[CRITIQUE] Retour Chez Ma Mère, d’Éric Lavaine

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Le pitch : Aimeriez-vous retourner vivre chez vos parents ? À 40 ans, Stéphanie est contrainte de retourner vivre chez sa mère. Elle est accueillie les bras ouverts : à elle les joies de l’appartement surchauffé, de Francis Cabrel en boucle, des parties de Scrabble endiablées et des précieux conseils maternels sur la façon de se tenir à table et de mener sa vie… Chacune va devoir faire preuve d’une infinie patience pour supporter cette nouvelle vie à deux. Et lorsque le reste de la fratrie débarque pour un dîner, règlements de compte et secrets de famille vont se déchaîner de la façon la plus jubilatoire. Mais il est des explosions salutaires. Bienvenue dans un univers à haut risque : la famille !

Revoir un film avec Alexandra Lamy en tête d’affiche ? Très franchement, après le four insupportable qu’était Jamais Le Premier Soir, je n’étais pas hyper partante. Oui mais voilà, la bande-annonce m’a plu et je suis allée voir le film avec ma mère (histoire de vous raconter un peu ma vie, je trouve qu’on ne partage pas assez :D), donc au moins une bonne raison de voir le film d’Éric Lavaine (le ciné avec ma mère, hin, pas le sujet du film !).
À l’arrivée, Retour Chez Ma Mère est plutôt une bonne surprise, de ces comédies françaises qui font plaisir avec une approche accessible, tendre et pas potache. Entre conflit générationel et histoires de famille, le film d’Éric Lavaine tord le cou aux clichés en évitant de s’enliser dans la relation mère-fille sur le retour. En fait, ce n’est même qu’un épisode servant à installer une histoire finalement plus intéressante, traversée par des pointes d’humour dans lesquels on peut facilement se retrouver, avant d’entrer dans le vif du sujet.

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En effet, si la première partie repose sur l’histoire d’une femme adulte qui perd tout et doit retourner vivre chez sa mère, le film s’étoffe en en profitant pour déballer du linge sale en famille. Visiblement inspiré par les dramas familiaux américains et ses règlements de compte savoureux autour d’un repas, Éric Lavaine ébranle une cellule dispersée, hantée par un père décédé et anime l’ensemble avec le sujet tabou des tabous : l’argent. Entre jalousie et concurrence fraternelles, Retour Chez Ma Mère dépeint des personnages accessibles et parvient à ne pas les diviser de façon sommaire (l’héroïne gentille face aux méchants), avec une authenticité rafraîchissante. Dans une tranche de vie nécessaire, l’héroïne du film va contempler sa vie et ses relations avec les autres, ce qui va créer certains retournements de situations inattendus.
Le film se laisse découvrir avec plaisir, car Éric Lavaine propose une histoire sympathique et animée, jouant entre quiproquos, romance secrète et révélations plus ou moins terribles qui sortent l’ensemble d’un traitement aux apparences prévisibles. Le bémol, c’est que Retour Chez Ma Mère a beaucoup de sous-intrigues à traiter et semble parfois s’étirer indéfiniment, ce qui est toujours mauvais signe pour un film qui dure moins d’1h40. De plus, alors que le film ne s’éternise pas vraiment sur l’autre famille de l’héroïne (son divorce, son fils…), Éric Davaine se rabat sur son ambiance sucrée pour conclure le tout avec une pirouette bien trop facile et expédiée. Mais bon, c’est une comédie guillerette taillée pour passer un bon moment, alors…

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Finalement, après des premiers films hyper potaches (de Poltergay à Bienvenue à Bord), Éric Lavaine semble avoir trouver son créneau avec des comédies à la légèreté apparente et axée sur les relations conflictuelles familiales et/ou amicales. D’ailleurs, son dernier film Barbecue, malgré ses défauts caustiques et un tantinet élitistes, semblait déjà marquer un certain virage, qui se confirme avec Retour Chez Ma Mère. À noter également, c’est la capacité du réalisateur à diriger ses acteurs. Alors que d’ordinaire j’ai le poil qui s’hérisse dès que je vois Franck Dubosc, Éric Lavaine parvient à le tempérer. Ici, j’ai l’impression que c’est pareil dans ce casting composé de personnalités dont le jeu est parfois, souvent, embarrassant et rebutant.
En effet, Alexandra Lamy (Jamais Le Premier Soir, De Toutes Nos Forces, Bis…) est moins crispée – ou crispante – même si ses tics ne sont jamais loin, rendant son personnage plus appréciable. Face à elle, Josiane Balasko (Arrête Ton Cinéma !, Les Gazelles…) se porte comme une reine, tandis que se succèdent à l’écran : Mathilde Seigner (En Mai, Fais Ce Qu’il Te Plait…), Jérôme Commandeur (Barbecue…), Philippe Lefebvre (Marseille…) et Cécile Rebboah (La Liste De Mes Envies…).

En conclusion, Retour Chez Ma Mère est une comédie qui réserve de bons moments d’hilarité, entre conflit générationel et déballage de linge sale en famille. Un peu longuet vers la fin, mais l’ensemble est agréable et drôle. Et ma mère a adoré ! À tenter.

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