[CRITIQUE] Rosalie Blum, de Julien Rappeneau

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Mignon et sans prétention, Rosalie Blum est une histoire de rencontres et d’actes manqués, un chassé-croisé entre des personnages à la bonhomie attachante. Julien Rappeneau narre des tranches de vie aux apparences banales, livrant un film accessible et frais, qui donne le sourire et permet de passer un bon moment. Néanmoins, à cause d’un manque de piquant et d’un traitement sans risque, Rosalie Blum frôle de peu le téléfilm.

Le pitch : Vincent Machot connaît sa vie par cœur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Mais la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents… Il croise par hasard Rosalie Blum, une femme mystérieuse et solitaire, qu’il est convaincu d’avoir déjà rencontrée. Mais où ? Intrigué, il se décide à la suivre partout, dans l’espoir d’en savoir plus. Il ne se doute pas que cette filature va l’entraîner dans une aventure pleine d’imprévus où il découvrira des personnages aussi fantasques qu’attachants. Une chose est sûre : la vie de Vincent Machot va changer…

Scénariste à ses débuts, Julien Rappeneau (Zulu, Cloclo, Largo Winch…) passe pour la première fois derrière la caméra avec Rosalie Blum, une adaptation de la bande-dessinée de Camille Jourdy et livre une comédie simple et sans artifice. Rosalie Blum est un chassé-croisé de personnages qui se croisent et s’épient, à travers un film qui vient sublimer un quotidien banal, offrant une petite aventure venant casser le train-train habituel. Si le film de Julien Rappeneau ne raconte pas de grandes histoires dignes d’un film d’espionnage, on se laisse aisément porter par le pendant accessible de l’intrigue et par ses personnages attachants qui évoluent sous nos yeux. Du fils à maman intrigué par cette Rosalie mystérieuse à cette même Rosalie qui s’amuse de son espion pour oublier son secret, en passant par une jeune femme qui profite de l’agitation pour mettre ses incertitudes entre parenthèses, Julien Rappeneau relie ses personnages dans une tranche de vie touchante et si proche, dont l’authenticité crée un cocon bienheureux et plein de tendresse.
En effet, la force de Rosalie Blum est d’offrir une histoire sincère, qui change des personnages romancés que l’on voit d’habitude au cinéma. Le film s’inscrit dans un cadre humble, un village sans identité qui pourrait en rappeler plein d’autres, habité par des personnages simples démêlant leurs petits tracas qu’on pourrait très bien croiser au détour d’une rue. Le film observe des personnages en proie à leurs craintes et à leurs doutes, coincés à une étape de leur vie. Paradoxalement, c’est en s’offrant un petit moment d’évasion, poussé par la curiosité, que chacun va réussir à avancer à nouveau, que ce soit seul ou à plusieurs.
Pourtant, Rosalie Blum a ses failles. Si on aime ses traits d’humour efficace, le mini-twist en cours de route et le fait que ses personnages principaux s’étoffent en se découvrant, le film de Julien Rappeneau a souvent tendance à s’embourber dans une trame un peu trop plate et un traitement parfois amorphe. Du coup, même si on passe un bon moment, Rosalie Blum fait parfois l’effet d’un bon téléfilm idéal pour un dimanche après-midi pluvieux, car s’il est satisfaisant et sympathique, on est quand même loin de la dramédie à la fois pétillante et profonde que cela aurait pu être. Rester trop simple, c’est aussi le risque de devenir un poil ennuyeux.

Au casting, Kyan Khojandi (Nous Trois Ou Rien, Nos Futurs…) a parfois du mal à convaincre dans son rôle, oscillant trop souvent vers le coté benêt de son personnage, ce qui le sort un peu de son cadre attachant. Heureusement, à ses cotés Noémie Lvovsky (Chocolat, La Belle Saison, Comme Un Avion…) rayonne dans le rôle-titre tandis qu’Alice Isaaz (En Mai, Fais Ce Qu’Il Te Plait, Un Moment d’Égarement…) l’épaule en apportant une touche d’espièglerie. En bruit de fond, Anémone (Jacky Au Royaume des Filles…) et Philippe Rebbot (21 Nuits Avec Pattie…) jouent les vieux fous face à un duo de pom-pom girls un peu givrées composé par Sara Giraudeau (La Belle et la Bête…) et Camille Rutherford (La Vie d’Adèle…) font sourire.

En conclusion, chaleureux et agréable, Rosalie Blum est une comédie sans prétention qui donne le sourire et charme grâce à son cadre simple et accessible. Mais à trop vouloir sublimer la banalité des affres de la vie, Julien Rappeneau est souvent trop transparent et se rattrape de justesse grâce à un casting attachant. À voir.

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