[COUP DE CŒUR] Dernier Train Pour Busan, de Yeon Sang-ho

derniertrainpourbusan

Le pitch : Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité…

Tout d’abord : pardon. Je vous demande pardon, parce que j’ai vu ce film le week-end de sa sortie en août et j’ai clairement lambiné pour vous en parler (et oui, je te vois toi, là au fond, entrain de grommeler « en même temps, on attend toujours les articles spoilers de Batman v Superman et Suicide Squad, hin… on voit les loyautés des pro-Marvel ! »). Alors que, pour faire simple, Dernier Train Pour Busan est LE blockbuster de l’été qui a volé la vedette à toutes les sorties plus attendues (Star Trek, Suicide Squad, Independence Day: Resurgence… euh…). Et pour cause, le réalisateur sud-coréen Yeon Sang-ho (King Of Pigs, The Fake…) passe des films d’animation au film en prises de vues réelles et signe une petite pépite aussi rafraîchissante qu’efficace à travers un thriller horrifique aux accents survival mordant et féroce.

Quand on n’a pas l’habitude des films asiatiques (ce qui est mon cas), le traitement narratif peut parfois surprendre tant ils sont éloignés des codes occidentaux que nous avons l’habitude de voir au cinéma. Si cela peut parfois rendre certains films abstraits, cela peut aussi avoir l’effet tout inverse comme pour Dernier Train Pour Busan. Derrière la tentative de rapprochement entre un père et sa petite fille, le film nous embarque dans une course contre la mort trépidante, qui s’emballe dans un rythme effréné laissant peu de place au répit. Yeon Sang-ho joue avec nos nerfs et il s’amuse bien : si l’introduction prête au frisson, le film dissimule ses véritables intentions dans un récit presque touchant, s’éloignant presque de l’intrigue du film, comme pour conforter le spectateur dans une bulle familiale et sans risque. Et d’un seul coup : c’est la guerre !
Enfermés dans un train, les personnages du film sont pris au piège face à une épidémie qui se répand à toute vitesse, transformant les victimes en zombies avides de chair fraîche. L’escalade est presque instantanée, choquante, mettant le public aux premières loges, aux cotés des survivants qui tentent d’échapper au massacre.

derniertrainpourbusan1Plus qu’un énième film de zombies, Dernier Train Pour Busan s’intéresse non seulement aux personnages mais surtout à une trame solide et furieuse qui rend l’ensemble époustouflant. Yeon Sang-ho alterne les moments de répit par de l’action aussi soudaine qu’explosive, maintenant le spectateur sur la brèche, accroché à son siège et les yeux rivés sur l’écran. Souvent imprévisible et parfois spectaculaire, Dernier Train Pour Busan fait grimper une tension hallucinante, égrenant une atmosphère incertaine au danger omniprésent. Les zombies font l’effet d’accessoires, finalement, car l’intérêt du film n’est pas de faire peur mais de mettre en abîme une galerie de personnages étonnants, que l’on prend plaisir à découvrir – et même à détester – tandis que Yeon Sang-ho s’attache à décortiquer l’esprit humain quand il est face à l’adversité, avec autant d’exactitude que d’humour.
Oui, humour ! Malgré l’horreur ambiante, Dernier Train Pour Busan est surprenant de bout en bout, ne manquant jamais de souligner les différentes facettes de ses personnages, du peureux égoïste à la fausse brute courageuse. Le film oscille d’une émotion à l’autre sans sourciller, là où les grosses machineries occidentales (hum, américaines) aurait cisaillé des caricatures sur pattes. Ici, bien qu’on se doute un peu de l’issue de certains personnages, Yeon Sang-ho fait durer le suspens jusqu’à la dernière minute.

derniertrainpourbusan2

Seul bémol : la tendance des films asiatiques à explorer ses extrêmes se fait sentir. Si Dernier Train Pour Busan sait faire durer le suspens, Yeon Sang-ho semble rater le coche quand il s’agit de filer une vengeance karmique à un personnage révoltant, puis s’attarde sur des séquences bien trop larmoyante peu avant la fin, ce qui m’a un peu sortie du film. De l’émotion, c’est bien. Du cliché familial en pleine guérilla zombiesque, c’est étrange. Heureusement, cela ne gâche le film en rien, Dernier Train Pour Busan est une véritable partie de plaisir, Yeon Sang-ho donne une fessée monumentale aux films du même genre qui ne font que répéter le même type d’histoire prévisible. Quelle claque !

Au casting, si Gong Yoo incarne le personnage principal du film avec brio, c’est surtout Ma Dong-seok qui lui vole la vedette, grâce à son caractère inattendu et héroïque très attachant. À leurs cotés, la jeune Kim Soo-an et Jeong Yu-mi apportent un peu de fraîcheur dans un ensemble dense, tandis que Eui-Sung Kim écope d’un rôle pas facile mais nécessaire.

En conclusion, Dernier Train Pour Busan s’est imposé comme le film incontournable de l’été, surpassant largement les blockbusters les plus attendus de l’année. Yeon Sang-ho signe un thriller affûté et haletant, délaissant le coté gore des films de zombies pour offrir un survival malin, stressant et surtout efficace. Une belle valeur sûre, un petit bijou à voir et à revoir absolument !

derniertrainpourbusan3

Publicités

2 réflexions sur “[COUP DE CŒUR] Dernier Train Pour Busan, de Yeon Sang-ho

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s