[CRITIQUE] La 5ème Vague, de J Blakeson

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Incohérent et paresseux, La 5ème Vague tente d’entrer dans la cour des grands avec un film peu imaginatif au traitement navrant, cumulant paresse et bêtise. Cette adaptation d’une nouvelle saga littéraire réalisée par J Blakeson tente de narrer l’histoire d’une jeune fille luttant pour survivre alors que la Terre est attaquée par des extraterrestres, mais ne réussit qu’à pomper des arcs narratifs déjà vus chez la concurrence, souvent en mieux (ce qui est difficile à admettre quand on observe ladite concurrence de plus prêt). Du coup, c’est prévisible, pas intéressant pour ne pas dire neuneu. À oublier.

Le pitch : Quatre vagues d’attaques, chacune plus mortelle que la précédente, ont décimé la presque totalité de la Terre. Terrifiée, se méfiant de tout, Cassie est en fuite et tente désespérément de sauver son jeune frère. Alors qu’elle se prépare à affronter la cinquième vague, aussi inévitable que fatale, elle va faire équipe avec un jeune homme qui pourrait bien représenter son dernier espoir – si toutefois elle peut lui faire confiance…

Aaahh les adaptations de sagas littéraires… Un filon en or si on parvient à flairer le bon concept : De Harry Potter au Labyrinthe, en passant par Hunger Games, Divergente mais aussi par Twoilet, ces livres ont réussi à attirer les foules une fois adaptés au cinéma, que l’on aime le résultat ou non, le succès était au rendez-vous. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde, car certains films n’ont jamais réussi à dépasser le premier opus comme The Mortals Instruments, Sublimes Créatures ou encore The Giver qui se sont gentiment vautrer sur grand écran… Et si La 5ème Vague fermait la marche ? J Blakeson, connu pour avoir réalisé La Disparition d’Alice Creed en 2009, tente sa chance, en adaptant le premier roman de la trilogie écrite par Rick Yancey.

Dans un futur proche, la Terre est attaquée par des extraterrestres en quatre temps, appelée des vagues. Même si la quatrième vague fait office d’un flou artistique pour ensuite devenir une évidence pour tous les personnages du film (par télépathie, assurément), La 5ème Vague démarre avec une introduction qui donne presque envie avec un fil conducteur innovant par rapport aux mondes dysto-post-apocalyptico-vampiro-magiques que l’on voit d’habitude. Seulement, rapidement, la crédibilité de l’ensemble est mise à mal, d’une part à cause d’un focus souvent inutile sur l’héroïne (en slow-motion, histoire d’avoir un peu de style), mais surtout à cause d’une trame qui tient difficilement debout. En effet, alors que l’apocalypse semble avoir eu lieu, mettant fin au monde tel que nous le connaissons grâce à une impulsion électro-magnétique bien commode (plus d’électricité, d’électronique, ni rien… sortez les bougies et les vélos, donc), c’est l’armée qui débarque avec ses gros sabots (incluant des jeeps et des bus qui ont l’air de bien fonctionner, bizarre) histoire de sauver un groupuscule de gens en plein camping dans les bois. Outre l’étrangeté douteuse de la situation à peine relevée dans un murmure par l’héroïne, La 5ème Vague poursuit avec une série d’événements sans queue ni tête, ayant pour but non dissimulé de virer tous les adultes inutiles d’un coup puis de laisser notre héroïne seule avec ses pensées (et son journal intime).
Le problème, c’est que même si le film étoffe son scénario, derrière chaque scène se cache un « Mais pourquoi… ? » ou un « Comment… ? » dubitatif, questionnant la crédibilité de l’histoire. Pourquoi personne ne réagit en voyant des voitures fonctionner ? Comment l’héroïne est-elle au courant pour la 4ème vague alors que quand cela a été expliqué, elle ne pouvait pas entendre ce qu’il se disait ? Mais pourquoi personne n’a relu derrière le scénariste ?

la5emevague1Alors que La 5ème Vague avance à la hâte pour abattre ses cartes empruntées aux copains (triangle amoureux + romance interdite avec un type dangereux : check; réaliser que les héros se battent du mauvais coté : check…), J Blakeson s’embourbe dans des ficelles épaisses comme des poutres, voguant d’une intrigue consternante à une autre, glamourisant d’un coté les enfants soldats avant de relativiser le génocide en masse de l’autre. Le plus gênant dans tout cela, c’est surtout la paresse et le manque d’inventivité qui transpirent à travers le film : Independance Day, Falling Skies et même une revisite de TwoiletAucun plagiat ne manque à l’appel pour combler une trame sans surprise, cristallisée par un casting hagard et peu convaincant.

En effet, Chloe Grace Moretz (Dark Places, Si Je Reste, Girls Only…) passe du meilleur (?) au pire avec une aisance fascinante et là, typiquement, ses moues effrayées n’en finissent plus d’agacer. Alors que ses yeux constamment écarquillés semblent appeler à l’aide, ses partenaires à l’écran ne sont pas d’un grand secours : Nick Robinson était plus convaincant en dragueur compulsif dans Jurassic World, Alex Roe est d’une transparence absolue et Maika Monroe (It Follows…) se prend pour Jena Malone dans Hunger Games. Coté acteurs plus solides, c’est également la débandade : alors que Ron Livingston (Conjuring – Les Dossier Warren…) prend rapidement la tangente (bien joué), Maria Bello (Prisoners…) et Liev Schreiber (Spotlight…) s’illustrent dans des rôles franchement risibles.

En conclusion, La 5ème Vague fait office d’une piètre tentative pour s’inscrire dans l’ère des adaptations des sagas littéraires et échoue lamentablement en proposant une aventure sans surprise, fadasse et peu originale, hantée par des personnages vus et revus mille fois. Si suite il y a, ce sera sans moi ! À éviter.

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