[CRITIQUE] Criminal – Un Espion Dans La Tête, de Ariel Vromen

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Relativement absurde, mais tout de même bien fun, Criminal – Un Espion Dans La Tête a tous les ingrédients du petit plaisir coupable : un Kevin Costner en brute épaisse dans un film d’action plutôt efficace, mais marqué par une trame trop souvent grotesque pour être prise au sérieux. Si on aime le film d’Ariel Vromen, c’est surtout pour son ambiance dynamique et virulente qui maintient un rythme tout de même fascinant, relevé par un humour débonnaire et salvateur. Mais si on y regarde de plus près, entre incohérences et facilités nombreuses dans l’exécution, Criminal – Un Espion Dans La Tête aurait tout aussi bien pu sortir en DTV s’il n’y avait pas eu cet incroyable casting !

Le pitch : Dans une ultime tentative pour contrecarrer un complot et une terrifiante catastrophe, les autorités décident d’implanter la mémoire et le savoir-faire d’un agent de la CIA décédé dans le corps d’un condamné à mort aussi imprévisible que dangereux. Il est l’unique chance – à haut risque – d’achever la mission… D’autant qu’en récupérant l’esprit de l’ancien agent, le condamné a aussi hérité de ses secrets…

Décidément, ces derniers temps, le cinéma aime puiser dans ses vieux pots quand il s’agit de proposer un film original (entendez par là que ce n’est ni un remake, ni un reboot ou autre prequel/sequel…). Après (ou plutôt avant, chronologiquement parlant) un Money Monster à la sauce 90s, Ariel Vromen emprunte à cette époque l’ambiance coup de poing et frontale des films d’action qui mettent en avant le parfait anti-héros qui, pour une raison ou une autre (généralement une nana, hin), finit par trouver la lumière. Criminal – Un Espion Dans La Tête n’échappe pas aux clichés mais parvient à délivrer, notamment parce que contrairement aux années 90, le cinéma d’aujourd’hui n’a plus envie d’édulcorer sa violence.
Au détour d’un pitch aussi léger qu’un post-it où on essaie de nous faire croire que la CIA n’a rien de mieux à faire que de mettre les souvenirs d’un agent décédé en mission dans la tête d’un psycho-sociopathe de premier ordre (grâce à une technologie super méga scientifique trop crédible), le film dorlote sa superstar en la suivant de près dans son évolution. N’ayant pas peur de faire de la psychologie de bas-étage, Ariel Vromen n’hésite pas à pousser la caricature au maximum pour tenter un parallèle maladroit sur le bien et le mal, à travers un héros que l’on découvre littéralement à l’état sauvage (enchaîné et grognant comme une bête) jusqu’à ce qu’il apprenne la valeur de la vie humaine (grâce à la conscience d’un chic type dans sa tête). C’est tellement beau, qu’on croirait y voir du Iñárritu dans le texte !

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Heureusement, au-delà d’une intrigue dont les bases ont tendance à flancher, Criminal – Un Espion Dans La Tête s’avère divertissant. Si au début le personnage de Kevin Costner en fait un peu trop dans le genre grosse brute au tempérament grognon, j’ai fini par apprécier le coté frontal du film qui n’hésite pas à être suffisamment violent dans ses échanges pour accrocher et échapper à la mélasse soporifique vers laquelle le film semblait tout droit se diriger. Du coup, je me suis amusée des incohérences et de l’écriture un peu à l’arrache et linéaire des personnages, qui évoluent vers un final très prévisible. Relativement crétin, n’ayons pas peur des mots, le film d’Ariel Vromen se repose sur une intrigue très légère et téléphonée. Pourtant, l’ensemble glisse tout seul, si on ferme les yeux à sur certain point, porté par un Kevin Costner (Man Of Steel, 3 Days To Kill, The Ryan Initiative…) décomplexé assumant son rôle hyper bourrin, car, avouons-le, cela fait quand même plaisir de le revoir sur grand écran et c’est quand même le seul personnage sur lequel les scénaristes se sont un peu appliqués.

En effet, il y a beaucoup de beau monde dans ce casting, qui avait certainement besoin d’un film pour payer leurs taxes : Gary Oldman (La Planète des Singes – L’Affrontement, RoboCop, Des Hommes Sans Loi…) hérite d’un personnage peu convaincant écrit à la truelle et Tommy Lee Jones (The Homesman, Malavita, Lincoln…) semble complètement épuisé et si peu crédible en neuroscientifique que c’est un tantinet gênant (et inquiétant). Michael Pitt (Asphalte, Hannibal…), Jordi Mollà (Au Cœur de l’Océan, Riddick…) et Ryan Reynolds (Deadpool, The Voices…) sont accessoires, tandis que du coté des actrices, Gal Gadot (Batman V Superman, Triple 9…) s’en sort tout juste mais c’est surtout Antje Traue (Man Of Steel, La Femme au Tableau…) qui crève l’écran grâce à un personnage dangereux mais sous exploité.

En conclusion, Criminal – Un Espion Dans La Tête est un divertissement plutôt moyen, rattrapé par un personnage principal accrocheur. Si l’ensemble est plutôt passable et desservi par un scénario faiblard, le film de Ariel Vromen s’avère curieusement sympathique et facile à suivre, même s’il s’oublie vite aussitôt vu. À tenter, pourquoi pas.

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Et puis ce n’est pas tout les jours que le papa de Superman hérite de la mémoire de Deadpool grâce à l’agent K et au Commissaire Gordon (ou Sirius Black), tout en cotoyant Wonder Woman et en affrontant, entre autres, Faora ! 🙂 

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