[CRITIQUE] Ninja Turtles 2, de Dave Green

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2 ans après la mini-douche froide qu’a été le premier film, Donatello, Leonardo, Raphael et Michelangelo sont de retour pour un deuxième opus, toujours sous la houlette de Michael Bay, mais réalisé cette fois par Dave Green (Écho). Ninja Turtles 2 a appris de ses erreurs et s’émancipe de la tonalité trop sérieuse du premier film pour livrer une aventure assumée, entre gags et humour décomplexés, qui rendent à nos héros leur potentiel à la fois accessible et attachant. Certes, le film de Dave Green souffre de faiblesses notables (trop de facilités dans le scénario, méchants trop caricaturaux et twists prévisibles), mais cette fois Ninja Turtles 2 parvient tout de même à divertir – parfois malgré lui – en mêlant comédie et une beaucoup d’action survoltée, dans un ensemble réellement accrocheur. Au final, je n’ai pas vu le temps passer !

Le pitch : Michelangelo, Donatello, Leonardo et Raphael sont de retour pour affronter des méchants toujours plus forts et impressionnants, aux côtés d’April O’Neil, Vern Fenwick et d’un nouveau venu, le justicier masqué hockeyeur Casey Jones. Après son évasion de prison, Shredder associe ses forces à celles d’un savant fou Baxter Stockman et de deux hommes de main aussi bêtes que costauds, Bebop & Rocksteady. Leur objectif : lancer un plan diabolique pour régner sur le monde entier ! Alors que les Ninja Turtles s’apprêtent à défier Shredder et son nouveau gang, ils doivent rapidement faire face à une menace tout aussi grande : le célèbre Krang !

Ne revenons pas sur le premier Ninja Turtles et penchons-nous directement sur cette suite, signée Dave Green (le cinéaste repéré grâce à son premier film Echo en 2014) et produite par Michael Bay. L’avantage lorsqu’il s’agit d’un film n°2, c’est qu’il n’y a pas plus besoin de faire les présentations (l’origin story est là pour ça) et c’est ainsi que Ninja Turtles 2 entre directement dans le vif du sujet, situant logiquement son histoire après les événements du premier film. Le temps de quelques pirouettes, de quelques vannes et d’une introduction dédiée à Megan Fox (toujours aussi classe, notons-le…), Ninja Turtles 2 rétablit un décor familier, renouant avec son humour parfois adolescent et son ambition blockbusterienne. Cette fois, le film ne cherche pas à se prendre au sérieux et assume pleinement le coté délirant de sa trame. En effet, pourquoi chercher à créer un univers ultra-réaliste lorsque les héros principaux du film sont 4 tortues ninja mutantes (entraînées par un rat géant…) ?
Ici, le ton est plus décontracté, Ninja Turtles 2 assume son identité et se focalise sur ses points forts, notamment en se lançant dans une aventure pleine d’actions et animée par un rythme effréné qui ne connait aucun ralentissement. Du coup, difficile de quitter l’écran des yeux car le film m’a happé dans une sorte de rollercoaster frénétique qui vise la surenchère en en mettant plein la vue, entre scènes d’actions délirantes et des personnages bien mieux écrits et plus attachants.

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Cependant, les défauts sont là : si j’ai ri, c’est parfois parce que certains gags faisaient mouche, mais souvent parce que les failles scénaristiques sont parfois si béantes qu’il est difficile de les accepter sans réagir. Le problème de Ninja Turtles 2 est double : il faut d’abord réparer les erreurs du premier film en réhabilitant ses héros comme des personnages auxquels on peut s’identifier. Pour cela, le pari est réussi, car en conservant une tonalité bon-enfant, les fameuses Tortues Ninja se révèlent bien plus intéressantes grâce à une écriture qui définit distinctement les caractères de chacun, sans pour autant les transformer en parodie ambulante ni en personnages interchangeables. Ainsi, le film va effleurer des sous-intrigues dramatiques pour solidifier son intrigue, comme le fait que les Tortues Ninja vivent dans l’ombre et à l’insu des humains (ce qui ne convient pas à tous), soulignant un besoin d’affirmation propre au public visé (les ados, surtout) mais aussi un petit message sur la tolérance vs la xénophobie qui – par les temps qui courent – est toujours le bienvenu.
L’autre dilemme du film, c’est qu’il s’agit d’une adaptation : il faut donc développer les personnages en s’appuyant sur leurs aventures animées pour plaire aux fans, sans pour autant oublier les autres. L’avantage, c’est que cela permet d’introduire de nouveaux personnages ou éléments propres aux Tortues Ninja (ici Casey Jones ou le vilain Krang) et de faire évoluer la saga. L’inconvénient dans Ninja Turtles 2 réside dans le passage de sa trame du papier au grand écran. À mon avis, je pense que la franchise gagnerait beaucoup désépaissir son traitement parfois grossier car j’ai découvert des héros finalement sympathiques et beaucoup moins criards que dans le premier film, mais tous engoncés dans une réalisation over-the-top qui en plus de fragiliser l’ensemble, a tendance à virer à la caricature peu crédible. Entre des méchants trop grognons ou carrément grotesques et les nombreuses facilités du scénario qui aident les Tortues Ninja à avancer ou a épater la galerie, le film de Dave Green fonce tout droit vers des twists non seulement prévisibles mais dénués d’intérêt. Du coup, chaque scène plutôt marquante est diminuée par un effet kiss cool quand la logique reprend le dessus (un tank flotte-t-il vraiment ? comment peut-on se diriger dans les airs sans parachute ? comment trouver des infos sur Krang sur internet alors qu’il vient d’une autre dimension ???…)

Pourtant, malgré tous ces défauts, Ninja Turtles 2 est globalement bien mieux. À l’instar de sagas type Fast and Furious ou encore Transformers, le film de Dave Green mise sur la surenchère assumée pour marquer les esprits : même si certaines scènes sont parfois too much, l’effet est réussi grâce à une mise en scène plus maîtrisée et criblée de moneyshots ou d’effets ralentis relativement bien fichus. Résultat, je me suis bien amusée devant le film, même si c’était souvent à ces dépends. Il faut dire que l’empreinte Michael Bay est bien présente dans Ninja Turtles 2. Outre le mini-caméo d’un personnage jaune (chut, chut) et le traitement musclé de certaines scènes, la bande-originale du film est signée par Steve Jablonsky, le compositeur qui travaille sur les films de Michael Bay et qui, pour l’occasion, a visiblement puisé dans des restes puisque la musique du film a tendance à trop souvent rappeler les films Transformers. Une présence lointaine mais qui facilite l’assimilation du film, en utilisant un concept qui a finalement déjà fait ses preuves, non ?

Au casting, Pete Ploszek, Alan Ritchson, Noel Fisher et Jeremy Howard incarnent à nouveau les quatre Tortues Ninja et bénéficient d’une écriture plus soignée qui accentuent les différences de chaque personnage. À leurs cotés, Megan Fox (Ninja Turtles…) est plus impliquée dans le film mais reste une potiche sexy posée là pour exciter les foules, Will Arnett (La Grande Aventure Lego…) s’en sort toujours aussi bien et Brian Tee (Jurassic World…) n’apporte rien de nouveau à son Shredder qui passe du statut de vilain principal à celui de marionnette en un film (pas de bol). Parmi les petits nouveaux, Laura Linney (The Big C…) écope d’un rôle transparent (comme Whoopi Goldberg dans le premier film), Terry Perry (Gone Girl…) gesticule et Jane Wu se fait sacrément avoir : présente pendant tout le film, je m’attendais à une super scène avec elle… et finalement rien du tout. Quel dommage ! Et enfin, Stephen Amell incarne Casey Jones, prouvant non seulement qu’il a une voix naturelle (autre que ses grognements gutturaux dans Arrow) mais également des expressions faciales. Une découverte que j’ai apprécié dans le film (mais aucune scène torse nu ! j’ai perdu un pari !).

En conclusion, les Tortues Ninja sont de retour avec une suite survitaminée et explosive, mais surtout décomplexée. En se prenant nettement moins au sérieux, le film parvient à offrir une aventure plus fun et divertissante, et ce malgré ses nombreuses faiblesses au niveau du traitement et du scénario aux twists parfois trop commodes ou ultra prévisibles. Mais en jouant à fond la carte de la surenchère, Ninja Turtles 2 séduit grâce à des héros que l’on redécouvre avec plaisir et une déferlante d’action qui rattrape un ensemble encore bancal, mais finalement satisfaisant. Peut mieux faire, mais à voir !

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