[CRITIQUE] Brooklyn, de John Crowley

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Parfois quand on va au cinéma, on a juste envie de voir un beau film, simple et touchant qui raconte une belle histoire aux accents accessibles dans lesquels on peut y retrouver une partie de son propre vécu. C’est justement ce que propose John Crowley avec Brooklyn, une romance à la sauce fifties qui se tisse entre émancipation et émotions, suivant le parcours d’une jeune femme qui doit choisir entre sa terre natale et ses mœurs étriquées ou son cœur. Simple, beau et touchant, Brooklyn est déjà un classique.

Le pitch : Dans les années 50, attirée par la promesse d’un avenir meilleur, la jeune Eilis Lacey quitte son Irlande natale et sa famille pour tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique. À New York, sa rencontre avec un jeune homme lui fait vite oublier le mal du pays… Mais lorsque son passé vient troubler son nouveau bonheur, Eilis se retrouve écartelée entre deux pays… et entre deux hommes.

Après le sensible et extraordinaire Boy A (2007), John Crowley est de retour avec une nouvelle tranche de vie bien moins tragique mais tout aussi réussie. Brooklyn a des allures de fables classiques, démarrant au cœur des années 50 dans un coin d’Irlande façonné par les convenances. L’héroïne évolue dans un univers auquel on se familiarise facilement, entre la vieille pincée qui juge tout ce qui l’entoure et ce village à l’horizon limité. Du coup, le départ aux États-Unis ajoute le piment nécessaire pour secouer ce petit cocon trop sage et démarrer une aventure certes attendue et légère, mais suffisamment bien racontée pour plaire.
Ainsi John Crowley nous embarque sans effort dans la découverte de cette Amérique en pleine essor où les filles de bonnes familles chassent le mari irlandais, comme pour garder un pied outre-atlantique, tandis que la jeune Ellis s’adapte tant bien que mal à l’éloignement. Petit à petit le film avance, faisant fleurir une rencontre un peu mièvre mais douce à l’oreille, avant d’opérer un retour aux sources décisif.

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Ce qui fonctionne dans Brooklyn, c’est tout simplement sa simplicité et une histoire qui peut faire écho à de nombreux niveaux. Que l’on ait connu le grand amour, le déracinement, un voyage en Irlande ou tout simplement un livre favori situé même endroit, même époque (Le Cercle des Amies de Maeve Binchy, au hasard…) par exemple, il y a, dans le film de John Crowley, une accessibilité et une absence de faste qui fait qu’on adhère aisément à l’ensemble. De la candeur des personnages aux émotions soulevées dans le film, John Crowley soigne l’ensemble, de la photographie chaude et lumineuse à un scénario authentique et délicat, si bien qu’on oublie finalement que le film nommé Brooklyn semble surtout se dérouler en plein Manhattan, ou plutôt dans des studios de cinéma ayant recréer certains endroits de Manhattan. Du coup, Brooklyn réchauffe les cœurs et donne envie de croire à cette jolie histoire intemporelle et attachante, dans la lignée de ces films oscillant entre passion, histoire et mœurs, d’une Scarlett O’Hara enflammée dans Autant En Emporte Le Vent à une plus récente Bathsheba Everdene toute en retenue dans Loin de la Foule Déchaînée.

Au casting, Saoirse Ronan (Lost River, The Grand Budapest Hotel, Maintenant C’est Ma Vie…) illumine l’écran et incarne son personnage avec la douceur et la détermination nécessaire pour éviter de sombrer dans le coté godiche. À ses cotés, Emory Cohen (The Gambler, The Place Beyond The Pines…) se fait discret mais attachant, tandis que Domhnall Gleeson (The Revenant, Ex Machina, Frank…), Jim Broadbent (Cloud Atlas…) et Julie Walters (Harry Potter, Paddington…) complètent un ensemble sympathique. À noter dans le casting, la présence de Nora-Jane Noone qui a débuté sa carrière avec The Magdalene Sisters, un autre film irlandais (avant The Descent 1 et 2…), et la présence anecdotique de Emily Bett Rickards, Felicity Smoak dans la série Arrow.

En conclusion, si Brooklyn paraissait trop plat pour être nommé aux Oscars, il s’avère finalement bien plus attrayant qu’il en a l’air. John Crowley signe une jolie histoire, entre romance et éveil, saisissant à merveille les contraintes d’une époque sans sombrer dans les clichés tout en proposant une héroïne rafraîchissante, entre détermination, féminité et jugeote. À voir.

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