[CRITIQUE] Célibataire, Mode d’Emploi, de Christian Ditter

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Girly mais pas gnangnan, moderne mais pas (trop) caricaturale, Célibataire, Mode d’Emploi propose une comédie à mi-chemin entre le drame et la romance, tandis que Christian Ditter scrute ces célibataires 2.0 lâchés dans les rues de New York, en quête du grand amour… ou d’un coup d’un soir. Loin de vanter la sempiternelle quête du prince charmant, Célibataire, Mode d’Emploi dresse des portraits attachants et accessibles, tout en évitant de sombrer dans la facilité. Résultat, le film ose le chick-flick moins superficiel, prônant la confiance en soi et la maturité, plutôt que l’amour à tout prix et idéalisé. Pas mal !

Le pitch : Il y a toutes sortes de manières de vivre en célibataire. Il y a ceux qui s’y prennent bien, ceux qui s’y prennent mal… Et puis, il y a Alice. Robin. Lucy. Meg. Tom. David… À New York, on ne compte plus les âmes en peine à la recherche du partenaire idéal, que ce soit pour une histoire d’amour, un plan drague… ou un mélange des deux ! Entre les flirts par SMS et les aventures d’une nuit, ces réfractaires au mariage ont tous un point commun : le besoin de redécouvrir le sens du mot célibataire dans un monde où l’amour est en constante mutation. Un vent de libertinage souffle de nouveau sur la ville qui ne dort jamais !

Sur le papier, Célibataire, Mode d’Emploi n’avait pas grand chose pour me plaire, entre une Rebel Wilson qui a tendance à m’agacer, Dakota Johnson qui me rappelle toujours l’horrible 50 Nuances de Grey et une Leslie Mann, toujours cute mais souvent un peu crade sur les bords. De plus, après les soi-disantes comédies girly qui se voulaient libérées et modernes, de l’effroyable Bachelorette à l’agaçant Crazy Amy, le film de Christian Ditter donnait l’impression de surfer sur cette tendance à la Sex And The City, un peu plus cru, entre hystérie collective, jugements puritains et caricature honteuse.

À l’arrivée, premier constat : non il ne s’agit pas d’une bande de copines qui chasse le mâle à Manhattan. Célibataire, Mode d’Emploi présente des personnages isolés, qui se croisent ou se rencontrent dans la Grande Pomme, chacun motivé par des ambitions différentes : le coup d’un soir, l’âme sœur, l’ex qui s’éloigne ou encore l’envie d’avoir un bébé. Si le film ne manque pas d’humour et saute à pieds joints dans les scènes inévitables qui lui sautent les bras, le résultat est plutôt efficace : on embarque facilement dans cette virée fun et étourdissante, qui dressent des portraits féminins accessibles et jouent avec les clichés des romcoms tout en gardant un repère réaliste pour ne pas trop nous prendre pour des imbéciles. Mais finalement, derrière toute cette agitation, Christian Ditter finit par évoquer une réalité souvent floutée par les comédies romantiques classiques. En effet, le film observe le célibat et les différentes méthodes de rencontres, des sites internet aux dragues en direct, avant d’en tirer des conclusions certes évidentes mais néanmoins justes et agréables à entendre. Au lieu d’étirer un rêve Disney-like où les héros tombent amoureux au premier regard et où le happy-end est attendu au possible, Célibataire, Mode d’Emploi cherche un peu la difficulté pour surprendre et propose une petite réflexion intéressante sur le célibat aujourd’hui, le culte du couple et la définition de la normalité quand on a 30 (ou plus) et qu’on est toujours pas casé.

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En effet, à travers une héroïne qui n’a jamais vécu seule, un tombeur qui n’a jamais voulu se poser ou une carriériste qui finit par se poser des questions essentielles, Célibataire, Mode d’Emploi offre une morale rafraîchissante qui remue les bonnes questions. Du coup, le résultat surprend et ne gâche en rien la bonne humeur et l’euphorie portées par un film définitivement girly, mais pas naïf pour un sou.
Alors oui, il y a tout de même un peu de romantisme dans l’ensemble, parce qu’il faut quand même nous faire rêver un peu. Au final, Célibataire, Mode d’Emploi conquiert grâce son ambiance assumée et ses personnages accessibles, entre clichés et modernisme. Le film offre une vision éclairée des histoires d’amour et de désamour d’aujourd’hui, concluant avec une morale satisfaisante avec laquelle on ne peut que tomber d’accord.

Au casting, Dakota Johnson (Strictly Criminal, Need For Speed…) traîne des casseroles mais parvient à nous les faire oublier facilement en incarnant un rôle pourtant pas si éloigner de celui qu’elle tenait dans 50 Nuances de Grey… en moins cruche et bien plus sympathique. À ses cotés, Rebel Wilson (Hit Girls et Pitch Perfect 2…) est plus en retrait et moins poussive, Leslie Mann (Triple Alliance, Vive Les Vacances…) ne manque jamais une occasion de faire un truc un peu sale, tandis qu’Alison Brie (Jamais Entre Amis, La Grande Aventure Lego…) se fait rare mais reste parfaite. Coté hommes, Anders Holm (The Mindy Project, Workaholics…) et Jake Lacy (Carol, Girls…) se démarquent du lot, tandis que Nicholas Braun (Le Monde de Charlie, Poltergeist…) écope du mauvais rôle et que le personnage de Damon Wayans (New Girl, Les Nouveaux Héros…) n’est développé que tardivement et en retrait de l’histoire principale (étrange, d’ailleurs).

En conclusion, Célibataire, Mode d’Emploi est une comédie girly, mignonne mais pas si naïve que ça. Christian Ditter joue avec le cliché du prince charmant et de l’amour parfait pour dresser le portrait de personnages nourris par ces mêmes clichés, offrant une lecture piquante et sympathique des relations humaines et du célibat moderne. À voir.

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