bon également, agissant comme un baromètre émotionnel pour le spectateur, tandis qu’Oscar Isaac (A Most Violent Year, Inside Llewyn Davis…) est surprenant et énigmatique en génie un poil tordu.

En conclusion, Ex Machina est définitivement l’un des petits bijoux SF de l’année. Alex Garland réalise un premier film brillant, sensible et intelligent sur les mystères impénétrables, froids et effrayant de l’intelligence artificielle, dans un thriller puissant et un tantinet jubilatoire. À voir absolument.

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