[COUP DE CŒUR] Creed : L’Héritage de Rocky Balboa, de Ryan Coogler

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Énorme, puissant et violent, Creed : L’Héritage de Rocky Balboa est un vrai film de boxe et une surprise à tous les niveaux. Ryan Coogler frôle la perfection, de l’ambiance nerveuse à la mise en scène maîtrisée, pour livrer un film haletant, jubilatoire et incroyablement réussi. Digne héritier de la saga Rocky et point de départ pour un nouveau chapitre, Creed : L’Héritage de Rocky Balboa prend aux tripes du début à la fin, jusqu’à une conclusion totalement épique et immersive. Difficile de rester de marbre devant un tel final, tant j’avais envie de crier pour encourager le héros ! Superbe film.

Le pitch : Adonis Johnson n’a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d’être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. D’abord réticent, l’ancien champion décèle une force inébranlable chez Adonis et finit par accepter…

Très honnêtement, la saga Rocky n’a jamais été en haut de ma liste des films à voir absolument (j’avoue même que je ne les ai pas tous vu). Pourtant, 40 ans après le premier Rocky, réalisé par John G. Avildsen en 1976, et 6 films qui semblaient avoir usé la légende de Rocky Balboa jusqu’à la corde, voilà que Ryan Coogler, jeune réalisateur de moins de trente ans (!) débarque avec une sorte spin-off/reboot à la fois novateur et classique, mais surtout incroyablement percutant et brillant. Un film coup de poing ? OK le jeu de mot est facile et pourtant, Creed : L’Héritage de Rocky Balboa est une jolie claque de cinéma et un moment épique à vivre en salles.

Après un Fruitvale Station salué, mais un poil larmoyant et attendu à mon goût, Ryan Coogler, réalisateur et scénariste du film, s’attaque à un monument culte et se penche surtout sur la descendance d’Apollo Creed, l’adversaire emblématique de Rocky Balboa. Si Creed : L’Héritage de Rocky Balboa a globalement un traitement on-ne-peut-plus classique, le film se démarque dès le départ en évitant le sentimentalisme inutile : le héros n’est pas vraiment un enfant du ghetto qui cherche absolument à s’en sortir et, par la suite, les drames qui vont entacher son ascension ne viendront jamais prendre le pas sur l’intrigue principale.
En effet, dès le début, Creed : L’Héritage de Rocky Balboa crée une ambiance forte, car au-delà de la violence des combats, Ryan Coogler accentue ses effets grâce à son montage brutal, avec des arrêts sur image péchus pour présenter les boxeurs, comme pour rappeler le dynamisme des émissions de boxe et, surtout, pour attiser une sorte de rage de vaincre constante dont la tension monte crescendo. Le film se focalise sur son héros, déterminé à devenir boxeur hors de l’ombre de son père, et le suit à travers un parcours intense, de sa rencontre avec Rocky Balboa à ses premiers matchs pros. L’intrigue en elle-même n’est pas surprenante : il est facile de deviner l’évolution du film, des débuts difficiles avec Rocky jusqu’au match final. Ce qui fait la différence entre Creed : L’Héritage de Rocky Balboa et les autres films de boxe, c’est cette énergie explosive qui vrille à travers le film et donne l’impression d’être aux premières loges. La mise en scène est incroyable et maîtrisée, de la façon ingénieuse de filmer les combats (des plans serrés étouffants, un plan séquence fabuleux…) à la bande-originale punchy et euphorisante qui donne vraiment envie de profiter à fond de chaque instant du film. Ryan Coogler offre une véritable expérience ciné tant on a envie d’être dans le public et d’encourager le héros à chaque round, c’est incroyable. J’ai rarement ressenti celà ! La pression monte à tel point qu’à la fin, j’étais littéralement accrochée à mon siège tellement j’étais dedans.

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Creed : L’Héritage de Rocky Balboa ne laisse rien au hasard mais ne s’éloigne jamais de son sujet principal. Si le film ne cède jamais au sentimentalisme, Ryan Coogler n’oublie pas de soigner ses personnages secondaires, notamment à travers un Rocky tel qu’on ne l’avait jamais vu avant : vieilli, mais assumé. Le film n’oublie pas la légende en l’inscrivant dans une réalité parfois dure à admettre mais nécessaire pour que la page se tourne. De même, si l’on échappe pas à la romance du film, ce n’est pourtant pas l’histoire attendue, au contraire car Creed : L’Héritage de Rocky Balboa s’attache à développer des personnages solides, devant chacun livrer un combat personnel, du héros qui veut se faire un nom sans ternir la légende de son père aux autres personnages qui se battent contre leurs propres problèmes (chhhuuut… je n’en dis pas plus). Si le film est aussi réussi, c’est parce qu’il évite brillamment les pièges qui lui tendent les bras : oui, c’est un film de boxe à l’intrigue presque classique, mais Creed : L’Héritage de Rocky Balboa nourrit une atmosphère nerveuse qui cohabite avec des pointes d’hilarité inattendues (le cloud, le stress avant le combat…), des accès de rages et surtout une détermination presque palpable et conquérante. Ryan Coogler livre un film abouti, un vrai cocktail émotionnel et explosif, qui se solde par un match final à l’intensité hors du commun qui surpasse de nombreux films du même genre (oui, même Warrior !) et ferait presque passer le récent La Rage Au Ventre pour une comédie gentillette (mais n’exagérons pas quand même !). Creed : L’Héritage de Rocky Balboa est relance la franchise avec brio, à mi-chemin entre le spin-off et le reboot. Pourra-t-on faire mieux ?

Au casting, après le four intergalactique qu’a été Les 4 Fantastiques, Michael B. Jordan (Chronicle, Fruitvale Station, That Awkward Moment…) retrouve Ryan Coogler pour une performance remarquable, dont la préparation est indéniable, aussi bien physique que dans l’interprétation de son personnage. Récompensé aux Golden Globes, Sylvester Stallone (Expendables, Match Retour, Évasion…) campe un de ses meilleurs rôles, incarnant un Rocky humble et vieillissant, dans une sorte de passation symbolique où l’acteur s’éloigne de ses personnages de gros dur / homme à femmes. Autour d’eux gravitent une Tessa Thompson (Selma, Dear White People…) attachante qui évite avec brio le rôle de la copine potiche grâce à un personnage discret mais fort, ainsi que Tony Bellew en adversaire charismatique et Phylicia Rashad en mère éloignée.

En conclusion, je vais faire simple, vu qu’une suite a déjà été annoncée, et vous dire ce que je répète à mon entourage depuis que j’ai vu le film : allez voir Creed : L’Héritage de Rocky Balboa ! C’est un grand film, réalisé par un Ryan Coogler très prometteur. Et je vous mets au défi d’aller voir ce film et de ne pas avoir envie de boxer dans le vide (en cachette ou pas) après coup 🙂

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