[CRITIQUE] The Door, de Johannes Roberts

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Très prévisible mais relevé par par une ambiance soignée et accrocheuse, The Door parvient à installer une atmosphère stressante, traversée par des jumpscares souvent efficaces. Cependant, le film de Johannes Roberts tombe dans les nombreux pièges qui lui ouvraient les bras, entre une intrigue déjà vue et une fin totalement ratée, qui détonne avec un ensemble certes peu novateur mais volontaire, comme le réalisateur avait soudainement baissé les bras. Preuve, s’il en fallait une, qu’on peut être une production estampillée Alexandre Aja et ne pas être à la hauteur du nom apposé sur l’affiche !

Le pitch : Une famille américaine mène une paisible existence en Inde jusqu’à ce qu’un accident tragique prenne la vie de leur jeune fils. La mère, inconsolable, apprend qu’un rituel antique peut lui permettre de lui faire un dernier adieu. Elle voyage alors jusqu’à un ancien temple, où se trouve une porte qui sépare le monde des vivants et celui des morts. Mais quand elle désobéit à l’avertissement sacré de ne jamais ouvrir cette porte, elle bouleverse alors l’équilibre entre les deux mondes.

Forcément, entre le nom du film et le pitch, pas besoin de sortir de Saint-Cyr (notez l’expression de vieux) pour deviner l’histoire, inutile donc de revenir là-dessus. Malgré tout, The Door prend le temps d’installer sa cellule familiale brisée afin de créer un attachement envers les personnages, ce qui est finalement appréciable. En effet, lorsque le film entre dans le vif du sujet, c’est une toute autre ambiance qui se dessine. Pendant tout le milieu du film, Johannes Roberts parvient à faire oublier la facilité du scénario en épaississant un mystère inquiétant autour de cette famille hantée par un esprit peu amène. Si le film se réfugie parfois dans des jumpscares évidents, The Door arrive tout de même à surprendre en créant des moments d’angoisse inattendus. Et ça marche : c’est facile de faire sursauter avec une porte qui claque, mais ajouter un élément flippant en arrière-plan sans prévenir… c’est bien plus efficace. Du coup, le film alterne entre ses effets, maintenant une tension relativement captivante tout au long du film. Certes, ce n’est pas du grand cinéma, mais The Door réussit à tenir en haleine, ne serait-ce que par curiosité.

thedoor2Johannes Roberts expose de bonnes idées dans le traitement de ses personnages, effleurant les clichés habituels de la petite famille classique des films d’horreur, sans trop forcer le trait. The Door a des airs de déjà-vu mais un tempérament parfois imprévisible qui empêche le film de sombrer dans l’ennui. Malheureusement, tous ces efforts s’écroulent dans les dernières minutes. Alors que The Door avait presque réussi à m’entraîner dans sa spirale angoissante, notamment grâce à l’apparition intempestive d’un personnage plutôt flippant, la fin tranche brutalement avec le reste du film, malgré tout inspiré. Les dernières minutes donne l’impression que le fil conducteur a soudainement été rompu, comme si les dernières scènes avaient été tournées par quelqu’un d’autre, car on perd totalement les intentions du film dans une conclusion hâtive, un poil absurde et, pour faire simple, ratée. Dommage, si The Door était allé jusqu’au bout de ses idées, cela aurait pu sauver un ensemble certes moyen, mais pas désagréable pour autant.

Au casting, après Lauren Cohan dans The Boy, c’est une autre star de The Walking Dead qui s’essaie au genre horrifique cette année, Sarah Wayne Callies (Black Storm, Colony…) tient le premier rôle et s’en sort plutôt bien. À ses cotés, Jeremy Sisto (Six Feet Under, Suburgatory…) est plutôt en retrait, tandis que la jeune Sofia Rosinsky les coiffe tous au poteau avec une jolie performance bien réussie.

En conclusion, j’étais perplexe en allant voir The Door mais malgré une intrigue ultra-prévisible, le film de Johannes Roberts parvient à construire une ambiance sombre et captivante, rehaussée par de petits moments de frissons bienvenus. The Door donne plus que certains films pseudo-horrifiques et évite tout de même de prendre son public pour un crétin en se contentant de faire bouger des rideaux (prends ça dans la face, Paranormal Activity), évitant même l’insupportable found-footage au rabais (et bim ! Gallows…). Malheureusement, le film se vautre tout de même dans les dernières minutes, avec un final bâclé et totalement déconnecté de l’ensemble, laissant un souvenir mitigé proche de la déception (surtout à cause de son ouverture vers une potentielle suite !). À tenter quand même, car les plus sensibles seront, à mon avis, assez réceptifs.

Peek-a-boo!

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2 réflexions sur “[CRITIQUE] The Door, de Johannes Roberts

  1. J’en ai plutôt été déçue (très déçue, même). Bon, je ne suis pas forcément fan de Sarah Wayne C., donc je suis pas la personne la plus objective de la terre non plus, mais j’ai trouvé l’ensemble complètement sous-exploité. Ne serait-ce qu’à propos de l’Inde, qui sert juste de background un peu exotique, sans jamais vraiment apporter quelque chose à l’histoire. L’exemple de la « caste » des aficionados de cendres est assez parlant, je trouve : ils sont là, de temps en temps, mais à aucun moment ils ne révèlent une quelconque utilité…
    Par contre, gégeay pour l’espèce de gardienne des enfers (même si trop sous-exploitée je trouve, là encore). Le bruit chelou qu’elle fait à chaque fois qu’elle déplie les bras m’a collé quelques fois la chair de poule, ahah.

    • Effectivement, on est pas dans un film d’horreur appliqué, d’où ma grande tolérance pour l’ensemble qui vire à la catastrophe au moment de la conclusion.
      Par contre j’ai entendu dire que « Dans Le Noir » était mieux que Conjuring 2… Hâte de voir ça.

      A bientôt,
      Dunno

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