[CRITIQUE] Agents Presque Secrets, de Rawson Marshall Thurber

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Dwayne Johnson et Kevin Hart sortent les gros calibres pour prolonger cet été avec la comédie d’action Agents Presque Secrets, de Rawson Marshall Thurber. Portant le film sur leurs épaules, le duo fait vivre le film à travers une cohabitation forcée délirante et des affrontements musclés qui rendent l’ensemble dynamique et plaisant à suivre. Pourtant, Agents Presque Secrets s’avère finalement moins fun que prévu, car il se repose uniquement sur l’aura de ses deux acteurs principaux au lieu de miser sur une écriture plus pointue, qui aurait pu étoffer l’histoire pour la rendre aussi intéressante que ses personnages. Finalement, entre gunfights un peu plats et crises d’hystérie, Rawson Marshall Thurber ne propose finalement pas grand chose à se mettre sous la dent coté intrigue.

Le pitch : Un ancien geek devenu agent d’élite à la CIA, revient chez lui à l’occasion de la réunion des anciens du lycée dont il était à l’époque le souffre-douleur. Se vantant d’être sur une affaire top secrète, il recrute alors pour le seconder le gars le plus populaire de sa promo d’alors, aujourd’hui comptable désabusé. Avant même que notre col blanc ne réalise ce dans quoi il s’est embarqué, il est trop tard pour faire marche arrière. Le voilà propulsé sans autre cérémonie par son nouveau « meilleur ami » dans le monde du contre-espionnage où, sous le feu croisé des balles et des trahisons, les statistiques de leur survie deviennent bien difficile à chiffrer… même pour un comptable.

3 ans après Les Miller, Une Famille en Herbe, Rawson Marshall Thurber revient avec une nouvelle comédie tournée vers l’action. À travers les retrouvailles de camarades de lycée vingt ans plus tard, Agents Presque Secrets mêle espionnage et humour dans un film porté par un duo et une histoire improbable. Associant les gros bras de Dwayne Johnson au gabarit mini de Kevin Hart, Rawson Marshall Thurber crée une dynamique récréative qui débute dès les premières minutes. Léger et un brin azimuté, Agents Presque Secrets nous entraîne sans effort dans une aventure certes un peu attendue, mais plutôt sympathique. Si le personnage de Kevin Hart remplit son rôle à merveille, j’ai surtout aimé voir Dwayne Johnson contrebalancer son physique avec un rôle d’éternel adolescent doux dingue.

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Mais là où Agents Presque Secrets déçoit, c’est justement parce qu’il se repose uniquement sur ses personnages principaux. Alors oui, Kevin Hart et Dwayne Johnson s’éclatent visiblement à l’écran et apportent une énergie conquérante au film, mais l’ensemble manque de substance. Agents Presque Secrets propose une histoire un peu creuse, tricotant une intrigue d’espionnage transparente et prévisible, entre conspirations aussi épaisses qu’une feuille de papier et retournements de situations à peine surprenants. En même temps, le scénario a été écrit par Ike Barinholtz, déjà bien lourd dans The Mindy Project, donc ce n’est pas étonnant que le film qu’il a écrit manque de finesse ! De plus, si le point fort du film semblait être l’humour, à l’arrivée le réalisateur a préféré miser sur l’action. Malheureusement, le résultat est gâché par un travail de mise en scène maladroit qui rend certains affrontements illisibles, tandis que que le reste n’est que de brèves scènes de gunfights peu mises en valeur et redondantes.
Attention : si vous n’appréciez que moyennement les personnages, Agents Presque Secrets sera pour vous un long moment de torture car à défaut d’un scénario consistant, ce sont uniquement les deux acteurs qui font le show.

Un bon point à relever malgré tout : derrière les gags, Rawson Marshall Thurber aborde toutefois un sujet sensible avec tact. Au-delà des rêves d’ados qui ont mal survécu aux aléas de la vie d’adulte, Agents Presque Secrets sous-traite une problématique bien actuelle, à savoir le harcèlement scolaire, à travers l’humiliation d’un gamin grassouillet en introduction jusqu’à la confrontation finale. Si le sujet est bien sûr abordé en filigrane, il fait écho à un drame sociétal responsable du mal-être (voire, du suicide) de nombreux adolescents aujourd’hui, dont on parle peu.

Au casting, Dwayne Johnson (Fast and Furious 7, Hercule…) et Kevin Hart (Comme Des Bêtes, Match Retour…) se donnent la réplique et s’amusent bien à jouer les Agents Presque Secrets. Autour d’eux, on aperçoit brièvement un Aaron Paul (Exodus, Need For Speed…) énervé, une Amy Ryan (Le Pont Des Espions, Birdman…) peu crédible et une Danielle Nicolet sympathique.

En conclusion, si j’ai passé un bon moment devant Agents Presque Secrets, je m’attendais tout de même à une comédie un peu plus fun. Or, le film de Rawson Marshall Thurber repose essentiellement sur ses deux acteurs principaux et s’agite autour d’une intrigue peu convaincante et surtout faiblarde, ce qui rend l’ensemble bien sympathique… mais anecdotique. À tenter.

CENTRAL INTELLIGENCE

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